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Tout cela est encore assez peu clair, et il est difficile de savoir si l’association médiale est la raison véritable de l’évocation d’idées sans lien apparent avec celles qui occupaient l’esprit à l’instant précédent, ou s’il faut admettre en outre l’évocation libre.

§ 4. — Ordre de l’évocation.

Les images peuvent être évoquées simultanément ou successivement. Cette particularité a engagé quelques auteurs à regarder comme fondamentale la différence des associations simultanées et successives ; ainsi Wundt ; mais cet auteur (c, 333) convient luimême qu’il ne s’agit pas là d’une diversité de l’association elle-même.

On a depuis longtemps reconnu que l’ordre dans lequel les images sont reproduites ressemble à celui dans lequel les impressions ont été reçues. James Mill (I, 80) considérait comme la loi générale de l’association ce fait que « nos idées naissent ou existent dans l’ordre dans lequel les sensations dont elles sont les copies, ont existé ». ; et cet ordre, ajoute-t-il, peut être synchrone ou successif1. Liebmann (cité

i. Bourdon (a, 577) conteste cette subdivision; d’abord, pour une cjuestion de terminologie, absolument insignifiante, à

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par Trautsciioldt, 221) désigne cette loi sous le nom de Princip der identischer Reihenfolge.

En réalité, il faut dire que l’ordre d’évocation tend à être le même que celui de la présentation. De nombreux facteurs, en effet, modifient cet ordre.

11 est aisé de comprendre pourquoi des impressions expérimentées simultanément tendent à être évoquées simultanément. Les impressions appartenant à un même objet, par exemple. C’est que, dans ce cas, l’intérêt s’est porté sur leur ensemble même, et toute la force associative s’est trouvée, pour ainsi dire, uniformément répartie. Il n’y a donc pas de raison pour que, si une des portions de cet objet est représentée, l’image des autres portions ne le soit pas de même. En outre, le processus, probablement d’ordre affectif, grâce auquel une série d’impressions diverses nous sont données comme appartenant à un même tout, doit évidemment être reproduit lui-même et contribuer à rendre l’évocation simultanée.

Lorsque la présentation est successive, on peut concevoir, pour les raisons données plus haut (p. 45 et s.) et sur lesquelles il est inutile de revenir, que l’évocation soit, elle aussi, successive. Notons ici que l’évocation successive implique l’évocation simultanée : lorsque je repasse en pensée ce que j’ai fait ce matin, je vois défiler dans ma mémoire une série de

mon sens. « L’ordre synchrone, c’est-à-dire la simultanéité, n’est pas le moins du monde un ordre. » Qu’est-ce, alors? — Je ne puis comprendre la portée de la critique de Bourdon, ni sa tentative de faire rentrer la succession dans le synchronisme, ou celle de remplacer la formule de James Mill par celle-ci :

« Nos idées et nos sensations, quand elles sont semblables en qualité, le sont aussi en ordre. » (?P)

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tableaux dont chacun est lui-même l’objet d’une évocation simultanée.

Comment se fait-il alors, si l’ordre de présentation règle celui de la reproduction, que l’on puisse penser successivement aux diverses portions d’un objet qui nous ont toujours été présentées simultanément? — Comment, au contraire, pouvons-nous réunir en une seule représentation des objets que nous avons certainement perçus successivement?

Lorsque nous pouvons nous rappeler successivement les diverses parties d’un objet, c’est que, sans doute, au moment de la présentation, nous avions porté successivement notre attention sur chacune d’elles. On retombe alors sur l’explication de l’évocation successive. Si tel n’a pas été le cas, il est fort douteux que l’on puisse ensuite se remémorer successivement ces parties. Ainsi on peut connaître très intimement quelqu’un et être incapable de dire quelle est la forme de son nez, ou la couleur de ses yeux, ou la disposition de ses cheveux, etc. On peut admirer un beau tapis d’Orient, avoir à la mémoire ses couleurs vives et chatoyantes, mais être incapable de revoir en pensée les dessins de son ornementation.

Il peut arriver au contraire que des impressions reçues successivement soient l’objet d’une évocation simultanée. Souvent, les témoins appelés en justice certifient avoir vu se passer en même temps des phénomènes qui, vérification faite, n’ont eu lieu qu’à plusieurs minutes ou qu’à plusieurs heures de distance. Si nous pensons à un certain paysage admiré lors d’une excursion de montagne, il nous arrive quelquefois de réunir sur un même tableau intérieur

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l’image d’un pâturage, et celle d’une sommité apparaissant dans le lointain, qui n’était en réalité pas visible de ce pâturage-là, etc. Nous avons donc évoqué simultanément des impressions dont la présentation avait été successive. Comment cela est-il possible? Il est évident que, puisque cette substitution partielle de paysage est possible, c’est que tous les éléments formant notre tableau intérieur du pâturage n’étaient pas également associés : notre intérêt, probablement, s’était attaché aux uns plus qu’aux autres ; une portion de ce paysage s’est alors détachée du tout pour tomber dans l’oubli. Mais notre imagination ne nous permet pas de conserver une lacune dans notre champ visuel, même dans notre champ de la vision mentale. Cette lacune doit être comblée. Comment l’est-elle? Dire que nos souvenirs visuels occupent, comme nos perceptions visuelles, une certaine place plutôt qu’une autre, dans notre champ visuel, c’est assurer, en vertu du parallélisme, qu’il existe un certain processus cérébral 1 correspondant à ce phénomène de localisation externe, c’est-à-dire processus qui est le corrélatif, non du contenu de la vision mentale, mais de la disposition spatiale de ce contenu. Appelons m le processus plus spécial correspondant à la localisation dans la moitié inférieure du champ visuel, et m' celui qui est corrélatif de la localisation dans la moitié supérieure de ce champ. Reprenons notre exemple ci-dessus, et supposons,

i. Ce processus a lui-même sa source dans les impressions envoyées au cerveau par les diverses parties de la rétine, dont chacune a un signe local différent, ainsi que par les diverses impressions musculaires, variant avec la position de l’œil, etc.

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pour simplifier, que la vision de notre pâturage implique le processus m , que c’est tout le contenu de la moitié supérieure du champ visuel, se rapportant à ce paysage-là, qui a disparu. Le processus m' (dont le fonctionnement est indissolublement lié à celui de m), ayant alors ses valences libres, tendra à évoquer un des autres contenus avec lesquels il s’est trouvé en contiguïté. Mais des millions d’images différentes x, y, z... ont fait partie de notre champ visuel supérieur. Laquelle donc va être appelée à venir compléter le paysage du pâturage P Ce sont les facteurs ordinaires de l’évocation qui vont décider de la chose : la constellation, l’état affectif sous-jacent. On comprend donc que le paysage ne soit pas complété par les cinq étages supérieurs d’un immeuble locatif, ou par les tours d’une cathédrale (objets qui se sont trouvés fréquemment en relation avec la partie supérieure de notre champ visuel), mais par des images empruntées à des paysages de montagne, et tout naturellement, par une image empruntée à la même excursion et de nature à pouvoir s’adapter à la première, c’est-àdire répondant au même état affectif que la première :

Souvenirs généraux de l’excursion, sentiments, etc., communément associés à chacun des deux paysages.

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Tout le phénomène se ramène en somme à une association par ressemblance : les deux fragments de paysage ont ceci de commun qu’ils ont été vus au cours d’une même excursion, que de mêmes images, sentiments, etc., sont associés à l’un et à l’autre et qu’ils peuvent être imaginés dans un même champ visuel.

Tout ce que nous venons de dire se rapportait au sens de la vue. Les mêmes remarques peuvent être faites pour les autres sens : lorsque nous percevons plusieurs sons, ou plusieurs odeurs, etc., à la fois, bous ne pouvons les évoquer successivement que si nous avons successivement porté notre attention — lorsque c’est possible — sur chacune de ces impressions isolément.

Il est par contre fort douteux qu’un individu qui n’aurait jamais entendu que des sons successifs puisse les évoquer simultanément, et soit capable ainsi de se rendre compte de leur assonance. On peut en dire autant des goûts et des odeurs. Ces impressions ne pouvant affecter une disposition spatiale , tout changement dans leur ordination temporelle entraîne une modification qualitative.

Pour le sens du tact, la question est difficile à trancher, grâce à la difficulté que nous avons à conserver et à évoquer des images tactiles pures, n’étant pas aussitôt traduites en images visuelles. Pour le sens musculaire, il en est de même. Je ne puis, pour ma part, avoir simultanément les images musculaires (stéréoesthésiques) de plusieurs positions de mon bras.

On peut encore se demander pourquoi, une image

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étant donnée, celles qui vont être évoquées dans notre pensée ne se déroulent pas dans l’ordre inverse de celui delà présentation. Nous avons déjà envisagé plus haut (v. p. 128 et s.) cette question. Aux raisons que nous avons alors indiquées s’en ajoutent d’autres, si, au lieu de ne considérer que deux images, on en considère toute une série. Je reviens, par exemple, d’une promenade faite dans une ville inconnue, et j’essaie de la refaire en pensée : il me sera notablement plus facile d’y arriver, si je parcours mentalement les lieux dans le même sens qu’en réalité. Gela provient tout d’abord, non seulement de ce que la force associative est plus grande dans un sens que dans un autre, mais aussi de la différence qualitdtive des images et des rapports entre les objets qui s’offrent à nous, suivant que nous parcourons un chemin dans un sens ou dans un autre b En second lieu, pour repenser à l’envers une route suivie, nous devons nous représenter que notre corps est tourné dans l’autre sens que celui dans lequel il était réellement. Pour les personnes qui, lorsqu’elles pensent à une promenade faite, se représentent qu’elles sont dans leur propre corps, c’est une difficulté de plus de penser en sens rétrograde, puisqu’elles doivent encore lutter contre les associations qui ont pu se créer entre une cer-

1. D’une façon générale, le renversement d’une succession d’idées ne modifie pas seulement l’ordre de ces idées, mais modifie aussi la qualité des sentiments qui l’accompagnent : ainsi la succession des trois mots mille, cent, dix, provoque un sentiment de décroissance ; à dix, cent, mille correspond une idée de crescendo. — C’est pour une raison analogue que le renversement d’une mélodie en altère complètement la physionomie, etc.

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taine direction de leur corps et un certain aspect des divers objets qu’elles ont pu rencontrer : objets qui se trouvaient à leur droite, par exemple, et qu’elles seraient alors obligées de se représenter comme étant à leur gaucbe.

§5. — Forme de l’enchaînement.

Si l’on prie un sujet d’écrire dix mots à la suite d’un mot donné, on remarque que l’enchaînement de ces mots peut revêtir divers types. Tantôt le fil des idées est continu, chaque mot étant évoqué par le précédent ; tantôt c’est le test donné qui joue le rôle d’inducteur pour toute la durée de l’expérience ; tantôt on obtient des formes intermédiaires, la chaîne formée est plus ou moins continue ou ramifiée. On a ainsi un type en série, un type en étoile, un type mixte, un type en Y, etc.

Voici quelques exemples de ces divers types d’enchaînement, que j’emprunte à des documents inédits, datant de 1892, et recueillis par M. le Prof. Flournoy, au laboratoire de Genève ; les chiffres surmontant chaque mot indiquent l’ordre dans lequel ils sont venus sous la plume :

Bleu - ciel - oiseau - hirondelle - vol

noir - pie - fruit - pomme - poire - etc.

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Chapeau

— rond i

— feutre 2

— plume 3

— multicolore

— bec 8

— aile 9

— pattes 10

— modiste 4

— aigrette 5

— oiseau 6 —

— étoile 1

— lune 2

— Dieu 3

— air 4

oiseau 5

Ces exemples, qu’il est inutile de multiplier ici, laissent bien voir Faction de la constellation, de l’intérêt surtout, sur l’enchaînement des idées. On ne peut dire, d’après les documents que j’ai sous les yeux, si chacun de ces types répond à un type psychologique individuel déterminé : une même personne peut présenter chacun des types d’enchaînement ci-dessus énumérés. C’est, sans doute, du degré d’intérêt que possède chacun des mots que dépend la forme de l’enchaînement : lorsque le test est très intéressant, il reste fixé dans l’esprit et influe d’une façon constante sur les évocations subséquentes.

Aschaffenburg (I, 258) a remarqué de son côté ces différences dans la façon d’écrire des associations suivies ; il pense qu’elles tiennent à des différences individuelles.

Bornons-nous à noter, en attendant que cette question soit étudiée à nouveau, que l’association est incapable à elle seule de rendre compte de la forme de

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l’enchaînement même le plus simple des idées. Nous ignorons, il est vrai, la nature de ce processus d’ « intérêt », grâce auquel l’influence d’une représentation reste prépondérante et domine ou dirige les variations du contenu mental. Mais nous en savons assez pour comprendre qu’il s’agit là d’un phénomène étranger au processus associatif proprement dit et qui le dépasse.

§ 6. — L’évocation implique-t-elle l’association ? — Représentations libres.

A plusieurs reprises nous avons remarqué que l’association n’était parfois pas capable de rendre compte de l'évocation ; mais nous avons toujours supposé que l’association était un facteur indispensable à cette dernière. En est-il réellement ainsi ?

A propos de l’association médiate, nous avons mentionné certains cas, familiers à tous, où une image surgit brusquement dans notre esprit, sans qu’il nous soit possible de trouver une cause à cette production soudaine. On invoque alors quelque association médiate ; parfois, on parvient à justifier rétrospectivement cette supposition ; mais souvent aussi, on ne peut y réussir. L’association médiate n’est alors qu’une hypothèse, en face de laquelle se dresse une autre hypothèse non moins légitime, celle de Y évocation libre : une représentation peut être évoquée dans la conscience autrement que par une autre représentation.

IIerbart avait bien remarqué l’existence de ces

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représentations survenant sans causes clairement déterminables (frei steigende Vorstellungen ) et il en explique ingénieusement F apparition : chaque représentation a une tendance propre à surgir, aussi surgit-elle dès qu’elle n’est plus inhibée par une autre plus forte qu’elle. La reproduction libre est la conséquence d’un acte négatif : la suppression d’un obstacle. Ainsi s’explique, d’après lui, la renaissance des pensées au moment où l’on sort du sommeil. Malheureusement, il est diffïicile de comprendre d’où les représentations tiennent cette « tendance à surgir ».

Il faut d’abord s’entendre sur ce terme d’évocation libre ou spontanée : cela ne veut pas dire que cette évocation soit sans cause, mais que cette cause est en dehors de l’association. Il s’est produit en faveur de la doctrine de l’association une sorte d’emballement qui a empêché de considérer sous toutes leurs faces les problèmes connexes. Est-il bien certain que toute évocation soit le résultat du jeu d’associations, c’est-àdire de processus impliquant le fait que l’induit et l’inducteur ont satisfait antérieurement à la loi de simultanéité subjective ? 11 faut reconnaître que non.

Külpe (19 1) est le premier parmi les psychop,hysiologistes qui ait franchement formulé ce doute. D’après lui, la théorie de l’association ne rend pas compte de l’apparition des représentations libres ; — elle n’explique pas non plus que des perceptions absolument nouvelles puissent évoquer des idées associées, puisque ces perceptions, étant nouvelles, n’ont jamais pu exister préalablement dans la conscience avec les idées qu’elles évoquent aujourd’hui : ainsi,

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toute nuance évoque en nous'un nom de couleur, ou tout au moins le mot « couleur » ; mais il est certain que nous n’avons pas expérimenté toute la série infinie des nuances possibles. De même, nous n’avons pas expérimenté la quantité infinie des intensités, des grandeurs spatiales d’une même perception. Comment donc, par exemple, la vue de ce signe A, qui est peut-être le premier que nous voyons de cette forme et de cette grandeur, évoque-t-il en nous l’idée de la lettre a ? — Ces derniers faits ne constituent pas, ainsi que Külpe le reconnaît lui-même (si jene me trompe), un argument contre l’association, car ils peuvent être expliqués par elle : ces impressions qui varient en intensité, en grandeur, en nuances, ont cependant quelque chose de commun, leur forme, ou le sentiment auquel ils sont liés (Y. plus haut, p. 61) et peuvent donc être ramenés à la contiguïté. Mais il n’en est pas de même pour les représentations libres, qui restent pour le moment inexpliquées par l’association, ou qui ne peuvent l’être qu’au prix d’une hypothèse.

Il est intéressant de noter ici qu’un psychologue contemporain, Sollier(io7, 1 1 1) — qu’on n’accusera pas d’être un métaphysicien, puisqu’il s’efforce de réduire la question de la mémoire à un problème de psycho-mécanique, presque de psycho-électricité — en arrive aussi à concevoir la possibilité de « l’évocation de souvenirs n’ayant entre eux aucun lien d’association, soit de ressemblance, soit de contiguïté dans le temps ou dans l’espace ». Cet auteur se base précisément sur la brusque apparition de certains souvenirs, surtout dans des états pathologiques.

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Dans ces cas « l’évocation des souvenirs ne tient pas tant à la mise en jeu d’un état moléculaire déterminé qu’à la quantité de potentiel dont disposent à un mo ment donné les centres cérébraux », c’est-à-dire qu’un état dynamique cérébral dont le potentiel correspond à celui d’états moléculaires anciens produit l’évocation des représentations correspondant à ces états moléculaires. SolLier considère aussi comme « évocation potentielle » celle qui est due à des états émotionnels.

Rappelons encore le cas des réponses fausses qui se présentent si fréquemment dans les expériences d’association. On a présenté au sujet, par exemple, des syllabes et des nombres qu’il devait associer. On lui montre ensuite une de ces syllabes : elle évoque le souvenir d’un nombre qui n’est pas un de ceux qui ont été présentés. Pourquoi ce nombre nouveau P Les lois qui ont présidé à cette modification du souvenir peuvent-elles être uniquement ramenées à l’association, même à la constellation? Et l’évocation elle-même de ce nombre nouveau par une syllabe avec laquelle il ne s’est jamais trouvé en contiguïté, peut-elle être scientifiquement ramenée à l’association? Tout ce que celle-ci explique, me semble-t-il, ,c’est que le sujet, lorsqu’on lui présente une de ces syllabes, réponde par un nombre — puisque l’idée d’un nombre a été associée à chacune de ces syllabes — plutôt que par toute autre chose, mais l'association n’explique pas pourquoi c’est ce nombre fantaisiste, plutôt que tout autre, qui surgit dans la conscience *.

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