L ENCHAINEMENT DES FAITS DE CONSCIENCE
En d’autres termes, l’évocation d’une idée dépend de ses rapports de contiguïté non seulement avec l’idée immédiatement précédente, mais encore avec toutes les idées qui ont été précédemment présentes, ou qui, actuellement, sont subconscientes. Ce réseau de représentations dont la subexcitation constitue, on le voit, un facteur important de l’évocation, a été appelé la constellation des idées (Ziehen, a, i5g). Déjà Wahle (4 1 5) en avait constaté l’influence : une image, qui ne peut surgir lorsqu’elle n’est sollicitée que par une autre, peut cependant y parvenir lorsqu’elle reçoit un supplément d’intensité d’un autre groupe de représentations. Voici un exemple de cet auteur : depuis longtemps, il n’avait pas pensé à Venise ; jamais, notamment, l’hôtel de ville gothique devant lequel il passait chaque jour n’avait, malgré sa ressemblance avec le Palais des doges, éveillé l’image de ce dernier. Un beau matin, pourtant, cette association surgit ; pourquoi? Wahle se rappela que, deux heures auparavant, il avait rencontré une dame qui portait une broche ayant la forme d’une gondole vénitienne. — C’est un cas d 'association par concours (Concurrenzassociation) .
La constellation agit aussi sur l’évocation simultanée : elle est ainsi un facteur de la discrimination et de la perception, en tant qu’elle contribue à
Ï subexciter tous les réseaux correspondant à l’objet que l’on examine, ce qui fait que l’impression reçue est plus vite classée, donc comprise. C’est elle qui
qu’il suffit de concevoir d’avance telle catégorie d’objets pour que les plexus cérébraux qui y correspondent soient, de ce fait, subexcités.
l’association des idées
est responsable d’un certain nombre d'illusions ; les curieuses expériences de Münsterberg (6, IV, 22) ont montré que le sens (donc, la constellation) d’un mot influait sur la perception d’un autre. On présentait à un sujet, pendant un temps très court (2 secondes), un mot écrit sur une carte, et au même instant on lui criait un autre mot. C’est ainsi que le sujet a lu Tunnel, au lieu de Tumult, si on lui criait en même temps Eisenbahn ; — Frucht, au lieu de Fur cht, si on lui criait Obst, etc. (ou, pour prendre un exemple analogue en français, il aurait lu vernir, au lieu de venir, si on lui avait soufflé simultanément le ihot couleur ).
Les trois derniers facteurs que nous venons de considérer rendent compte de la part de l’association dans le processus évocatif. S’il n’y en avait pas d’autres, on pourrait dire que le problème de la reproduction des idées se confond avec celui de l’association ; beaucoup d’auteurs semblent admettre qu’il en est ainsi. — Souvent, en effet, une courte succession d’idées peut n’avoir pas d’autre cause que l’action combinée de l’inducteur et de la constellation ; souvent aussi, cette cause étant plus forte que les autres, elle agit comme si elle était seule ; c’est le cas, notamment, dans les expériences d’association, où l’on tâche de rendre constants les autres facteurs.
11 est aisé de se rendre compte du rôle joué par ces facteurs associatifs dans la pensée naissante : ils lui apportent le fruit de l’expérience faite, c’est-àdire la façon d’accomplir l’action désirée. Mais c’est tout ; ce n’est pas eux qui décident de l’action elle-
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même, ni du sens de cette action. Cependant l’expérience ayant montré jusqu’à quel point telles actions permettaient de réaliser telles tendances, et la meilleure manière d’y parvenir, on comprend que ce contingent d’images amenées automatiquement par la contiguïté ne soit pas dépourvu de valeur; et il a d’autant plus de valeur pour le moment auquel il est évoqué, qu’il est gros d’une plus longue expérience, que la liaison des éléments dont il est constitué a été créée sous l’empire d’un plus grand intérêt ou d’une meilleure instruction, et que, bien entendu, cet intérêt, par suite d’une idiosyncrasie héréditaire ou autre, s’est appliqué à des phénomènes ou à des successions de plus de valeur intrinsèque.
Nous voici maintenant en mesure de formuler la loi d’évocation associative, souvent impliquée par les auteurs dans ce qu’ils appellent tout court « la loi de contiguïté », et qui, nous l’avons vu, n’est qu’une conséquence de celle-ci. Chaque fait de conscience tend à reproduire l’état total dont il a fait partie ; mais, comme chaque fait s’est trouvé partie intégrante d’une multitude d’états différents, il en résulte une sorte de lutte d’où sortira vainqueur celui qui aura pu puiser des forces dans les idées constellées ou subconscientes. On peut résumer la chose dans cette loi que Hamilton et Hoeffding ont bien mise en lumière, la loi de totalisation:
Chaque fait de conscience a une tendance à reproduire l’état total dont il a fait précédemment partie; — toutes choses égales d’ailleurs, l’évocation ( asso ciative ) résulte de tout l’ajustement cérébral au moment considéré .
l’association des idées
5° Age de V association. — Notons ici un facteur évocatif qui ne saurait rentrer sous le chef de l’évocation associative, quoi qu’il y paraisse. De deux représentations associées à une autre, ce sera, dans certains cas, non la plus forte, mais la plus récente, qui surgira. James (I, 675) a signalé le fait. Il est difficile de se rendre compte du rôle joué dans la vie réelle par ce facteur dont l’action précise n’a guère été mise en lumière que par l’expérimentation de laboratoire (v. ch. V, § 2).
Continuons maintenant à examiner les autres facteurs qui concourent à déterminer l’évocation ; il est à noter qu’à partir d’ici nous sommes en dehors du cadre de l’association proprement dite : tous les facteurs qui vont suivre jouent en effet le rôle d’excitants externes par rapport à la pensée. Comme, cependant, leur action est impossible à écarter, et qu’elle reste le plus souvent quasi-inconsciente, nous devons brièvement les étudier :
6° Influence du milieu. — L’influence exercée par le milieu extérieur sur l’idéation a été étudiée par Flournoy (à).
Expériences de Flournoy: Une personne est chargée d’exécuter 10 dessins quelconques sur une feuille de papier, puis d’y écrire 10 mots isolés, enfin d’indiquer 5 actions exécutables dans la chambre où elle se trouve. Il s’agit ensuite de faire le départ, souvent très délicat, des idées qui ont été suggérées par le milieu et de celles provenant d’autres causes.
L’expérience a porté sur 43 sujets. L’influence du milieu a pu être nettement décelée dans 20 pour 100 des
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cas pour les actes ; dans 16 pour 100 des cas pour les dessins ; dans 37 pour 100 des cas pour les mots. Dans près de la moitié des cas des deux dernières catégories, l’origine exacte de l’évocation est restée inexpliquée.
Il en ressort que lorsqu’on a choisi un mot, qu’on croit l’avoir choisi au hasard entre mille, « en réalité on a subi un certain nombre d’iniluences inconscientes qui ont considérablement rétréci le cercle de ce choix ».
Dans cette expérience, les excitations dues au milieu ne sont pas toutes restées inconscientes, il est probable au contraire que le plus souvent elles ne l’étaient pas ; même si le sujet déclare ne pas en avoir eu conscience, il est possible qu’il les ait oubliées. A-t-on prouvé que, chez un sujet sain, une impression demeurée inconsciente peut modifier le cours des idées?
Jérusalem a rapporté l’observation d’un militaire qui, travaillant un soir dans sa chambre, pensa tout à coup à deux personnages, un mendiant conduit par une jeune fdlc. Très étonné d’abord, il finit par se rappeler qu’il avait rencontré jadis ces individus dans un certain chemin creux. Mais pourquoi donc cette idée-là lui était-elle venue ? Rien dans son entourage ne paraissait de nature à avoir pu l’évoquer. Bientôt cependant, il avisa sur la fenêtre, dans un bouquet, une fleur de Pyrola uniflora. Tout lui devint clair. La première fois qu’il avait trouvé cette plante, c’était dans ce même chemin creux. C’est donc, sans doute, sous l’excitation du parfum de cette plante, parfum dont il n’avait d’ailleurs pas eu conscience, que l’image des deux mendiants avait surgi. — Thomas a relaté une observation analogue, dans laquelle
c’est aussi une excitation olfactive, celle d’une fumée de charbon, qui joue le rôle d’inducteur inconscient.
Ces observations sont données par leurs auteurs comme exemples d’associations médiates ; mais ce n’en sont pas à proprement' parler, puisque l’élément inconscient est une excitation présente, actuelle, et qu’il n’y a que 2 termes, non 3, impliqués dans le processus.
Wundt (d) refuse d’admettre que le parfum de la Pyrola soit resté réellement inconscient ( unbemerkt ). Il s’agit là, ce me semble, d’une pure question de mots. Evidemment, la preuve de Tinconscience est impossible à faire. On pourra toujours dire qu’une impression prétendue inconsciente était bien consciente, mais pendant un temps si court, ou d’une façon si faible que le sujet n’en a pas gardé trace dans sa mémoire. Si cette question est très importante pour celui qui ne considère les faits qu’au point de vue purement mental, pour qui, par conséquent, toute action d’un fait inconscient sur un état de conscience devient une énigme indéchiffrable ' — elle importe en somme fort peu pour le partisan du parallélisme, qui trouve toujours dans la physiologie un refuge sur lorsque le terrain de la conscience offre trop de trous et de lacunes. Mais voilà que Stürring (à, 244) repousse aussi le rôle des impressions inconscientes dans la pensée, et ce, pour des raisons physiologiques : « Si le processus central qui résulte de l’impression était assez faible pour qu’aucun corrélatif psychique n’y corresponde, il serait bien étonnant que ce même processus eût des conséquences physiologiques assez fortes pour évoquer un souvenir. » Stürring pro-
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pose alors de considérer ces impressions comme « obscures » Çdunkelbewusst) ; c’est une nouvelle question de mots, et ça laisse subsister tout entière la difficulté, car on pourra se demander comment il se fait, si l’impression évocatrice est obscure, que l’image évoquée soit clairement consciente. Je tâcherai, à propos de l’association médiate, où le même problème se pose, de montrer que l’élément inconscient agit en s’ajoutant à d’autres éléments inconscients : c’est un cas de concours associatif où l’intensité évocatrice est due à la sommation des excitants, eux-mêmes trop faibles en intensité pour être conscients.
Scripture (a, 1 36) a soumis ce cas à l’expérimentation : il avait préparé des cartes portant une image, et, dans un coin, un signe peu apparent, une lettre, 4 points, etc. — Ces cartes étaient montrées au sujet pendant un
Paon
Drapeau
Nègre
un temps si court qu’il ne pouvait voir que l’image principale, sans remarquer le signe accessoire. Une fois terminée cette série de présentations, on montrait au sujet la série des signes accessoires isolés, et il fallait y associer une des images vues précédemment. Or, beaucoup plus souvent que le calcul des probabilités ne l’aurait voulu, à savoir dans 34 pour 100 des cas (prob. =20,3 pour 100) sur 172 expériences, les réponses furent justes, c’est-àdire que le signe évoqua précisément l’image à côté de laquelle il était situé.
La vie de tous les jours nous offre des exemples de Claparède.
i/association des idées
cette influence des objets présents, mais non remarqués, sur notre pensée ; c’est là l’origine* de la plupart de ces manque-à-touche que Ton commet en société, (ce que l’on appelle vulgairement « mettre les pieds dans le plat ») et qui consistent à faire une allusion qu’il ne fallait précisément pas faire : sans le vouloir, on blâme l’avarice devant quelqu’un connu pour sa rapacité, etc. On me racontait récemment que, dans un dîner au cours duquel la conversation roulait sur les nouveaux médicaments, la maîtresse de la maison s’écria tout à coup, et sans aucune raison apparente : « Quaad donc trouvera-t-on un remède pour faire repousser les cheveux ! » A peine avait-elle prononcé ces paroles qu’elle eût conscience du peu d’à-propos de son exclamation : son voisin de droite, le principal invité, était complètement chauve I
Chacun pourra récolter sans peine dans son entourage de pareilles anecdotes qui montrent bien l’influence du milieu, même « obscurément perçu », sur l’enchaînement des idées.
Les sensations cénesthésiques ou d’attitudes ont aussi un rôle, facile à remarquer, sur le sens de l’évocation. Lorsqu’on a faim, les images qui surgissent de préférence, quel que soit l’inducteur, sont celles qui ont quelque rapport avec les moyens de l’assouvir.
70 Influence du sentiment sous-jacent. — On reconnaît de plus en plus que le mouvement de la pensée est calqué sur celui de la vie affective ; ce n’est qu’une conséquence de ce fait que le sentiment joue un rôle important dans l’évocation de chaque idée. L’état affectif régnant opère une sorte de sélection des représentations qui s’harmonisent avec
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lui. On est encore loin de savoir par quel mécanisme intime s’opère cette action ; mais peu importe ici.
Il n’y a guère de représentations qui nous soient absolument indifférentes, qui ne possèdent aucuruton affectif. Il est donc naturel que, parmi toutes les images candidates à l’évocation, celles-là aient chance de triompher dont le ton affectif est identique au sentiment dominant chez le sujet, au moment considéré. Si l’on est triste, ce sont, de préférence, les idées s’accordant à cette tristesse qui surgiront ; si l’on a peur, les souvenirs terrifiants tendront à renaître ' ainsi, le poltron croit voir, le soir, des fantômes dans tous les buissons.
Ce qui complique la question, c’est que nous pouvons, semble-t-il, être animé de plusieurs sentiments à la fois, qui agissent chacun pour leur compte, comme s’ils fonctionnaient sur des plans différents : ainsi, je dois écrire une lettre, et je suis très pressé. Tous les mots qui me viendront à l’esprit seront sous la dépendance de l’émotion générale qu’est la nécessité d’écrire cette lettre ; au contraire, les rapides mouvements de ma main, la pensée d’abréger, etc., seront sous l’influence du sentiment que je suis pressé. En outre, il se pourra qu’au même moment je sois triste : nouveau sentiment qui viendra encore mettre son sceau sur les idées évoquées.
8° Idiosyncrasie d'intérêt. — Mais les sentiments sous-jacents, s’ils contribuent à préciser l’évocation, ne la déterminent pas toujours absolument (même de concert avec les facteurs associatifs). Il semble qu’il faille descendre plus bas encore, jusqu’à ce que Ribot (c, 174) appelle l’inconscient héréditaire, et l’incori-
scient personnel, ou, en d’autres mots, jusqu’à l’individüalité ; c’est elle qui est l’agent de la sélection qui se produit parmi les idées.
«L’ai eu souvent occasion, au cours d’expériences d’association, d’observer sur moi-même l’effet de cette sélection. Ainsi le mot couleur a fait surgir simultanément dans mon imagination visuelle toutes , celles de l’arc-en-ciel. Pourquoi une* seule de ces couleurs, le rouge, a-t-elle déterminé la réponse, car la constellation n’était pas plus favorable aux unes qu’aux autres ? C’est que c’est celle qui m’a le plus intéressé.
L’intérêt n’est pas seulement provoqué par l’une des images candidates à l’évocation; il peut l’être aussi par l’un des sentiments de relation existant entre ces images et l’inducteur : si par exemple le mot roi évoque simultanément monarque et sujet, ces deux idées peuvent être également indifférentes, et c’est l’un des rapports, celui de surordination, qui peut intéresser, tandis que l’autre, d’équivalence, peut ne pas attirer l’attention.
Nous touchons ici à la question de Y évocation volontaire. Si le rapport qui doit relier la réponse à la question est prévu, l’évocation est volontaire ; c’est en effet cette association-là qui est voulue, de préférence à une autre. Ainsi, si l’on me demande : quelle est la cause du gel ? et que je réponde: le froid. — De même si, pour un motif ou pour un autre, j’ai à chercher un synonyme au mot roi : parmi toutes les idées que ce terme éveille, c’est le mot monarque que je choisirai, non pas que ce vocable lui-même m’intéresse, mais parce que le rapport d’équivalence qu’il
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offre avec roi m’importe seul dans les circonstances actuelles.
Nous retrouverons ces differents cas en traitant de la forme de l’association.
90 Induit. — L’induit peut être lui-même l’objet d’un certain travail de concentration ; et il sera nécessaire d’en tenir compte, lorsqu’on cherchera à apprécier l’association formée.
§ 3. — Association médiate.
Si deux représentations A et B sont liées chacune à une troisième, G, sans avoir jamais été associées entre elles, peut-il se faire que A évoque B, par l’intermédiaire de C, mais sans que ce terme soit luimême conscient? C’est là tout le problème de l’association médiate.
Hume, d’après W. Smith, l’aurait pressenti ; c’est possible, quoique le texte invoqué du Traité de la nature humaine ne soit pas très explicite à cet égard *. Mais, longtemps auparavant, Hobbes n’a-t-il pas voulu donner un exemple de cette sorte d’association, lorsqu’il raconte qu’au milieu d’une conversation sur la guerre civile d’Angleterre, quelqu’un demande tout à coup combien valait le denier romain, et que le lien, qui nouait ces deux idées — à savoir : la guerre
1. Hume dit: « ...Nous devons considérer que deux objets sont liés ensemble dans l’imagination, non seulement lorsque l’un est ressemblant ou contigu à l’autre, ...mais encore lorsque entre les deux se trouve interposé un troisième objet qui soutient avec l’un et l’autre quelqu’une de ces relations. » ( Traité de la Nat. hum., irc part., sect. iv, p. 22, trad. Pillon.)
f/ ASSOCIATION DES IDEES
civile sous Charles Ier, Charles Ier livré par les Ecossais pour deux cent mille livres sterling, Jésus-Christ livré par Judas pour trente deniers, — que ce lien n’a pu être retrouvé qu’après un peu de réflexion P — Quoi qu’il en soit, c’est Hamilton (II, 355) qui a attiré l’attention sur l’association médiate par l’exemple suivant, devenu classique :
« Dernièrement, comme je pensais au Ben Lomond (montagne d’Ecosse), cette idée fut suivie immédiatement par l’idée du système prussien d’éducation. Or, il n’y avait pas de connexion imaginable entre ces deux idées. Un peu de réflexion, cependant, expliqua l’anomalie. Dans une dernière visite à la montagne, j’avais rencontré au sommet un gentleman allemand, et, quoique je n’eusse pas conscience des chaînons intermédiaires entre le Ben Lomond et les écoles prussiennes, ces chaînons existaient certainement. L’Allemand. — L’ Allemagne. — La Prusse. — Ces intermédiaires admis, la connexion des deux extrêmes était manifeste. »
Un tel phénomène ne peut s’expliquer, dit Hamilton, que par le principe de Y association latente. Et il se sert, pour la faire saisir, de la comparaison suivante : « Si l’on place en ligne droite un certain nombre de boules d’ivoire qui se touchent et que l’on frappe dans la direction de cette ligne la première boule de la série, le mouvement ne se divise pas entre toutes les boules..., mais l’impulsion se transmet à travers les boules intermédiaires qui restent immobiles, à la boule qui est à l’extrémité opposée de la série, et qui seule entre en mouvement. Il semble qu’il se passe quelque chose d’analogue dans la suite
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de nos pensées. Une idée en suggère média tement une autre, et cette suggestion traverse une ou plusieurs modifications qui ne se manifestent pas à la conscience. Les deux idées extrêmes correspondent ici aux deux boules dont Tune imprime et l’autre reçoit médiatement le mouvement. »
Les choses en étaient là lorsqu’en 1892, Scripture, — estimant que dans l’exemple cité par Hamilton, il n’était pas prouvé que les deux représentations soidisant associées médiatement n’aient pas été jadis simultanément présentes à la conscience, - — porta la question sur le terrain de l’expérience.
Expériences de Sripture. — - Ou présentait au sujet 2 séries de 4 couples chacune. Ces couples étaient composes, pour une des séries, d’un mot japonais (donc sans sens) écrit en lettres latines, et d’un mot écrit en caractères japonais ; pour l’autre série, d’un mot allemand, et des mêmes caractères japonais. Voici l’aspect d’une de ces séries (les caractères japonais sont remplacés par des lettres grecques) ;