‹ L'assistance sous la seconde républiqueChapitre 66 sur 150 · I. Moniteur des 20 et 3i mars · texte numérisé non relu

I. Moniteur des 20 et 3i mars

a. Le ministère des Affaires étrangères était alors boulevard des Capucines et rue Neuve-des-Capucines, 10 et 18. (Alrnanach national, i848-i85o.)

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nement provisoire et celles des ministres: Mesdames Ledru- Rollin, Garnier-Pagès , Bastide, David d'Angers, Marie, Flocon, quelques « dames catholiques et charitables » amenées par M. de Melun et des amies de Madame de Lamartine, Mesdames Victor Hugo, Pagnerre,Lechevallier, Madame Mallet, très mêlée aux œuvres protestantes et Madame Hanriot fille d*im ancien administrateur des hospices, M. Valdruche. MM. de Champeaux, Marbeau et de Melun étaient les seuls hommes présents \ M. de Melun développa le programme de la nouvelle société dite « Association fraternelle en faveur des pauvres ».

Sous les autres gouvernements, lorsque la hiérarchie sociale consacrait d'immenses différences entre les hommes..., la charité... se présentait aux pauvres sous la forme de la tutelle et de la protection. Aujourd'hui, sous le régime de l'égalité, elle modifie ses moyens sans changer de but... Ce n'est plus une protectrice qui, du haut de sa position et de sa fortune, tend la main à ceux qui sont au-dessous... C'est une sœur intelligente et dévouée qui entre dans la famille du pauvre, lui apporte ce qui lui manque de soins de capacités et de ressources, partage ses intérêts, vit avec ses souffrances et ne se distingue du plus humble et du plus petit que par la supériorité de l'affection et du dévouement.

A Paris, il y a environ une famille pauvre sur dix, qui occupent les divers degrés de la fortune, depuis l'extrême richesse, jusqu'au simple nécessaire. Si donc il était possible de confier chaque ménage pauvre aux dix familles au-dessus de l'indigence, en composant chaque gi'oupe charitable de personnes de différentes fortunes et de professions variées, les unes fom^niraient leur argent, les autres leur industrie, ceux-ci leur influence, ceuxlà leur temps ; le boulanger un pain, l'épicier une chandelle, le ministre une place, le professeur une leçon, l'entrepreneur du travail. Grâce au concours de chacune de ces bonnes volontés, à qui on demanderait ce qu'elle peut donner de meilleur et qui lui coûte le moins, les vieillards seraient nourris, les malades soignés, les enfants instruits, les valides occupés et, de l'ensemble de ces appuis et de ces ressources, sortiraient pour la famille pauvre toutes les natures de secours et de soulagement dont elle pourrait avoir besoin, non seulement pour échapper à l'étreinte de la faim, de la nudité, du froid, mais pour sortir de l'abîme de la misère, remonter cette pente si gUssante et si difficile qui sépare la pau-

1. Annales de la Charité ^ in-8, Paris, 1848, n" 96 et suivants.

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vreté du bien-^tre, le pauvre du travailleur. Ce serait une prétention excessive que d'espérer envelopper tout Paris dans cette œuvre, et de trouver, pour les ving^ ou trente mille familles pauvres, deux cent, trois cent mille bienfaiteurs ; mais que chacune de ces dames qui m' écoutent veuille bien choisir la famille la plus pauvre et la plus intéressante de son quartier, qu'elle cherche ensuite parmi ses amis, ses connaissances, ses marchands, ses ouvriers, de quoi composer la fraternité, et qu'elle distribue entre ses membres le travail de régénération et d'adoption, et le salut de cette famille sera assuré et le problème résolu.

Chaque arrondissement, chaque quailier, chaque paroisse, saura à quelles conditions et sous quelle forme on peut parvenir à écarter la misère. (]et exemple sera suivi, et si l'œuvre prend de l'extension dans un moment où la République convie tout le monde à la confiance, à la conciliation et à l'exercice des sentiments fraternels, rien ne viendra plus à propos pour rapprocher les diflerentes classes de la société dans un travail commun que de les réunir dans une association ayant pour but le salut et le bien-être de nos frères les plus abandonnés et les plus malheureux '.

U Association fraternelle a pour principe la liberté de ses membres et le droit dVdirc ceux qui la dirige. Les personnes qui réunissent leurs efforts pour adopter un ménage forment une famille dont le chef est nommé par elle-même. Chaque famille s'engage vis-à-vis des frères adoptés à les visiter, à patronner leurs enfants aux crèches, aux asiles, aux écoles, dans les ateliers ; à les faire soigner dans leurs maladies, à leur chercher des moyens de travail et de secours, à défendre et à poursuivre leurs droits et leurs intérêts, en un mot, à exercer envers eux tous les devoirs de la fraternité.

Cent chefs de famille forment un conseil de fraternité qui choisit son président, cent fraternités constituent une communauté. Le Conseil de communauté, composé des présidents des fraternités, s*adjoint des médecins, des jurisconsultes, des avocats et des chefs d'ateliers.

Les présidents des communautés forment le Conseil général de Tassoeiation : ce Conseil en surveille le mécanisme et la représente, vis-à-vis de TEtat. Les fonds se composent de

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