‹ L'Association Agricole Dans Les ArdennesChapitre 43 sur 78 · CAISSE RURALE ANNEXE DU SYNDICAT · texte numérisé non relu

CAISSE RURALE ANNEXE DU SYNDICAT

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« Pour trouver du crédit à la Caisse rurale, nous écrit le Secrétaire du Syndicat, il faut être honnête, laborieux et sobre, estimé dans le village pour y trouver une caution qui réponde de vous à ses risques et périls, et n’emprunter que pour améliorer une situation, c’est-à-dire pour se procurer sur une opération que facilite Pemprunt, 5, 6, 7, 8 % ou plus, alors que la Caisse prête à 4 %. Celle-ci verse à ses adhérents un intérêt de 3 %. »

c) UNIONS DE SYNDICATS

Des unions ou fédérations de syndicats agricoles se sont constituées, autorisées par l’article 5 de la loi du 21 mars 1884.

Dans cet ordre d’idées, nous devons citer, pour les Ardennes :

1° Le Syndicat agricole de la Champagne.

Fondé en novembre 1894, son siège social est à

Warmeriville (Marne). Il est de ceux dont M. de Rocquigny dit qu’on « les désigne souvent du nom de syndicats catholiques, parce qu'ils ont été fondés sous l'inspiration du clergé ou se rattachent à l'Œuvre des Cercles catholiques d'ouvriers. Ces syndicats ne se spécialisent pas dans leur objet, car leurs opérations professionnelles sont à peu près celles de la généralité des syndicats agricoles, mais dans l’esprit qui préside à la direction. Leurs fondateurs se sont efforcés d’organiser le patronage rural et ont fait prédominer le caractère social de l’institution sur son caractère économique. Ces syndicats ne sont pas conçus d'après un type uniforme; mais ils prennent un soin particulier d'établir une solidarité professionnelle effective entre leurs adhérents. Comme tous les syndicats mixtes créés dans le monde industriel par l’'Œuvre des Cercles catholiques, ils visent à reconstituer, en le modernisant, l’ancien régime des corporations. Ils ont adopté une commune devise: Cruce et aratro, et célèbrent généralement, à la façon des confréries, une fête patronale. Ils se distinguent par de sérieux efforts pour faire régner l’union et la fraternité entre leurs membres, améliorer les rapports entre patrons et ouvriers, développer le bien-être matériel et moral par la prévoyance, l'assistance

et la coopération. Ils ont organisé des secours mutuels et des soins médicaux gratuits en cas de maladie. Beaucoup d’entre eux ont rendu obligatoires l’arbitrage dans les contestations sur les intérêts agricoles, le repos du dimanche, l'assistance aux funérailles des adhérents, etc. Syndicats professionnels de nature essentiellement mixte, ils reconnaissent souvent trois catégories de membres, les fondateurs ou bienfaiteurs, les titulaires qui sont les propriétaires ou chefs d'exploitation, et les simples associés qui comprennent les fils de cultivateurs et les ouvriers agricoles. Ils se subdivisent ordinairement en sections communales ou paroissiales'. » | Pour ces diverses raisons, sans doute aussi parce qu’un assez grand nombre de ces Syndicats ont eu des prêtres pour secrétaires, on à pu croire et on a dit que leur but principal était la propagande politique. Les dirigeants s’en défendent avec énergie. L'un d’eux nous écrit en effet : « Mon opinion sur l’avenir des syndicats est très simple. I suffit de comparer l'application qu'ont faite de la loi de 1884 les associations ouvrières et celle qu'en ont faite les cultivateurs, pour apprécier cette loi. Nous en tirons un excellent parti, en nous garant avec le plus grand soin

1. Cie pe Rucquiëny : Les Syndicats agricoles et leu: œuvre, p. 144.

contre l’intrusion de la politique, et cependant sans cacher notre drapeau qui est celui de l’association basée sur le dévouement, qui s'inspire avant tout des principes de l'Evangile, persuadés que nous sommes qu'en dehors de ce principe il n’y à que des mécomptes, par suite des ambitions, des rivalités, des égoïsmes en jeu. La loi sur les syndicats permet aux cultivateurs de faire leurs affaires eux-mêmes, par eux-mêmes. En principe, nous sommes hostiles à toute intervention et même à toute aide de l'Etat ; nous sommes convaincus que si nous ne savons faire nos affaires nous-mêmes, l'Etat, quel qu'il soit, ne saurait être plus capable que nous. »

Sans doute nous respectons la conviction, que nous savons profonde et sincère, de notre correspondant. Nous ne pouvons cependant nous empêcher de faire remarquer que s’il entend par « principes de l’Evangile » les grandes idées de justice, de bonté et de dévouement qui sont communes à de nombreux systèmes philosophiques et à l’universalité des religions, nous sommes d'accord avec lui. Mais s’il veut, au contraire, en réserver le privilège à la seule religion catholique, nous nous élevons contre et nous empressons de proclamer qu’il nous à été donné de voir à l’œuvre des hommes qui, sans puiser leur inspiration et leur soutien dans l’idée

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religieuse, débarrassés néanmoins de toute ambition vulgaire, ont su se consacrer tout entiers à des œuvres humanitaires, voire exclusivement: agricoles, dans le seul but de faire le bien et de. rendre service. |

P’autre part,. nous conviendrons que si les « syndicats catholiques » ont pour intention cachée de ramener des partisans à un régime déchu, les procédés qu’ils emploient sont de bonne guerre, puisque légaux, dès lors qu’ils ne traitent pas de questions politiques dans leurs réunions agricoles.

Les parties adverses peuvent disposer de la même arme. Qu'ils en usent avec autant de constance dans l'effort, et ils neutraliseront les effets de la propagande contre laquelle ils s'élèvent. L'idée d'association n’en fera que plus rapidement son chemin dans le monde agricole, et ses heureux résultats n’en seront que plus appréciables.

Bien qu'affilié à l'Union centrale des Syndicats, le Syndicat agricole de la Champagne est absolument indépendant dans son organisation et son administration.

Il a fondé dans les Ardennes un certain nombre de syndicats locaux ; mais, dès que leur fonctionnement a été régulièrement assuré, il s’est séparé d’eu:, les obligeant à vivre de leur vie

propre, à prendre souci de leur responsabilité, continuañt toutefois à entretenir avec eux des relations morales, par exemple invitant leurs membres aux fêtes religieuses, réunions et conférences, qui se donnent quatre fois l’an à Warmeriville.

Les sections qui en dépendent, et dont quelques-unes figurent au tableau des syndicats déclarés, sont les suivantes : ‘

Arrondissement de Mézières (Damouzy, Mazerny);

Arrondissement de Rethel (Avançon, Avauxle-Château, Perthes, Roizy, Le Thour);

Arrondissement de Rocroi (L'Echelle);

Arrondissement de Vouziers |Ballay, Hauviné, Lametz, Marvaux, Monthois, Neuville-Day, Savigny, Tannay);

Arrondissement de Sedan (Syndicat régional de Chiers et Meuse, récemment fondé, qui groupe un certain nombre d’adhérents des communes d’Amblimont, Auflance, Autrecourt, Bazeilles, Beaumont, Brévilly, Carignan, Charbeaux, Douzy, Escombres, Francheval, La Moncelle, Letanne, Linay, Mairy, Matton, Neuville-à-Maire, Pourruaux-Bois, Pourry-Saint-Rémy, Poe Sailly, Signy-Montlibert).

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