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CAISSE RÉGIONALE

Afin d’être aussi complet que possible sur le fonctionnement du crédit agricolé dans les Ardennes, nous sommes amené naturellement à parler de la Caisse régionale de la Marne, de l Aisne et des Ardennes, à laquelle sont affiliées ses sept locales les plus importantes.

Créée le 17 juin 1899, son conseil d’administration était nommé le 16 septembre suivant.

Son capital souscrit était alors de 50.000 francs ; fin février 1900, il atteignait 163.000 francs, et progressait ensuite de la façon suivante :

En 1901, ilétait de 213.500 fr. En 1906, ilétait de 329.250 fr.

1902 nu 220.250 1907 = 334.550 1903 = 232.900 1908 ee 556.750 1904 — 256.750 1909 — 610.950

Avances de l'Etat, consenties à la Caisse régionale depuis sa fondation.

! CAR RARE Le | REMBOURSEMENTS DATE DES AVANCES MONTANT | LRU ES | | das bes Not | 160.000 (nr 1905. 60.000 »

a) >ptem OTOMMCCUE, Li OU, UUC. »> | Pa 1910. 100.090 si 10 séptembro 1990. .| 257.200 » | En 1907. 28.580 » 12 norembro 1902 . .| 240.550 »s | fn 1907. 20.550 » 16 février 1993. 209,850 » | An 1907. 22.850 » 5 septembre 1906. .| 200.009 »

16 déc:mbre 1908 . 125.000 » | Æ&n 1910. 12.000 » 18 janvier 1909 . 684.000 » | En 1911. 84.000 » 9 décembre 1910 . 500.000 »

Chiffre d’affaires réalisé par la Caisse régionale depuis sa fondation | ; ANNÉES | MONTANT || ANNÉES MONTANT | | 1900 14.300 »» || 1906 | 1.384.346 45 1901 137.385 »» || 1907 ‘ | 1.511.644 05 1902 345.351 45 || 1908 - | 1.768.451 70 | 1903 793.844 30 || 1909 | ©.°68.447 93 1904 | 827.388 43 | 1910 | 3.526.458 60 1905 | 1.190.685 30 || | | | 1

1. Nora: Les tableaux ci-dessus sont tirés, avec son autorisation, de l'ouvrage de M. Darter, agent comptable de la Caisse régionale agricole de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes: Manuel pratique à l’usage des secr{taires-comptables des Caisses locates de crédit mutuel

agricole.

LÉGISLATION. — Peu rompu aux affaires de banque, le cultivateur, jusqu’en ces dernières années, admettait difficilement que, même sans être gêné et jouissant d’une belle fortune, on eût parfois recours au crédit. [1 lui semblait que présenter du papier à l’escompte aux guichets d’une banque, c'était faire l’aveu d’embarras pécuniaires, quelque chose comme le début d’une déconfiture. L’emprunt secret chez le notaire, même à un taux élevé, avait ses préférences, parce qu'il restait ignoré du voisin.

D'autre part, le cultivateur ne peut se contenter du crédit à court terme, généralement de trois mois, qui convient au commerce et à Pindustrie. S'il à besoin de fonds pour les ensemencements, il doit pouvoir attendre le battage de la récolte afin de rembourser ; de même, sil emprunte pour acheter du bétail maigre, il se réservera le temps nécessaire à la mise en état des animaux destinés à la boucherie.

C’est donc d’après ces données qu’il convenait d'organiser le Crédit agricole, et non d’après les bases du crédit commercial. Aussi, les tentatives faites sous le second Empire échouérent-elles parce qu’on avait voulu copier lorganisation des banques industrielles ou commerciales. Exception est faite, toutefois, des lois du 17 juillet 1856 et du 28 mars 1858, relatives

aux prêts destinés à favoriser les opérations de drainage, ces prêts ayant par ce fait un caractère immobilier, et pouvant se consentir pour plusieurs années.

Ainsi que l’explique M. Fernand David dans son rapport sur le budget de l’agriculture, de 1911, « la seule organisation rationnelle du crédit agricole est dans la création d’associations, placées à portée des cultivateurs, constituées par eux et bâties sur les principes de mutualité et de coopération. Au premier abord, c’est une chose qui semble impossible. Des capitaux ne se garantissent que par des capitaux, des immeubles, des marchandises, en tous cas des valeurs réalisables.

La coopération de crédit arrive à ce résultat que le crédit naît sans qu’il y ait de capital entre les mains du débiteur. Consentir à prêter son argent à quelqu'un qui ne peut donner aucun gage est chose nouvelle dans le monde et marque une véritable révolution.

C’est sur le crédit moral et la garantie mutuelle des divers emprunteurs que s'appuient nos lois actuelles sur le crédit agricole.

Au liea d'organiser, comme on l’a dit, le crédit agricole par en haut, on l’a organisé par en bas selon la vraie formule.

Pour qu’une banque agricole puisse réussir

il ne suffit pas, en effet, qu’elle soit placée près des agriculteurs et qu’elle soit en relations étroites avec eux, car la solvabilité et la valeur morale d’un agriculteur ne peuvent. guère être appréciées exactement que par ses amis et voisins.

Toute la difficulté est d'obtenir d’eux des renseignements sérieux et sincères et non pas des certificats de complaisance. Il n’y à pour cela qu'un moyen vraiment sûr, c’est qu'ils soient engagés eux-mêmes pécuniairement ou personnellement dans l’opération de prêt sur laquelle on les consulte, qu'ils aient une responsabilité . en ouvrant un crédit à l’emprunteur. Mais comment décider de simples agriculteurs à consentir à jouer ainsi le rôle de caution qui n’est guère en harmonie avec leurs habitudes de prudence et de méfiance instinctives ? Le seul moyen de vaincre ces hésitations naturelles, c’est de faire de ce cautionnement un cautionnement muvuel et réciproque. Une banque organisée de la sorte est donc une association d’agriculteurs se garantissant mutuellement ou ayant constitué un capital commun et obtenant ainsi des tiers, les délais de paiement dont chaque associé a besoin, ou l’argent qui lui est nécessaire. La caisse ne fait de crédit qu’à ses membres, et il faut commencer par s’y affilier pour faire appel à sa garantie. Cette réciprocité de concours est une appli-

cation directe du principe de mutualité et de solidarité réunies dans cette formule : « Chacun pour tous, tous pour chacun. »

Nous croyons devoir ajouter, avec M. Jules Le Conte! que «le crédit agricole, pour répondre aux besoins dont il est issu, doit être p.rsonnel, c'est-à-dire bossé sur la valeur propre de l'individu, sur sa moralité, sur son travail, sur son habileté professionnelle, sur ses habitudes d’ordre et d'économie ; à long terme, c’est-à-dire concédé pour une durée de six, neuf où douze mois, délai correspondant aux lois naturelles de la production et à l’évolution des saisons ; à bon marché, c’est-à-dire consenti à un taux d'intérêt très modéré, en rapport avec les béné- £ces minimes de la culture. Ces trois caractères essentiels distinguent toujours radicalement le crédit agricole du crédit commercial, qui ne peut être que ré2l, à court terme, cher ou rémunérateur. Absolument différent dans son essence et dans son but du crédit commercial, c’est aussi par d’autres moyens que le crédit agricole doit s exercer, d’où limpossibilité,au moins pour la petite culture, de s’adresser aux banques ou aux grandes institutions de crédit. »

C’est pourquoi le succès est venu aux caisses

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