‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 21 sur 132 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ait droit à un secours 24 **oîs plus considérable que le département de Paris ? »

Le Comité de Secours publics relève le signe de la pauvreté à dix journées de travail au lieu de trois. c< Ce serait s'abuser de croire qu'un citoyen actif imposé à trois journées de travail est toujours au-dessus du besoin. Il est naturel de penser au contraire que si sa contribution n'excède pas le taux de trois journées, il y aurait de l'injustice à le priver de son recours à l'assistance publique ».

Il faudra enfin ramener le prix de la journée de travail à une moyenne obtenue à l'aide du prix de la journée dans chaque département, car la différence d'un département à l'autre ne représente pas la différence de secours apportés dans l'un et dans l'autre.

Viennent ensuite les mesures adoptées pour les diverses catégories d'assistés.

Beaucoup d'enfants meurent victimes de la déplorable impéritie des femmes du peuple qui pratiquent, sans le connaître, « l'art des accouchements ». Il faudra, des accoucheuses instruites dans chaque canton. c< L'homme dans le sein de sa mère sera déjà Tobjet de la sollicitude nationale ».

L'ancien gouvernement n'ouvrait les hospices qu'aux enfants délaissés et en interdisait l'accès aux enfants pauvres. Le Comité applique les secours aux enfants de tous les citoyens inscrits sur les états. Les enfants pauvres seront secourus au domicile même de leurs parents. Les enfants délaissés deviendront enfants adoptifs de la Patrie : « Sauvés de Topprobre qui dégrade l'àme, ils ne seront plus livrés au mépris de la société ». Le Comité de Législation étudiera une loi qui, « fécondant par une fiction heureuse un mariage stérile^ assure des enfants à ceux à qui il n'a pas été donné d'en obtenir et des parents aux enfants que la misère et la honte ont privés des leurs ».

En développant l'assistance, le Comité tient à ne pas supprimer la prévoyance. « La meilleure espèce d'assistance est autant celle qui prévient une misère que celle qui la

3o l'assistance de 1791 A 1795

soulage le mieux ». Il décide la création d'une Caisse nationale de prévoyance et encourage les Caisses d'épargne, « non pas celles dont le charlatanisme de Tagiotage a plus d'une fois cherché à séduire la crédulité du peuple ; mais celles qui sont calculées sur les probabilités de la vie humaine ». C'est à la même époque que Condorcet préconise « les Caisses de secours et d'accumulation. » « Toute grande société riche renfermera un grand nombre de pauvres. Elle sera malheureuse et corrompue, s'il n'existe pas de moyens de placer les petites épargnes et presque les épargnes journalières. Si au contraire ces moyens peuvent devenir presque généraux, les nécessiteux seront en petit nombre ; la bienfaisance n'étant plus qu'un plaisir, la pauvreté cessera d'être humiliante et corruptrice ^ ».

L'année 1792 fut féconde en conceptions mutualistes. Un M. de Marsillac proposait de remplacer les hôpitaux par des « sociétés civiques, qui assureraient aux artisans dans le cas de maladie ou d'aflliction humaine tous les secours physiques ou moraux ». .

Un autre projet curieux est celui de la citoyenne Clavière, femme du ministre des Contributions publiques. Elle veut fonder une « Société philanthropique et patriotique de Bienfaisance et de Bonnes Mœurs * ». Cet établissement, dirigé par des femmes, « embrasse tout ce qui constate (sic) la bienfaisance relativement aux femmes, depuis leur naissance jusqu'à leur vieillesse. On y fabriquera des vêtements de tous les âges du sexe, depuis la layette jusqu'à

Page 1