SUCCESSIF
On voit que, chez les jeunes enfants, le mode simultané est moins favorable à la force associative. Chez les plus âgés, les deux modes paraissent indifférents. Cela doit tenir à ce que, dans le mode simultané, il faut diriger soi-même son attention, ce que les jeunes enfants ne savent pas faire.
Ces expériences demandent à être contrôlées et multipliées.
§ 7. — Direction, ou sens de l’association.
Il serait bien absurde, en face d’une locomotive attachée à son tender, de se demander si celui-ci est plus solidement lié à elle qu’elle à lui. Une telle question est cependant légitime — l’expérience le prouve — dans le domaine des idées, notamment lorsque les éléments associés ont été présentés en succession.
Chacun sait que, s’il est facile de réciter l’alphabet de A à Z , il n’en est pas de même de Z à A, qu’une série de mouvements exécutés dans un sens n’est pas commode à reproduire en sens inverse, etc. D’autre part, ne pouvons-nous pas repasser dans notre mémoire, en sens inverse et sans aucune difficulté, les étapes
d’un voyage, d’un chemin parcouru, d’une époque de notre vie P
La question se présente comme entourée d’obscurité. Ebbinghaus, le premier, a tâché de l’éclairer de la lumière de l’expérience, par son procédé habituel.
Expériences. — Une série L I2 I3 ... I16 (présentée visuellement) étant sue par cœur, on recherche l’économie réalisée, 24 heures après, sur l’étude de séries du type
1 16 Il5 Il4 ••• L L L
et du type I16 I14 I12... L L Ls I13 • •• L h-
Résultat :
Épargne pour I16 I1S... (10 expériences). 12,4 pour 100.
— 116 Iu... (4 expér.) . 5 pour 100.
L’épargne, pour une série normale étant, après 24 heures, de 33 pour 100 (v. plus haut), il en résulte que, si l’on désigne par 1 la force de l’association contiguë normale celle de l’association rétrograde, ou mieux récurrente (rücklàujige Ass.) n’est que :
i/3 pour l’assoc. récurrente contiguë (I16 I1S).
i/4 — — indirecte (I16 I14).
L’expérience prouve donc que la force associative est moindre dans le sens inverse de celui de la création de l’association.
Müller et Schumann (1^9) ont fait des expériences analogues. Selon eux, les expériences d’EBBiNGHAUS ne sont pas probantes ; il est possible que l’économie des séries inverties provienne non d’une association rétrograde, mais tout simplement du fait que, grâce aux séries préparatoires, les syllabes étaient déjà familières au sujet. Ensuite, Ebbinghaus mettait sous les yeux du
l’associatiox des idées
sujet les séries entières ; il est donc possible que la coexistence spatiale des syllabes ait favorisé la création d’associations dans les deux sens1. Pour obvier à cet inconvénient, Mü ller ne présentait, on le sait, ses syllabes que l’une après l’autre ; quant à la première cause d’erreur, M. et S. l’écartèrent en introduisant dans les expériences des séries comparatives :
Série principale.. : I12 In | III10III9 | I8 I7 | ...
— comparative: II12 IVn | 1I8 IV7 | II4 IV3 | ...
Les séries étaient lues, comme toujours, sur le rythme trochaïque. Les résultats obtenus par la méthode d’économie ont montré que lorsque deux syllabes font partie d’une même mesure rythmique et sont consécutives , la seconde a une légère tendance à reproduire la première.
Müller et Pilzecrer (2 n) ont en outre montré récemment qu’il existait aussi une association rétrograde entre la première syllabe d’une mesure, et la dernière syllabe d’une mesure précédente.
L’existence de cette association récurrente n’a rien d’étonnant ; c’est plutôt sa faiblesse qui réclamerait une explication, et, seule, une connaissance de la nature intime des processus nerveux pourrait la fournir. On peut cependant supposer qu’un courant se dirigeant de A vers B façonne les trajets nerveux d’une façon qui les rende impropres au passage d’un courant rétrograde de B vers A2.
La clinique confirme cette manière de voir, en nous montrant que, dans certains cas tout au moins, la propagation d’un courant nerveux d’une portion cé-