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Ass. internes. .
— externes. .
— verbal, (rimes,
assonances, etc.).
ii,4
Il résulte de tout cela que, sous l’influence de l’ai-
l’association des idées
cool, les mots s’enchaînent plus rapidement, mais que la valeur de ce qu’ils expriment est moindre : multa, sednon multuml L’action de ce toxique éclaire d’un jour lumineux le mécanisme de l’incontinence verbale des aliénés ou de certains cérébraux, qui arvent à s’exprimer avec une grande volubilité, mais sans qu’il soit possible de rien tirer de leur torrent de paroles.
Nous voici donc bien loin de l’opinion vulgaire d’après laquelle l’alcool enrichirait les idées, ferait naître l’inspiration. Si, dans certains cas, il ne paraît pas douteux que des écrivains (Hoffmann, Edgar Poe 4) ont puisé dans le vin ou l’alcool leur originalité, c’est que ces toxiques ont agi sur la qualité ou la vivacité des images (hallucinations), non sur leur enchaînement à proprement parler, ou, s’ils ont donné à celui-ci un tour particulier, c’est en exaspérant l’émotivité, non en facilitant le travail cérébral. Tout au plus pourrait-on admettre que certains poëtes ont pu trouver une collaboratrice efficace dans l’ivresse, qui aurait pu exalter chez eux la fonction mécanique, base du rythme et de la rime.
Le thé et la caféine. — Les premières études sur l’action de ces substances sur l’association sont dues à Deiiio, élève de Kraepelin. Les doses employées étaient io grammes de thé, que l’on faisait infuser 5 minutes (ou osr,5o de caféine, en injection sous-cutanée), et les expériences commençaient immédiatement après leur absorption. Mais cet auteur n’a pas recherché la qualité des associations; Kraepelin (c 118) a fait de nouvelles
i. Cf. Arvède Barine. Névrosés. Paris, 1898.
FORMES DE l’aSSOCIATION
expériences dans ce but. Il a trouvé que, tandis que, chez son sujet, le chiffre normal d 'associations externes était de 36,7 pour 100, ce nombre tombait, sous l’inlluence du thé, à 36,2 pour 100 (en moyenne). Il n’est guère possible d’argumenter sur une si petite différence.
Si maintenant l'on compare le pour 100 des associations externes des associations nouvelles, on trouve :
Séries normales. . 42,2 pour 100 assoc. externes.
Séries avec thé. . 27,3 pour 100 —
Ces chiffres sont bien différents de ceux que Ton avait obtenus avec l’alcool. Les associations verbales et par assonance sont aussi notablement moins nombreuses.
Notons encore que le thé paraît faciliter la perception des impressions sensorielles, c’est-à-dire dans certaine' mesure, révocation simultanée.
Autres médicaments. — Haenel a cherché Faction du trional sur la forme associative ; son étude très consciencieuse aboutit à un résultat négatif. Le trional, qui agit sur la fonction du calcul, de la lecture, etc., ne semble pas avoir d’influence sur le processus d’association.
L'opium trouble surtout l’activité volontaire ; il paraît faciliter la perception (Kraepelin).
§ 7. — États pathologiques.
On ignore encore la cause exacte de la plupart des maladies mentales; il est probable, cependant, que l’épuisement des éléments nerveux, l’altération de leur nutrition, leur intoxication joue un rôle important dans la pathogénie de ces affections. Il est
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donc à supposer que certains états pathologiques du cerveau auront sur l’association les mêmes effets que la fatigue ou les divers toxiques.
Il a été très peu expérimenté jusqu’ici sur les malades et les aliénés en particulier, en raison des difficultés pratiques [de ces recherches et du temps qu’il faut avoir devant soi pour les mener à bien, mais, dans beaucoup de cas, il n’est pas besoin d’expériences délicates pour reconnaître la tendance qu’ont les aliénés de certaines catégories à parler par rimes, par assonances. Cette tendance est caractéristique de la logorrhée. Elle se manifeste à un très haut degré dans les psychoses par épuisement (Erschôpfungspsychosen de Kraepelin = confusion mentale primitive, et délire du collapsus) et Aschaffenburg (a II, 80) rapproche ces cas des effets produits par l’épuisement. L’hyperexcitabilité des centres moteurs contribue encore à renforcer ces effets i.
Dans la manie , la tendance aux associations par rimes est bien connue. On rencontre aussi chez les maniaques des associations difficiles à expliquer; ainsi Sommer (377) a remarqué chez un de ces malades soumis à des expériences méthodiques la présence de certaines associations dont les termes sont des représentations éloignées, c’est-à-dire qui n’ont
1 . Cf. par exemple ces vers d’un délirant vaniteux du Dr Regnard ( Maladies épidémiques de l’ esprit, cité par Paulhan, 6, 21) :
Magnan ! à mon souhait, médecin Magnanime,
Adore de mon sort la force qui... t’anime.
Admirant son beau crâne... autre renard de Phèdre,
Nargue Legrand du Saulle et sois un Grand du Cèdre.
que rarement l’occasion de se trouver en contiguïté, comme bleu-œuf de Pâques, amer-minéral, etc. Sommer ne se prononce pas, d’ailleurs, sur la cause du mécanisme de ces associations qu’il appelle « par bond )> (sprunghaft) . Cet exemple nous montre que la valeur intellectuelle d’une association ne dépend pas toujours de la rareté ou de l’originalité du rapprochement accompli.
Dans Y imbécillité , on trouve aussi une tendance à l’association par rime : « Il y a mille ans que le monde est monde, Milan, la cathédrale de Milan », disait un dégénéré imbécile observé par le Dr Ballet1. Max Nord au a écrit quelques pages amusantes où il dénonce, dans les œuvres littéraires de divers auteurs contemporains, des enchaînements d’idées qui ne reposent que sur l’assonance, et qui seraient par conséquent un signe intellectuel de dégénérescence2.
Mlle Walitzkaia, en 1889, s’était proposée de déterminer la forme associative chez divers aliénés. Son travail, intéressant comme étant le premier sur cette délicate matière, n’a pas apporté de résultats décisifs.
Jusqu’ici, donc, les résultats obtenus sont à peu près nuis, et cela vient peut-être de ce qu’il est impossible de comparer les observations d’un auteur avec celles d’un autre auteur, tant les méthodes em-