‹ L'Association Agricole Dans Les ArdennesChapitre 11 sur 78 · D NE · texte numérisé non relu

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abandonnée, les animaux ayant plutôt à perdre, en passant des gras pâturages du Cotentin ou du Pays-d'Auge, aux plateaux de l’ Ardenne, même aux prairies des vallées de Aisne et de la Meuse. Un timide essai fut tenté de la race flamande, sans grand succès, semble-t-il, puisque les reproducteurs hollandais jouissent aujourd’hui, et depuis une quinzaine d’années, de la vogue à peu près générale.

Une commission comprenant deux ou trois membres de la Société se rend en Hollande, fin octobre ou commencement de novembre, quand les bêtes vont passer du pâturage à l’étable pour y prendre leurs quartiers d’hiver, et achète des animaux de choix. D’ordinaire, ce sont les grandes foires de la région d’AIkmaar qui attirent les commissions. Dans le cas où celles-ci ne réussissent pas, elles courent les fermes sous la direction de commissionnairesinterprètes. Après un long voyage et quelques jours de repos, les animaux sont vendus aux seuls membres de la Société. Celle-ci est presque toujours en perte. Il se trouve des années cependant où le feu des enchères procure de jolis bénéfices. La caisse alors se contente de prélever le montant des frais dont elle à fait l'avance, se constitue parfois une réserve en vue de déficits ultérieurs, et répartit l’excé-

dent entre les acquéreurs, au prorata de leurs débours.

Les efforts de plusieurs sociétés se sont portés aussi, depuis quelques années, sur l’amélioration de la rache chevaline, notamment par des subventions au Stud-Book ardennais. C’est ainsi que la Société de Mézières a augmenté, pour 1911, les primes qu’elle attribuait au cheval ardennais, et qu’elle a créé des primes de conservalion pour amener les propriétaires à garder leurs meilleurs sujets en vue de la reproduction sur place, au lieu de les livrer à l'exportation parce qu’ils y trouvent un profit immédiat. Le Cercle agricole de Vouziers est entré dans la même voie.

Enfin, outre les récompenses décernées aux constructeurs exposants, les sociétés agricoles font bénéficier de remises qui varient suivant le chiffre des affaires, ceux de leurs membres qui achètent des machines ou instruments exposés au concours. Il est certain que, dans la pratique, les acquisitions ont été, en majeure partie, faites à avance, et que la commission de répartition se contente de la présence, à l’exposition, d’un spécimen de l’appareil acheté. Il n’en reste pas moins que les sociétés favorisent la vulga:risation des engins perfectionnés, en même

A ve.

temps qu’elles attirent à leur fête annuelle: de plus nombreux exposants.

Les Comices et Cercles agricoles du département, dont l’activité ne s’est jamais démentie, justifient donc leur existence par les encouragements de toute sorte qu’ils prodiguent à lindustrie agricole, et aussi par les conseils éclairés, les sages avis qu’ils sont appelés à donner à l'administration centrale.

Quelques mots, maintenant, sur chacune des sept sociétés ardennaises, prises dans l’ordre alphabétique des arrondissements.

1° CERCLE AGRICOLE RÉPUBLICAIN ET (COMICE RÉUNIS DE L'ARRONDISSEMENT DE MÉZIÈRES

Cette Société, ainsi que l’indique son nom, est issue de deux sociétés qui avaient coexisté, peu de temps, il est vrai: à peine une année.

En 1872, lors de la dissolution de la Société départementale d'agriculture, la section de Mézières s’érigea en Comice. En 1895, il comptait 207 membres, son maximum. En 1904, ce chiffre était ramené à 193. C'était peu, eu égard au nombre d’associés que groupaient les autres Comices, sauf celui de l’arrondissement de Rocroi, dont la population agricole est assez res-

MONS) Vies

treinte. On attribua à la politique, avec quelque vraisemblance, Péloignement dans lequel se tenaient trop d'agriculteurs. Le Président du Comice, ancien député, n’avait-il pas siégé sur les bancs de la droite ? Un Cercle républicain se forma le 10 décembre 1905, avec 139 membres. Mais bientôt, l'obligation dans laquelle se trouvaient les deux sociétés de se partager les subventions de l'Etat et du département, par suite de n’organiser que des concours sans importance, la nécessité vite reconnue de bannir toute politique d'associations dont le but est exclusivement économique, firent que, dès 1906, des pourparlers furent engagés pour la fusion des deux sociétés. Elle se réalisa le 7 janvier 1907,sous le titre de « Cercle agricole républicain et Comice réunis ».

La nouvelle Société comptait, au 1° janvier 1911, 421 membres. Elle a donc doublé le continsent de l’ancienne, ce qui tendrait à prouver que la scission de !905 avait sa raison d’être.

Elle utilise principalement ses ressources à distribuer des primes aux éleveurs, et plus particulièrement à ceux qui s'occupent du cheval ardennais.

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