CHAPITRE SEPTIÈME
17,000 participants : c'est Tavant-garde de Tarmée mutualiste contemporaine. La mutualité vit des encouragements du patronat et de la philanthropie. La Société Philanthropique consacre une partie de ses ressources à Tessor de la prévoyance. Les Dérouleurs de vm des ports de Paris, les Imprimeurs, le Vaisseau, TAnnonciation, TAccord Israélite, les Enfants des Douze Tables, la Maternité Israélite, Saint- François-Xavier, la société de Saint-Gervais, les Sociétés de toute confession fraternisent sur les listes de ses membres. Elle leur distribue des cartes de dispensaires*; elle admet leurs délégués à ses assemblées générales; leurs candidats prennent part à la distribution des primes de la fondation Wolff destinées aux ouvriers bijoutiers, tisseurs, cordonniers, opticiens et ciseleurs.
En province les sociétés mutuelles sont des confréries de souscripteurs volontaires qui contractent Tobligation de se visiter, d'assister aux enterrements, de veiller sur les veuves et les orphelins. Bordeaux à lui seul en compte quarante, dont la société de Saint-Jacques-de-Lormont qui entretient les invalides et pensionne les veuves de charpentiers et de marins*.
La Législative était en présence de deux projets. Benoist d'Azy voulait garder les dispositions libérales du projet Ferrouillat, la faculté pour les sociétés mutuelles d'être déclarées d'utilité publique par arrêté préfectoral, le droit de déposer leurs fonds à la Caisse d'épargne, la fourniture gratuite du local, des livrets et des registres aux sociétés autorisées, l'exemption des droits de timbre et d'enregistrement'.
Le gouvernement, par l'organe du ministre Dumas, voulait plus de lisières et moins de liberté ; les statuts n'étaient approuvés que s'ils contenaient certaines conditions de
1. Voir chapitre IV, p. 34, et les Comptes rendus de 1848 à i85i.
2. Blanqiiî : Des classes ouvrières en France pendant Vannée 18^8, p. a4o.