‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 112 sur 132 · CHAPITRE SEPTIEME l5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME l5l

exactitude préviendra les murmures des indigents et les aidera à supporter plus patiemment la modicité des secours.

On fera imprimer des cartes de trois couleurs, avec une marque particulière : le pain, le riz et le bois ne seront distribués que sur ces cartes.

Chaque semaine les deux commissaires adjoints solderont les comptes du boulanger, du marchand de bois, et recevront des RR. PP. Capucins l'état de ce qui leur restera de riz, afin de mettre le Comité dans le cas d'en obtenir du Bureau des subsistances, en supplément s'il y a lieu.

M. le curé de Saint-Eustache, sur la paroisse duquel se trouve en entier ce district, sera invité à assister aux délibérations du Comité relatives aux aumônes, il sera prié de l'aider à connaître plus particulièrement les pauvres, et engagé à conférer avec les membres de ce Comité sur' les moyens de faire une égale répartition des secours à distribuer *. »

Certaines organisations sont complètes. Le district des Carmélites du Marais comptq 24 meml)res chargés de toutes les distributions et des renseignements. Il s'adjoint un établissement de bienfaisance des dames citoyennes. « Je propose, dit Mme Sophie de la Roche, que dans le district (et bientôt sans doute, les autres en suivraient Texemple), il se fasse une assemblée de toutes les femmes, n'importe de quelle classe ; il n'en existe plus qu'une : celle des citoyennes, mais cette égalité, cette unité politique n'existant pas dans les fortunes, c'est donc sans égard pour la vaine distinction des rangs, mais à raison du motif pour lequel je réclame cette assemblée, que je demande qu'elle soit formée des femmes de toutes les classes, mais seulement de celles que leur aisance met à portée de faire quelques sacrifices. Qu'après la liste faite de toutes celles qui voudront et pourront s'y faire inscrire, chacune s'oblige à donner 12 livres tous les mois pour le soulagement des pauvres du district... * ».

1. Arrêté du ii novembre 1789. (Bibl. nat., Mss. Nouv. acq. françaises, 2644» r 121 ; Tourneux, Bibliographie, t. II, n* 7018). — Le Comité du district des Postes garde le curé pour trésorier (26 nov. 1790). Celui des Jacobins Saint- Dominique se concerte avec le curé (voir la note a ci-dessous).

2. Arrêté du 9 février 1790. (Bibl. nat., Mss, Nouv. acq. françaises, 2668,

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Une des organisations les plus parfaites est celle des Jacobins St-Dorainiqne, dont le président honoraire est Béthune- Charost, l'ancien président de la Société philanthropique, dont l'action charitable s'est continuée pendant toute la Révolution *. Son Comité de bienfaisance, composé de seize membres, invite tous les habitants du district « à une contribution volontaire pour le soulagement de leurs concitoyens dans l'indigence x>.

Le i5 novembre, le district est divisé en « huit départements » désignés par lettres alphabétiques et à chacun desquels sont affectés deux commissaires.

Voici, pour les amateurs de l'histoire locale parisienne, ces divisions et les noms des commissaires délégués :

M. Blondel, rue de Bourbon, n^ lao.

M. de Brioude, quai d'Orsay, Hôtel des Voitures de la Cour.

La Grenouillère, le quai d'Orsay, la rue du Bacq à droite, jusqu'à la rue de Verneuil, la rue de Verneuil à droite, la rue de Poitiers des deux côtés, la rue de Bourbon des deux côtés, depuis la rue de Bellechasse jusqu'à la rue du Bacq.

M. Coquereau, rue de Verneuil; 87 .

M. Bouvet, rue du Bacq, n*> 38.

La rue de Verneuil à gauche, la rue du Bacq à droite, depuis la rue de Verneuil jusqu'à la rue Saint-Dominique, la rue de rUniversité des deux côtés, depuis la rue du Bacq, jusqu'à la rue de Bellechasse ; la rue Saint-Dominique, depuis la rue du Bacq, jusqu'à la rue de Bellechasse.

^ ^79)- ~ L'idée d'adjoindre « les citoyennes » aux Comités de bienfaisance a persisté pendant tonte la Révolution. Le ai septembre 1798, Raillard, président du Comité de la section des Champs-Elysées, leur parlait en ces termes : « L'homme, par je ne sais quel sentiment qu'on pourrait appeler faiblesse, craint la vue du malheureux, détourne les yeux de ses souffrances ; à la femme seule est réservé le courage de les fixer froidement et d'en calculer les progrès. Citoyennes, visiter l'indigent, le consoler dans ses afflictions et nous indiquer les moyens de venir à son secours, telles sont les fonctions dont vous êtes chargées. Répandez dans vos sociétés, faites passer dans l'âme de vos concitoyennes cette tendre compassion qui vous caractérise. » (Bibl. nat., Lb*' 177a; Tourneux, Bibliographie, t. H, n* 7995).

I. District des Jacobins Saint-Dominique. Comité de bienfaisance, 16 novembre 1789 (Bibl. nat., Lb*** i4i3 ; Tourneux, Bibliographie, t. II, n* 7188).

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