CHAPITRE PREMIER
leur conslruction, de riiislructioii i)riinaire, du travail des enlanls, des prisons, des dépôts et des maisons de travail. Elles publient des renseignements sur les établissements étrangers, sur les fondations eharitables des grandes villes de Franee. Trélat y apporte des renseignements pratiques sur Bicétre, Watteville sur la statistique, Cormenin sur les ouvroirs campagnards, (iérando sur les caisses de prêt agricole.
Dans rintérét du bon ordre et de la conscu'vation sociale, il faut lutter contre le paupérisme : « inie puissance formidable ([ui sort des usines et des ateliers sans travail, avec ses appétits pressants et sa force inoccupée, va frapper liardiment à la porte des législateurs, leur réclame des lois nombreuses, sa part innnense du budget et jette plus d'embarras dans la marche d'un grand peuple qu'une longue guerre ou une révolution '».
Les Annales sont à la fois une revue d'assistance, de patronage, de nnitualité et d'éducation. Toutes les questions sont traitées dans un sens catholique : point d'écoles sans catéchisme, « sinon se grossira de |>lus en plus inie génération sans moralité, sans respect pour b»s lois parce qu'elle sera sans Dieu * ».
Fondée en 1847, '^ Société d'économie charitable est une académie |)ratique qui prépare les travaux du parlement. Le 122 mai T8/Î7, *^''^ adresse à la Chambre des députés une pétition (pii est. renvoyée, par acclamation, au ministre de Salvandy ; elle esl consultée sur la crise des subsistances \
Aulour de M. de Melun, se grou|)ent des savants, des fonctionnaires, des magistrats, le criminaliste Ortolan, Marbeau. de Metz, le créateur de Mettray, Amédée Thayer, Delapalme,
î. Annales de la rharifê, iS-'ifi, p. 458.
a» Ihid,^ p. .^53.
*J. I.e prix du pain dq)assc alors 4t> foiilimes le kilogramme. Le 20 juiUel 1H47, 35 millions de bons de pain <mt été déjà distribués pour 7,700,000 francs à 4'^i,ooo personnes.
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conseiller à la Cour de cassation, Tinspecteur général Martin d'Oisy, Watteville, Villermé, de l'Institut.
La Société internationale de charité complète le cycle ; elle s'est constituée en octobre 1847, ^ ^^ ^^*^ du Congrès pénitentiaire de Bruxelles; elle compte i5o membres délégués par quatorze nations ; les philanthropes les plus qualifiés se retrouvent dans ce concile : Ducpctiaûx, de Bruxelles; Rutch, de Londres ; Ramon de la Sagra, de Madrid. Il s'agit d'échanger les documents entre les nations en vue de comparer les solutions, de développer la prévoyance et la bienfaisance, de perfectionner la législation, d'établir une communauté « d'efforts, d'expérience et de lumière pour l'amélioration des classes souflrantes ».
Ainsi s'élaborent, sous les inspirations les plus diverses, les problèmes d'assistance. On les discute dans les sociétés religieuses et dans les conférences de Saint-Vincent-de-Paul; on les discute aussi dans les sociétés secrètes, dans la société des Droits de l'Homme, dans les clubs et dans les loges maçonniques. Revues catholiques, journaux d'opposition agitent le droit an travail, les relations du capital et du salariat et les réformes sociales dont la réforme électorale est la préface et l'instrument. Les conseils généraux euxmêmes s'émeuvent : dans leur session de 1847, leurs vœux se multiplient; ils portent sur l'apprentissage, le patronage, les enfants trouvés, les secours aux filles-mères, l'extinction de la mendicité, la nmtualité naissante '. Seul, le gouvernement central parait sourd et aveugle ; il n'entend pas la marée qui monte; il ne voit pas les conséquences de la crise de 1847,
I. Annales de la charité, 1847, p. 4^7 à 5o5. A noter le vœu du Conseil général de IjOt-et-Garonne « contre le colportage des mauvais livres qui empoisonnent les classes ouvrières ».