Cf. Macii., i
rébrale A à une portion cérébrale B emploie une voie différente, ou, en tous cas, est une fonction autre que la propagation d’un courant semblable dans le sens inverse (de B à A). C’est ainsi que certains malades atteints d 'aphasie optique, c’est-à-dire incapables, lorsqu’ils voient un objet, d’en trouver le nom, peuvent au contraire, lorsqu’on leur dit un mot, se représenter l’objet correspondant. Bernheim1, qui a observé la chose, se demande s’il ne faut pas « admettre deux voies différentes dont l’une allant du centre de la mémoire visuelle à la mémoire auditive [du mot] serait seule lésée, et l’autre allant en sens inverse, suivant un autre trajet dans l’encéphale, serait indemne ». Chez un autre malade de Bernheim2, c’est juste le contraire : la vue d’un objet lui permet de trouver le nom écrit correspondant, la vue du nom ne lui permet pas de trouver l’objet. J’ai proposé d’appeler ce dernier syndrome, inverse de l’aphasie optique, du nom d easymbolie verbo optique, ou verbo-acoustique (Claparède, c, iii).
L’observation normale confirme ces résultats de la clinique : il arrive à la plupart des personnes connaissant deux langues, le français et l’allemand, par exemple, de mieux savoir traduire d’allemand en français que de français en allemand, ou vice versa, et cela indépendamment d’autres facteurs qui peuvent faciliter la traduction dans un sens ou dans l’autre.
Nous sommes donc autorisés à considérer comme
1. Bernheim. Contribution à V étude de l’aphasie, Rev. de méd., i885, p. 63i, 635.
2. Bernheim. Contribution à l’étude des aphasies, Rev.de méd., 1891, p. 387.
l’association des idées
un fait établi que la conduction dans un même trajet nerveux peut y être meilleure dans un sens que dans un autre, c’est-à-dire que la force de l’association dépend de la direction dans laquelle s’est effectuée d’une manière prépondérante la création de • l’association1.
§ 8. — Nature sensorielle des excitations.
Quelle est l’influence du sens auquel appartiennent les éléments à associer sur la force de leur association ? Cette question appartient plutôt à l’étude^de
i. Notons ici que la difficulté que l’on éprouve à réciter à l’envers une série de syllabes reconnaît une autre explication. Prenons l’alphabet ; à strictement parler, la récitation de cet alphabet de Z à A n’est pas physiologiquement l’inverse de sa récitation de A à Z. Chaque lettre n’est pas une unité, mais un complexus physiologique, composé lui-même de plusieurs éléments moteurs, qui, même lors de la récitation à l’envers, doivent rester associés en série normale ; le renversement n’est donc pas total. Supposons qu’il faille deux mouvements élémentaires pour prononcer Z, trois mouvements pour Y, et deux pour X. Les diverses cellules motrices dont dépend le mouvement de la série XYZ fonctionneront dans l’ordre 1.2 — 3.4.5 — 6.7, tandis que la récitation de ZYX exigerait l’ordination 6.7 — 3.4.5 — 1.2, ce qui, on le voit, n’est pas l’inverse de l’autre. Les associations ne sont pas renversées, mais rompues : 2 et 3, 5 et 6, formant des couples dans la série normale, se trouvent disjoints dans la série invertie. Pour expliquer la difficulté de réciter l’alphabet à l’envers, — et, en général, de répéter une série de syllabes dans un ordre inverse — on doit donc invoquer bien plus la rupture des associations, rupture que ce renversement implique, que l’inversion du sens associatif*.
* Trautscholdt avait noté que, lorsqu’à un mot il est répondu par un mot composé, l’inducteur forme plus souvent la première que la dernière partie de ce mot composé. Ainsi, il a rencontré 53 fois des couples du genre de Band—>~ fiandwurm ; 12 fois seulement des couples du type Strahl — >- Lichtstrahl.