IMMÉDIATE
PAS D ASSOC.
du tout :
hS
total:
Il conclut donc à la réalité de Tassociation médiate, puisque, sur i4 2 associations effectuées, il en a
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obtenu 46 indiscutablement médiates (au lieu de 35, qui aurait été le chiffre probable).
Münsterberg (IY, i) a cherché, mais en vain, à vérifier ce résultat par des expériences analogues, qui s’adressaient non seulement à la vue, mais encore à l’ouïe, à l’odorat, au tact.
Expériences de Münsterberg — I. Excitants acoustiques : Un assistant crie 5 mots au sujet ; immédiatement après chaque mot, un second assistant prononce une syllabe sans sens. — Idem pour une seconde série de 5 mots accompagnes des mêmes syllabes ; par exemple Brücke-Kun, Kaiser-pak, Eiche-sen... etc., et Katzepak, Güte-Kun... etc. — L’épreuve se fait comme dans l’expérience de Scripture.
Résultats: associations possibles... 600
(120 exp. de 10 mots chac.) — effectuées.. 2 3o
— justes 39
On voit que le nombre d’associations médiates est plus petit que celui que le calcul des probabilités per- 2 3o
mettait d’attendre, soit — — - = 46.
Münsterberg a fait deux autres séries, en remplaçant les syllabes sans sens par 5 sons musicaux différents, donnés par un tuyau d’orgue. Les nombres d’associations médiates obtenus (32 et 19) ont été cette fois un peu plus élevés que les chiffres probables (29,75 et 18).
11. Excitants olfactifs : Le son musical est remplacé par la bouffée de parfum que reçoit le sujet lorsqu’un assistant lui passe un flacon d’odeur sous le nez au moment où on lui a crié un mot. Cette série a l’avantage que la plupart des odeurs n’ont pas de noms pour les profanes et que, vu la faible aptitude des images olfac-
i/assogiation des idées
tives à la réviviscence, on n’avait pas à craindre que le chaînon médiat surgisse dans la conscience.
Résultat : 3i ass. justes (prob. = 21) sur io5 assoc. effectuées.
III. Excitants tactiles : Le sujet étendait la main, on lui touchait un des doigts en lui criant le mot.
Résultat : 19 ass. justes (prob. = 23) sur n3 assoc. effectuées.
IV. Excitants optiques : Le chaînon médiat est constitué par un carré de papier de couleur.
Résultat : 19 ass. justes (prob. = i5,6) sur 78 assoc^ effectuées.
Enfin d’autres expériences, qui se rapprochent plus du dispositif imaginé par Scripture, donnent également un résultat négatif.
Münsterberg en conclut que les résultats de Scripture doivent être erronés, soit que ce dernier n’ait pas été assez sévère dans le contrôle de ses résultats, et ait laissé passer comme justes les cas où, lors de la lecture des mots de la 2 e série, le mot de la ire se présentait à l’esprit ; — soit que les sujets aient laissé passer comme justes des cas où le chaînon médiat n’était pas inconscient.
Les expériences de Howe aboutissent au même résultat négatif. Sur 557 expériences avec excitants auditifs, 8 cas seulement d’associations à forme médiate, et sur ces 8, une seule qui soit à l’abri de la critique. — Sur 961 expériences avec excitants visuels (reproduction du dispositif de Scripture) 72 cas apparents d’associations médiates dont 1 ou 2 seulement seraient des associations médiates incontestables. Les doubles séries utilisées étaient de 6 termes chaque.
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W. G. Smitii n’a pas été plus heureux. Il a cherché à rendre sa méthode plus rigoureuse que celle de ses prédécesseurs. Ses doubles séries comptaient au total i o couples ; au lieu de provoquer ensuite les associations avec chacun des io mots présentés, il n’employait dans ce but que 3 des mots de la série. (Si Ton fait plus de 3 épreuves associatives par série il y a trop de chances, dit-il, pour que le sujet ne se borne qu’à répéter les termes évoqués auparavant, ou, ^u contraire, ne s’efforce à indiquer les termes qui n’ont pas encore été évoqués pour éviter les répétitions). Il a réparti ses expériences en 5 groupes, selon qu’elles étaient wissentlich ou unwissentlich( c’està-dire suivant que les sujets en connaissaient ou non le but), selon la durée de présentation des couples, selon que ceux-ci étaient nouveaux ou familiers aux sujets. Dans chacun de ces groupes, les associations franchement médiates n’ont guère dépassé, ont même été souvent inférieures à leur nombre probable. Si l’on prend les résultats totaux, on ne voit nulle part une prépondérance des associations médiates.
Récemment, Cordes a renouvelé la tentative d’obtenir par l’expérience des associations médiates. 11 présentait successivement au sujet une série de cartes portant des mots, et une autre portant des syllabes sans sens. Simultanément à la présentation de chaque carte, le sujet était soumis à une excitation accessoire très faible (parfum, son, piqûre, etc.), excitation quiétaitla même pour une carte de la ire série et une carte de la seconde. Les mots accompagnés d’un certain excitant allaient-ils évoquer de préférence les syllabes jointes au même excitant ? Le résultat fut absolument négatif.
l’association des idées
Dans d’autres expériences, Cordes employa un excitant accessoire intense, mais laissa écouler un long intervalle de temps entre la présentation de. la première et de la seconde série. Il obtint ainsi quelques associations d’apparence médiate, mais que l’auteur se refuse à regarder comme telles. Pour lui, l’association médiate est, comme l’association vulgaire, une chaîne à deux (et non à trois) anneaux ; ce qui la caractérise, c’est que l’induit est un complexus de représentations, dont une partie seulement est remarquée du sujet. Cordes distingue, lui aussi, unbemerkl et unbewusst, ce qui me paraît une pure question de mots. — Néanmoins, le travail de Cordes v- est des plus intéressants, grâce à l’analyse très minutieuse que l’auteur a donnée des états subjectifs des sujets.
Mais «si l’expérimentation de laboratoire s’est refusée jusqu’ici à nous montrer l’association médiate comme un fait d’observation, il est des autres cas où il semble légitime de la considérer comme une hypothèse explicative probable. C’est ainsi qu’AsciiAFFENburg (I, 2 45), au cours de son important travail sur l’association, a remarqué que la connexion entre deux idées, dont l’une avait évoqué l’autre, était parfois absolument inintelligible si l’on ne supposait pas quelque chaînon intermédiaire qui ait servi de trait d’union entre les deux. Ainsi Leibarzt (médecin d’un prince) n’a pu évoquer le mot Prophet qu’en passant par le mot Professor, resté lui-même inconscient ; poudre n’a pu évoquer Collomb qu’en passant par les mots inventer et découvrir, etc.
Féré (a 336) raconte qu’un malade souffrant de migraine avait associé l’idée de Jeanne d' Arc au mot 6is-
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, cuit : « Ce mot avait éveillé successivement l’idée d’une assiette de biscuits disposés en quadrilatères superposés, puis celle de bûcher, et enfin celle de Jeanne d’Arc. Les deux représentations intermédiaires avaient été trop faibles pour être considérées comme réelles par le sujet luimême. »
Pour ma part, je préfère encore à ces observations plus ou moins piquantes et ingénieusement interprétées, celles que l’on fait constamment sur soi-même: il sera sans doute arrivé aussi à mes lecteurs de voir surgir tout à coup dans leur conscience une idée ou une image que rien ne semble avoir préparée. L’autre jour encore, je feuilletais un ouvrage de physiologie, quand subitement je vois dans mon imagination un coin de paysage, un chalet dans un pâturage que je reconnais pour celui où j’avais passé la nuit avec des amis, lors d’une excursion en Savoie faite il y a douze ans, et à laquelle je n’avais certes pas pensé depuis des mois, sinon des années. Pourquoi cette évocation ? pourquoi ce paysage plutôt que les mille autres que j’avais contemplés à la même époque ? Je n’ai pu y trouver aucune raison. Pour ce cas, et pour les semblables, admettre une association médiate me semble le seul moyen d’échapper à fhypothèse de la « reproduction libre ».
Les phénomènes de synopsie ne sont-ils pas parfois le résultat d’une association sous-jacente, dont le chaînon médiat serait, ainsique l’a supposé Flournoy Ça, 21), un état affectif? Et, de fait, bien rares sont les personnes qui, trouvant, par exemple, quel’o est jaune , remarquent en même temps la légère émotion que leur causent cette lettre et cette image chromatique.
Glapari.de.
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N’arrive-t-il pas parfois que, pensant à quelqu’un, on voit tout à coup surgir l’image d’une autre personne ; et l’on se rend bien compte que c’est un rapport de ressemblance qui est à la base de l’association ; mais on est incapable de trouver quel est le caractère commun qui constitue la ressemblance de ces deux personnes, ou ce n’est qu’au bout de quelques instants qu’on y parvient. Si, dans une association par ressemblance de deux représentations abc et cde, le terme moyen c n’est pas aperçu, n’avons-nous pas une association médiate typique ab — (c) — de P
Mais je ne veux pas insister sur des exemples qui n’ont pas fait l’objet d’une observation rigoureuse. Je préfère, pour tâcher de sauver l’association médiate de la situation compromise où elle se trouve aujourd’hui, rappeler les faits prouvés et admis de tous d’incubation intellectuelle, de rêveries subconscientes, d’imagination subliminale (cf. Flournoy, e)qui prouvent surabondamment la possibilité d’enchaînements en dehors de la conscience.
Et toute cette modification du contenu mental, cérébral, que produit chaque nouvelle impression, la constellation, n’est-elle pas le résultat de multiples associations médiates grâce auxquelles, à chaque instant et absolument à notre insu, varie toute notre économie psychique?
Psycho-physiologiquement, d’ailleurs, le mécanisme de l’association médiate est explicable. Sans nous arrêter à la conception de Wundt (c, 36 i ; d) qui admet que, dans l’association médiate, le chaînon commun est, non pas inconscient, mais obscurément conscient, — - conception qui, à supposer qu’elle si-
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gnifie quelque chose, part évidemment d’une idée préconçue du mécanisme psychologique, — notons que Münsterberg (IY, 8) lui-même reconnaît que l’explication physiologique de la reproduction médiate (si elle était prouvée) n’offrirait pas de plus grandes difficultés que celle du phénomène de la perception ou de la mémoire.
Mais pourquoi alors les expériences de laboratoire destinées à la mettre en évidence ont-elles généralement échoué ? Si l’on se reporte aux conditions où celles-ci ont été faites, on remarque que : oü bien le temps d’exposition des couples était assez long pour que le signe commun fût bien aperçu, et alors ce signe réapparaissait au moment des épreuves d’évocation, ce qui les rendait sans valeur ; ou bien le temps d’exposition était trop court pour que le signe pût être remarqué, et, naturellement, l’expérience échouait, mais sans que cela prouve rien contre la possibilité — dans des conditions meilleures — d’une association médiate (i).
i. Il faudrait donc que les conditions d’expérience soient telles que le signe commun ait une action psychique sans avoir besoin d’être perçu, donc d’être plus ou moins remarqué. J’ai pensé que cette condition serait réalisée si cet élément commun était, non une impression sensorielle, mais une légère émotion. J’ai donc combiné une série de lettres et de chiffres écrits sur des cartes de teintes diverses, placés de travers , ou ayant certains défauts d’exécution, etc. Une seconde série de cartes répétait ces mêmes teintes ou ces mêmes défauts. Il n’y a pas de doute que chacune de ces teintes, ou de ces défauts aient provoqué chez le sujet une légère émotion, esthétique, ou de surprise, etc., qui aurait pu jouer le rôle de terme médiat. Les quelques expériences que j’ai faites jusqu’ici n’ont donné cependant que des résultats négatifs.
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Pour qu’une association médiate se produise, il faudra donc que deux représentations A et B aient été liées chacune suffisamment fortement à une troisième C, et que, au moment de la reproduction, cette dernière reste inconsciente. La première de ces conditions se réalise souvent : nous avons lié à un même mot, bis par exemple, un sens français, un sens latin et un sens allemand, sans avoir peut-être jamais remarqué la pluralité d’images rayonnant autour de ce symbole unique, et toutes fortement liées à lui. Quant à la seconde condition — l’inconscience du terme médiat, — il est assez difficile d’expliquer comment elle se réalise, et pourquoi un courant nerveux partant de A, assez puissant pour évoquer B à travers G n’est pas assez fort pour évoquer l’image G elle-même. On peut admettre cependant que les conditions physiologiques de réviviscence exigent une énergie plus grande que les conditions physiologiques d’un simple processus associateur, et que, suivant les caprices de la constellation, A et B puissent se trouver aptes à entrer dans la conscience, tandis que leur intermédiaire G en est elle-même exclue. — Il peut se faire aussi — et c’est ainsi que s’explique Faction de la constellation, — que l’évocation médiate soit le résultat du concours de plusieurs associations, chacune trop faible pour être consciente1. L’évocation médiate serait alors l’aboutissant d’un
1 . Ceci était écrit lorsqu’à paru le tome I des Grundzüge der Psychologie d’EBBiNGHAUs (Leipzig, 1902); c’est avec plaisir que j’y ai trouvé (p.609) la meme explication de l’évocation médiate que celle formulée ci-dessus.
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double système d’associations divergentes puis convergentes :