‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 124 sur 132 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

niveau de la misère montait plus haut et plus vite. Après le 9 thermidor, « le piétinement quotidien de la multitude dure encore sans interruption pendant 22 mois, avec des désordres pires, parce que la terreur et la soumission sont moindres, avec un acharnement plus âpre, parce que les denrées du commerce libre sont plus chères, avec des privations plus grandes, parce que la ration distribuée est plus courte, avec un désespoir plus sombre, parce que chaque ménage ayant mangé ses ressources privées n'a plus rien pour s'aider luimême et suppléer à Tinsuffisance de Taumône publique » '.

Pour comble d'infortune, la Seine gèle pendant Tliiver de 1794 à 1795. « On voit des nécessiteux scier dans les rues leurs bois de lit pour faire cuire leurs aliments et s'empêcher de mourir de froid » '. En l'an III, malgré le retrait des lois sur le maximum, les prix ne baissent que lentement. En ventôse, la ration de pain est réduite à une livre et demie pour les 824.000 travailleurs et abaissée pour les autres à une livre.

En frimaire an IV (décembre 1795), Julie de Beaumarchais paye la voie de bois 1460 livres en assignats, le sucre 100 fr. la livre, les pommes de terre 200 livres le boisseau. En trois jours la voie de bois monte à 65oo livres '.

C'est la question des vivres qui, le 12 germinal (i^^ avril 1795), provoque l'émeute et l'invasion delà Convention. Le i«' prairial, le peuple entre de force aux Tuileries en criant : « Du pain et la Constitution de 98 ! ». Il réclamait déjà du pain aux journées des 5 et 6 octobre 1789.

L'indigence, la détresse étaient partout, chez les anciens riches qui « ne pouvaient manger qu'à condition de donner les assignats par liasses )>,chez les petits rentiers et les employés, dont la condition empirait avec la dépréciation des assignats, chez les ouvriers de Paris réduits au dénuement, sauf les salariés des manufactures d'armes et de vivres. Seuls, les

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