CHAPITRE SEPTIEME ify
Le compte-rendu général de son administration a été conservé ; il est daté du 27 thermidor an IV (14 août 1796) et comprend par suite trois années \ La première période va du ler septembre 1798 au i3 thermidor an II (3i juillet 1794)-
« Elle renferme les dix premiers mois de l'exercice de la Commission, pendant lesquels elle a eu en sa possession les propriétés des indigents, jusqu'à la Loi du 23 messidor an II, qui les a déclarées, propriétés nationales.
Le compte rendu par la Commission centrale le 29 messidor an III remplit cette première époque ; il suffit donc, à cet égard, de rappeler que cet intervalle présente les obstacles sans nombre que la Commission a eu à surmonter, ainsi qu'une portion de ses succès. La Commission centrale succédait à une Commission municipale de bienfaisance, créée par la loi du aS mai 1791, laquelle avait supprimé le grand nombre de compagnies particulières de charité existant dans l'inunensité de Paris, avec des disparates de fondations incompatibles avec les lois de l'égalité, pour y substituer un centre commun de bienfaisance, destiné à répandre ses influences salutaires avec le plus d'égalité possible dans trente-quatre commissions correspondantes. La Commission municipale s'était vue placée au milieu d'un véritable chaos ; elle n'avait presque pas cessé de marcher dans d'épaisses ténèbres. La Commission centrale, qui eut à débrouiller cette confusion, est parvenue à découvrir, sinon la totalité, au moins une grande partie, tant des rentes que des immeubles, soit d'habitations, soit ruraux, qui formaient la dotation respectable de l'indigence. Aussi les revenus des pauvres étaient-ils déjà augmentés de plus d'un tiers, aussi allaient-ils beaucoup augmenter encore, lorsque la Loi du 23 messidor au II déclara toutes les propriétés et dettes des indigents propriétés et dettes nationales.
Cette seconde époque, pendant laquelle la Commission centrale a été dépouillée de son administration, n'a pas donné lieu à moins de travaux et de succès. Réduite, à la vérité, à faire connaître au
I . Commission centrale de bienfaisance étabUe à Paris par la loi du 28 mars 1798. Esquisse du compte moral de son administration, extraite de la séance extraordinaire du 27 thermidor an IV. (Arch. nat., F^ b n, Seine).
Le compte-rendu est signé Collette, président, Dherbès, secrétaire. Il est adressé au Ministre de rintérieur, aux membres de la Commission centrale et aux Comités de bienfaisance. La Commission de bienfaisance est remplacée par le Comité général de 48 membres, à raison de 4 par arrondissement, nommés par le Ministre de l'intérieur. (Arrêté du 16 floréal an IV, 5 mai 1796).
l48 L^ASSISTANCE DE I99I A 1596
Gouyernement les maux incalculables de Thunianité soufTraQte, ainsi que ses ressources immenses résultant de riches fondations de toute nature ; réduite à réclamer des secours proportionnés à une misère extrême et à des propriétés considérables, à répartir avec célérité les sommes et autres objets de différents genres aais à sa disposition, la Commission centrale s*est occupée tout entière à perfectionner les cadastres dressés par les Comités de bienfaisance ; à se faire donner par chacun d*eux, conformément à la Loi, des états nominatifs de leurs indigents, états seuls capables de faire apprécier Tétendue de la population indigente ; en un mot, à multiplier chaque jour ses renseignements sur les variétés presque infinies des localités d'une Cité aussi vaste que Paris. La Commission centrale a vu plus d*une fois ses démarches obtenir une réussite heureuse. Jamais elle n'oubliera les Arrêtés bienfaisants pris en prairial an III par les quatre Comités de Salut public, de Sûreté générale, des Finances et des Secom's de la Convention nationale réunis, Arrêtés qui, d'après les représentations de la Commission centrale, ont accordé aux indigents pendant les trois derniers mois de l'an III, des secours importants en nature de plusieurs espèces, et qui, par là, en faisant oublier à la Commission ses travaux passés, n'ont fait qu'exciter son zèle pour l'avenir.
La troisième époque qui commence au 2 brumaire an IV, date de la Loi qui a rendu aux indigents la jouissance de leurs propriétés, a rendu à la Commission centrale sa première énergie. Si la difficulté des circonstances l'a jusqu'à présent empêchée de rentrer dans la jouissance effective des principales propriétés des indigents, et surtout de se procurer une inscription sur le grand livre de la dette publique, pour raison des 53i.ooo livres et plus de rentes qui appartiennent aux indigents sur la nation [c'est la part de Paris dans le fonds national consacré aux pauvres], au moins le Citoyen Ministre de l'Intérieur et le Directoire exécutif ont-ils fait pour les indigents ce que les conjonctures ont pu permettre. Des citoyens bienfaisants ont ouvert leurs bourses ; les chefs-d'œuvre dramatiques et lyriques ont été joués au profit de l'indigence ; des distributions de pain, de viande et d'autres denrées de première nécessité se sont faites aux pauvres et se continuent ; les propriétés des indigents mises par plusieurs Lois à l'abri de l'agiotage, ont été et continueront d'être protégées contre les atteintes que des soumissionnaires avides leur portent journellement. La «voix de la Conmiission centrale, qui, depuis le 28 ventôse, n'a pas cessé et ne cessera pas de se faire entendre pour la conservation des biens dont la garde lui est confiée, a été écoulée, accueillie et soutenue. »