‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 37 sur 150 · CHAPITRE DEUXIEME OJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME OJ

impérieuse, parfaite, qui existe toutes les fois qu'il s'agit d'on devoir essentiel.

On ne peut pas dire non plus qu'il y ait nécessité quant aux droits du travail, de remplir une promesse qui aurait été faite.

La société n'est pas tenue de réaliser des promesses folles, ni la République tenue d'exécuter les engagements des imprudents qui ont parlé en son nom.

On ne doit connaître et tenir que les engagements de l'Assemblée.

Le meilleur moyen de calmer les masses, c'est de leur dire la vérité, et, si on a promis ce qu'on ne pouvait pas tenir, il faut le déclarer franchement. Sans cela, nous n'obtenons qu'un atermoiement, et un avenir prochain nous punira de l'imprudence de promesses irréalisables.

D'ailleurs, en promettant du travail aux hommes valides, et de l'assistance aux autres, vous détruisez l'esprit de prévoyance; l'ouvrier qui sait que l'État lui donnera en tout temps de l'ouvrage n'économisera plus, il n'ira pas déposer son argent à la caisse d'épargne, et la société aura ainsi tué une V(»rtu utile à l'homme.

Au surplus, toute cette question est dominée par cette considération décisive :

La société peut-elle donner, en tout temps, du travail à ceux qui en manquent? non, cela est impossible.

Il faudra un premier jugement pour savoir et déterminer quand le travail manque et quand commence l'obligation de l'État.

Il y a des gens qui par amour du nouveau sont disposés à se jeter dans les ateliers nationaux.

Mais, quand même il sera devenu certain que le travail manque, l'État n'a pas entre les mains les ressources nécessaires pour donner toujours du travail.

Je ne comprends qu'une chose : on peut réserver les travaux de l'État pour les temps de chômage, et racheter en quelque sorte la main-d'œuvre comme on rachète la rente.

Je me suis occupé à cet égard d'un plan dont le succès est probable, mais n'est pourtant pas certain.

Il permettrait d'employer 2 ou 3oo.ckx) ouvriers; mais donner du travail à toute la population manufacturière, c'est-à-dire à un nombre de personnes qu'il est difficile de déterminer, mais qu'on peut évaluera i.5oo.ooo ou 2.000.000, voilà ce qui, dans la pratique, est absolument impossible.

Quand toutes les industries sont à l'état de chômage par suite de crises industrielles, à peu près inévitables, l'État ne peut donner du travail à tous, il n'y a que des imposteurs qui peuvent promettre de le faii-e.

Le seul résultat de la création de ces at<»liers immenses, que l'Etat veut établir, c'est d'assurer une armée à l'insurrection.

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Le compte rendu des opinions continue :

4^^ Bureau, — La doctrine que vient de développer le préopinant a eu de nombreux partisans dans le Bureau, cependant elle n'a point triomphé; la consécration du droit au travail a paru un devoir démocratique. 11 faut arriver à l'extinction du paupérisme.

5« Bureau, — L'article a été rejeté comme trop absolu ; cependant le 5*^ Bureau a renvoyé à. l'article iSa une disposition qui consacre en partie les résultats que se proposait le Comité dans son article 7.

Il a pensé que la définition que contient cet article était vicieuse, équivoque, dépourvue de précision, mais il n'a pas admis non plus que la société ne fût instituée que pour assurer en quelque sorte la protection matérielle de l'individu. S'il en était ainsi, la société n'aurait besoin que d'une armée.

Il y a aujourd'hui pour la société de nouveaux devoirs à remplir ; la fraternité proclamée en 1789 a ouvert un horizon nouveau et le domaine des obligations parfaites doit s'agrandir avec les progrès de la science sociale.

Jadis le serf était salarié ; il faut l'élever à une condition supérieure, en ne prenant toutefois, au nom de l'État, que des engagements qu'on peut tenir.

Sous l'article i3î2 une rédaction nouvelle sera présentée.

6^ Bureau, — Il a rejeté l'article 7 comme trop absolu. Cet article a semblé être le dernier vestige des fausses doctrines professées au Luxembourg.

M». Flandin reproduit quelques-unes des raisons données par M. Thiers, 41 ajoute que les travaux donnés par l'État, sur une grande échelle, à tous les ouvriers en chômage, conduiront l'État à prendre le monopole de tous les travaux ou l'exposeront à un mancpie de probité s'il ne fait pas ce qu'il a promis.

Cependant, si le droit au travail a été rejeté comme proclamé d'une manière trop absolue, le Bureau n'en a pas moins reconnu la nécessité qu'il y a de donner à celui qui ne peut vivre une assistance qui doit se produire sous la forme du travaiL

;7« Bureau. — Le 7® Bureau a admis le droit au travail avec un amendement qui restreint la portée de l'article ; il dit: « La société ne garantit le travail cpie dans les limites des moyens généraux et productifs dont elle dispose. »

Tout homme a le droit de vivre, ce droit ne peut pas plus être passé sous silence dans la Constitution que les droits de la propriété et de la famille.

Ce droit n'a point été écrit jusqu'à présent, mais il est temps de l'écrire, en mettant à côté de ce droit le devoir qui y est corrélatif, celui de travailler.

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