CHAPITRE DEUXIEME
taires, 80 pour les a objets divers », 100 pour les familles des défenseurs de la Patrie, distribués par rintermédiaire des commissaires de district, et i5 pour diverses causes extraordinaires *.
En Tan III, elle vote 4^0 millions, dont (\0 millions pour les départements qui ont organisé des travaux de secours, 410 pour les hôpitaux civils et militaires, les secours annuels et les objets divers '. Au total, c'est un milliard versé en deux ans dans les diverses caisses de secours '.
Sous la Convention comme sous la Législative, l'assistance privée est de moins en moins en faveur. Comme l'Etat absorbe toutes les ressources et se charge de toutes les dépenses, l'initiative individuelle se ralentit et les sociétés charitables tombent en sommeil. Il est intéressant de suivre les dernières manifestations de celles dans lesquelles la noblesse finissante avait, à la tin du XYIII® siècle, incarné ses idées philanthropiques *.
La Société de charité maternelle subsiste encore en 1798. La Reine ne la protège plus, mais « la citoyenne » Fougeret est toujours secrétaire générale ; on souscrit chez elle rue des Grands Chantiers, no 4. Du i^r janvier 1798 au 12 nivôse an II, (i^r janvier 1794)» elle a secouru SaS mères, dont iï65 accou-
I . Noiammeni pour les victimes de l'explosion de Grenelle. A. 6000 livres par trimestre sont mises à la disposition du Comité des Secours publics (Arch. nat., F^^*, lo, f* 3i5).
3. On trouvera dans F*** 9, 10 et 11, soit à la table des chapitres en tête du premier journal, soit dans chaque registre, l'indication de chacun des « fonds » votés, avec la date des décrets. Il convient d'observer qu'il faut faire subir à ces sommes payées en assignats une réduction proportionnelle. Le louis d'or valait i3o livres en janvier 1794, 1200 livres en septembre et a5oo livres en octobre.
4. Nous ne parlons ici ni des sociétés mi-partie profanes, mi-partie religieuses comme les confréries charilables qui avaient disparu, ni de Fassociation de bienfaisance judiciaire dont la trace se perd depuis i^gi. (Voir notre article sur V Association de bienfaisance judiciaire^ ^J7^Jijgi, dans la RévoLation française du i4 mai 1904).
(49) Bibliothèque d'histoire moderne. - II. 4»
5o l'assist^ngb de 1791 A 1795
cliées qui ont eu — à raison de trois couches doubles — 268 enfants : la Société conserve à sa charge ^43 enfants et 60 mères non accouchées. Elle a encore en caisse, le 2 nivôse, 43.642 Iivi*es. Depuis 1788, elle a « admis » 2.io3 mères et 2.i36 enfants, touché 3oo.833 livres et dépensé 257.241 livres *.
La <x Maison philanthropique » eut avec la Convention des relations fréquentes. Dès 1791, elle s'était vue obligée de réduire — faute de ressources — ses secours mensuels aux octogénaires, aux aveugles, aux familles nombreuses, et adressait de pressants appels à la municipalité et à TAsserablée *. Le compte-rendu de 1793 est écrit sur un ton mélancolique. « C'est, dit M. Péan de Saint-Gilles, le chant du cygne de la société expirante ».
Les recettes diminuent « à raison des événements qui ont occasionné Téloignement d'un grand nombre de personnes et qui ont diminué prescjue toutes les fortunes. Ceux des membres qui se sont retirés ont exprimé leurs regrets d'être forcés de quitter une association aux bonnes œuvres de laquelle ils s'honoraient de contribuer, et plusieurs ont laissé espérer de les y voir rentrer » \ En 1793, on n'a secouru que 980 indigents. Le nombre des associés n'est plus que de 419 ; l^s noms sont souvent transformés à la mode du temps. « Debéthune-Charost », demeurant « . rue ci-devant Bourbon », est réélu président intangible. A côté des « Demontmorency, Dechoiseul, Decoigny », s'inscrivent des noms roturiers, Mallet banquier, Vaira agent de change ; d'aristocrate, le bureau est devenu bourgeois » : Duroure, Blin, Hurel, Tassin en sont les otliciers. Les noms d'émigrés ont été rayés, môme celui du duc de Liancourt ; mais la liste des 29 membres décédés comprend le nom de La Rochefou-
1. Arch. nat., AD xiv, la. Tableau de la Société de charité maternelle en l'année 1798 (vieux style), l'an a».
2. Péan de Saint-Gilles, La Maison philanthropique de Paris, Paris, 189a, in-ia, p. 46.
3. Arch. nat., AD xiv, m. Maison philanthropique de Paris, année 1793.