Voir APPENDICE n
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M. Thiers, soit le 22 décembre 1833, se créait à Mézières la Société d'agriculture du département des Ardennes, qui compta dès ses débuts environ 200 adhérents.‘
La Société se divisa en cinq sections d’arrondissement, dont chacune constituait un comice, pour les opérations pratiques et les expériences sur le terrain. Les sections de Mézières, Rocroi et Vouziers fonctionnèrent dès 1834 ; celles de Rethel et de Sedan, en 1835.
Les Comices distribuaient chaque année des primes appliquées aux diverses branches de Péconomie rurale, qu’il convenait de favoriser et d'encourager. Toutefois, il ne se tenait qu’un seul concours, et toujours à Mézières, dans la cour de la préfecture.
Chaque Comice avait son bureau spécial et opérait librement avec les ressources qu’il se créait ou les crédits qui lui étaient ouverts par l’assemblée générale de la Société départementale. Celle-ci était administrée par un bureau central, chargé de correspondre avec les Comices, de préparer et d’activer leurs travaux, d’examiner les mémoires envoyés, et d’en autoriser, s’il le jugeait à propos, la lecture en assemblée générale.
1. Voir à l’APPENDICE n° 4, un diplôme de membre de la Société, délivré en 1850.
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La Société était subventionnée par l'Etat et le département. En 1835, elle reçut 1.500 francs de l'Etat et 3.600 francs du département, dont 1.800 pour la Société centrale et 1.800 pour les Comices.
SOUS LA RÉPUBLIQUE DE 1848 ET LE DEUXIÈME Empire. — Jusque-là, nous ne voyons aucune intervention du Parlement pour donner aux sociétés agricoles un statut légal. Il faut en arriver au 20 mars 1851 pour qu’une loi organise tozte une hiérarchie de sociètés agricoles: au sommet un Conseil général siégeant à Paris ; aa chef-lieu de chaque département, une Chambre d'agriculture ; au-dessous, des Comices dont le Conseil général doit fixer les limites des circonscriptions, mais à raison de un au moins par arrondissement.
Avaient accès dans les Comices, les propriétaires, fermiers, colons et leurs enfants âges de 21 ans, domiciliés ou ayant leurs propriétés dans la circonscription. Les autres personnes étaient admises jusqu’à concurrence du dixième. Le règlement de la Société devait être soumis à lapprobation du Préfet. Les Comices déjà existants étaient maintenus.
Les principales attributions des Comices étaient de correspondre avec la Chambre d’agri-
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culture, de s’occuper des intérêts agricoles pratiques, d’instituer les jurys de concours, de distribuer les primes et autres récompenses, enfin, d’élire pour chacun des cantons de leur circonscription un représentant à la Chambre d'agriculture.
Celle-ci devait comprendre autant de membres qu'il y avait de cantons dans le département. Elus pour six ans, comme il est dit ci-dessus, ils étaient renouvelables par tiers tous les deux ans. La Chambre était tenue à une session annuelle d’une durée de huit jours. Présenter au gouvernement ses vues sur toutes les questions intéressant l’agriculture ; donner son avis, sauf les cas d'urgence, sur les changements dans la législation rurale, sur les questions d'impôts, douanes, octrois, police, emploi des eaux, sur les créations de foires, marchés, écoles régionales, fermes-écoles, sur les distributions de fonds ; se charger de la statistique agricole : telle devait être la mission des Chambres d'agriculture, outre qu’elles avaient à élire un représentant au Conseil générai d’agriculture.
Si la loi de 1851 avait produit son plein effet, les Comices se seraient multipliés de façon même à perdre toute influence, par suite de leur émiettement. Les pouvoirs publics en eurent vite la notion, et le décret du 25 mars 1852,
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« considérant que si la loi du 20 mars 1851 à satisfait, en principe, au vœu généralement exprimé d’une représentation officielle de Pagriculture, elle offre néanmoins dans application des difficultés très grosses, tant sous le rapport du mode de l'élection que sous celui des atteintes qu’elle porte à la liberté d’action des sociétés d'agriculture et des comices agricoles ; considérant qu’il importe aux besoins de l’agriculture de rendre plus faciles, moins onéreuses les réunions », créa une chambre consultative par arrondissement, ses membres étant désignés par le Préfet, pour trois ans.
En fait, la Chambre d'agriculture élue, qui aurait pu montrer quelque indépendance, était supprimée, et le silence du décret concernant les comices coupait court à la fondation de sociétés nouvelles, qui, du reste, n’auraient vécu qu'aux dépens des sociétés déjà existantes.
Pour les Ardennes, la législation de 1851 et 1852 ne fit que consacrer les positions prises par la Société départementale et les Comices qui en dépendaient.
NOUS LA 3 RÉPUBLIQUE. — En 1872, la situation changea. Toutes les réunions de la Société d'agriculture se faisaient à Mézières ; l'unique concours annuel continuait de se tenir
dans cette ville seulement ; d’où ce double inconvénient : les agriculteurs de la partie centrale du département assistaient plus nombreux aux séances et y faisaient la loi: eux seuls enfin étaient dans des conditions favorables pour exposer leurs produits ; ils enlevaient ainsi la presque totalité des primes. De là des rivalités, des jalousies qui amenèrent la dissolution de la Société départementale, et lindépendance des cinq comices, la section de Mézières prenant. désormais ce titre.
Ce sont eux qui sont encore en fonction à l'heure actuelle. Ils se sont cependant dédoublés dans les arrondissements de Vouziers, en 1873, et de Rethel, en 1888. Deux cercles agricoles ont été créés, dont la circonscription, comme celle des comices rivaux, s'étend à tout l’arrondissement.
L'Etat, le département, des particuliers, et généralement les communes qui reçoivent le concours, subventionnent ces sociétés.
La subvention totale de l'Etat s’élève à 5.250 francs, à charge d’en justifier l’emploi par des récompenses distribuées aux éleveurs des diverses. espèces d'animaux de ferme, aux domestiques, bergers, etc.
Le département attribue 11.500 francs aux mêmes fins ; mais 2.500 francs doivent être
spécialement distraits de cette somme pour récompenses aux étalons et 4.000 francs pour récompenses aux espèces bovine et ovine.
Ces subventions sont réparties également entre les arrondissements. Dans l'arrondissement de Vouziers, le Cercle en reçoit la totalité, le Comice n'étant pas subventionné. Dans celui de Rethel, les subventions sont partagées, deux tiers allant au Cercle, un tiers au Comice.
Le Conseil général à voté, en 1908, un crédit annuel de 1.000 francs, porté à 2.000 à partir de lexercice 1911, lequel est réparti entre les sociétés agricoles, pour être distribué en primes à tout agriculteur dont le domaine est inférieur à 20 hectares, et qui aura créé une fosse à fumier
étanche attenant à une fosse à purin également étanche.
Les Cercles et Comices se renferment dans leurs attributions anciennes, chacun d’eux organisant vers les mois d'avril, mai ou juin, un concours qui se tient dans les chefs-lieux de canton ou localités importantes, suivant un roulement établi de longue date. Des primes sont accordées aux éleveurs, aux constructeurs de machines agricoles, aux serviteurs, hommes ou femmes, qui justifient d’un long séjour dans la même maison. Les récompenses de cette dernière catégorie sont, d'ordinaire, un achemi-
nement vers une récompense plus officielle, cette médaille d'honneur dont le ruban tricolore orne à juste titre la veste ou la blouse du vieux campagnard. C’est la plupart du temps afin d’augmenter la quotité de la prime décernée à un serviteur connu, le sien assez souvent, que tel membre du Cercle ou du Comice fera un don Spécial à la Société, marquant ainsi la bonne harmonie qui se trouve encore, bien que raréfiée, æentre employeur et employé.
Depuis une vingtaine d’années, certaines sociétés ont adjoint à leur concours une section spéciale à lenseignement agricole, récompensant, d’une part, les élèves qui, par catégories d’âge, composent sur un sujet tiré du programme ; d'autre part, les instituteurs ou institutrices qui se distinguent par leurs méthodes, la tenue d’un jardin ou d’un champ d’expériences, certains travaux se rapportant à l’enseignement agricole, aussi et surtout les résultats obtenus par leurs élèves.
Plusieurs sociétés ont appliqué une partie de leurs ressources à favoriser l’introduction, dans le pays, d'animaux de race pure. Les efforts se sont portés presque exclusivement jusque dans ces dernières années, sur lamélioration de la race bovine. La vache normande eut d’abord la préférence, puis fut à peu près généralement