quintaux ont été battus en 1910, 6.200 en
3° En 1907, pour l’acquisition de trois tondeuses Barréquand, actionnées par la locomobile du Syndicat: 1.300 francs. Elles ont tondu 2,902 moutons en 1910, 2.623 en 1911.
4” En 191], une moto-batteuse 7 chevaux avec botteleuse : 5.070 francs.
La cotisation de membre du Syndicat est de 1 fr. 50 comme droit fixe, et, en plus, un centime par hectare exploité. Les ouvriers au service de patrons syndiqués payent une cotisation uniforme de 0 fr. 50, dont les patrons répondent. Les ouvriers peuvent ainsi participer aux avantages de l’achat en commun de certaines denrées, la houille et le vin principalement.
Bien desservi par le canal des Ardennes (ports de Neufchâtel, Vieux, Asfeld et Balham), par la ligne Paris-Givet (gares de Bazancourt, du Châtelet), par la ligne départementale Rethel- Guignicourt et bientôt par celle d’Asfeld à Reims, le Syndicat peut faire pour une destination à son choix, des commandes importantes. D'autre part, il se porte caution pour ses membres en garantissant tous les paiements. Il obtient ainsi des prix fort avantageux. Son organisation pourrait servir de modêle aux Syndicats similaires.
3 Le Syndicat agricole de l'arrondissement de Rethel, qui date du 21 novembre 1904. Sa création est due principalement à cette idée qu’il fallait offrir aux cultivateurs qui ne voulaient pas entrer dans le Syndicat de la Champagne, un organisme plus rapproché d’eux que le
yndicat des Ardennes.
Le nombre de ses membres au début fut de 180. Il est aujourd’hui de 160. Le chiffre global de ses affaires fut de 40.000 francs dès la première année. Il est tombé en 1910 à 26.000 francs. Ce mouvement dégressif est dû à ce fait que lors de la fondation, entrèrent au Syndicat des ouvriers agricoles et des petits cultivateurs qui y trouvèrent un intérêt immédiat parce que le
Syndicat fit pour leur compte des achats de vins fort avantageux. Depuis, les mêmes occasions ne se sont pas présentées, les achats de matières exclusivement agricoles n’ayant pas pour eux assez d'importance et ne leur procurant pas des avantages sensibles sur les prix du commerce ordinaire, ils retournent aux négociants chez qui ils peuvent se pourvoir à tout instant et sans commande préalable.
Outre les forts achats de vins du Midi réalisés principalement quand la récolte du cidre est manquée, le Syndicat de l’arrondissement de Rethel fait régulièrement des acquisitions d'engrais, de ficelles pour moissonneuses, de charbons, huiles et graisses, de semences, etc. Il à fait venir des reproducteurs hollandais, mais en procédant de façon différente que le Cercle agricole. Les syndiqués doivent s’inscrire à l’avance pour un nombre déterminé de têtes. On n'importe done que strictement le nombre d'animaux demandés. Une commission leur attribue à chacun, suivant leur âge, leur état et leurs qualités apparentes, un coefficient chiffré qui sert ensuite à répartir sur chaque tête le montant total de la dépense. Le prix des animaux étant ainsi fixé avec la plus grande impartialité, on tire ensuite au sort pour la répartition entre les personnes qui se sont fait inscrire.
11 ne reste donc aucun bénéfice pour le Syndicat.
Le Syndicat, enfin, a obtenu des constructeurs de machines ou des représentants, des remises assez importantes sur les achats que ses adhérents sont susceptibles de faire.
4 Le Syndicat de Juniville. Fondé le 1° février 1901, en principe pour 10 ans, il arrivait à expiration le 31 janvier 1910, par suite d’une erreur matérielle, les statuts ayant porté à tort cette date qui, en réalité, devançait d’une année la date normale. Mais les adhérents ont entendu rester groupés pour une nouvelle période de dix années, donc jusqu’au 31 janvier 1920.
Ce Syndicat comptait 40 membres à ses débuts. Il en groupait 80 au 1: janvier 1911:
76 hommes et 4 femmes. La cotisation, qui était au début de 1 franc à été ramenée à 0 fr. 50.
Bien qu’il se donne pour objet la défense des intérêts agricoles, il à borné son rèle tout d’abord à la réparation des dommages causés aux récoltes par le gibier. D’une part, la proximité des sapinières champenoises où certaines années le lapin pullule ; d'autre part, la constitution sur une partie de son territoire même d’une grande chasse sérieusement gardée où le lièvre s’est multiplié, ont été la cause d'importants dommages, pour lesquels les propriétaires obtenaient difficilement réparation. Chacun reculait devant
les ennuis et les frais d’une action en justice, les résultats en paraissant douteux, l’apologue du pot de terre contre le pot de fer restant présent à la mémoire de tous. Syndiqués, les cul tivateurs purent traiter de pair avec les puissantes sociétés de chasse. Celles-ci, dès la première année, payèrent plus de 6.000 francs d’indemnité. En dix ans, le chiffre des indemnités totales a été de 27.000 francs. Et toutes se sont réglées à l’amiable, de la facon suivante : deux fois l’an, au printemps d’abord, à la veille des récoltes ensuite, une commission, composée en parties égales de mandataires des chasseurs et des cultivateurs, tous étrangers à la localité, se rend sur les lieux et, ayant vu l’état des récoltes avant, puis après l’intrusion du gibier, fxe Pindemnité que les parties acceptent d’un commun accord.
Dans un autre ordre d'idées, le Syndicat de Juniville a obtenu des résultats non moins probants, qui se sont répercutés sur quelques communes voisines : le prix du lait à destination de Reims, qui était de dix centimes, a été porté, à la date du ji‘ novembre 1909, à douze centimes pour l'hiver et onze centimes pour l’été. De Juniville même, il s’en expédie une moyenne journalière de 1.000 litres. C’est donc annuelle-
ment, 5.000 à 5,500 francs qui sont repris à l'intermédiaire par le producteur.
Le prix du lait a été porté à 0 fr. 15 aû 16 ocbre 1911 ; mais cette fois, l'intermédiaire y trouva son compte par une augmentation de O fr. 05 sur la place de Reims.
Enfin le Syndicat à obligé les maréchauxferrants à maintenir leurs prix au tarif de ceux des communes voisines, alors qu’ils voulaient les relever de façon fort sensible.
En résumé, ce Syndicat s’est tenu à la lettre de la loi de 1884, ne s’occupant que de la défense des intérêts agricoles, ne faisant aucune opération commerciale. Cela tient certainement à deux causes qui, en réalité, n’en font qu'une : un marchand d'engrais, originaire du pays, à ses magasins sur place ; enän, un certain nombre des principaux exploitants sont affiliés au Syndicat départemental qui, en 1905, a installé une halle de distribution à la gare même de Juniville. Les consommateurs trouvent done toute facilité pour se procurer, dans des conditions normales, les engrais et produits essentiels dont ils font usage.
5° Le Syndicat de Perthes qui, aux achats de matières nécessaires à l’industrie agricole, à
joint l'expertise à l’amiable des dégâts causés
aux récoltes par le gibier, la moyenne annuelle étant de 6.000 francs. Le syndicat a, de plus, lors du dernier renouvellement du bail de chasse avec la société prenante, obtenu une augmentation du prix annuel de location, porté actuellement à 5 francs l’hectare. La ténacité du Syndicat à fait passer enfin, en trois années, le prix du litre de lait, de O fr. 10 à O fr. 13, sur une production moyenne de 1.000 litres par jour.
Pour arriver à ce résultat, les cultivateurs ont usé du procédé de la grève. Ils avaient décidé de ne pas livrer de lait le 1e avril 1907, si le laitier n'accordait pas la première augmentation demandée. Sur 6i syndiqués, 15 n'ayant pas tenu leurs engagements, furent condamnés en assemblée générale à l'exclusion ou au paiement d’une amende de 5 francs. Un seul acquitta l’amende ; les autres furent exclus. Plusieurs ont demandé depuis à rentrer au Syndicat en payant 10 francs, et ont été acceptés. Ne fautil pas voir dans ce fait la certitude que le cultivateur trouve un intérêt de premier ordre à s’affilier à un Syndicat bien administré ?
6° Le Syndicat de Damouzy et Houldizy, fondé le 15 juillet 1906, à ia suite d’un cyclone qui avait dévasté les récoltes, endommagé les bâtiments, causant pour 300.000 francs de pertes
dans les deux communes. Le but immédiat que cherchaient les nouveaux syndiqués était de faire vivre et les gens et les animaux durant une année. Grâce à la caisse rurale annexée au Syndicat, à laquelle tous donnèrent leur adhésion, devenant ainsi solidaires, ils purent contracter des emprunts qui permirent de faire les réparations urgentes, d’ensemencer et enfin d’attendre la récolte suivante.
Le Syndicat à naturellement survécu aux circonstances qui l’avaient fait naître, et se livre aux opérations habituelles à tous les syndicats agricoles.
7” Le Syndicat des viticulizurs ardennaris de la vallée de l'Aisne, dont le siège social est à Gomont. 11 remonte au 12 août 1900, et s’occupe de tout ce qui intéresse la culture de la vigne et ses produits, étudie et défend les intérêts viticoles des syndiqués, se chargeant des achats de plants, soufre, engrais et outillage, organisant la lutte contre les maladies eryptogamiques.
Ce Syndicat recoit une subvention de 100 francs de l'Etat et une de 200 francs du département.
a Le Syndicat de Marvaux et Vieux, fondé le 21 juin 1908. Nous donnons le détail de ses opé-
rations afin de montrer comment une association modeste, restreinte à un petit village (180 habitants) peut cependant rendre les plus grands
services.