MOYENNE
Aucune réaction
Réactions diverses. .
Ass. d’après le son. .
— qualitatives
— d’activité
— d’objets
Le mot-réponse a été, chez cette malade, beaucoup plus souvent un adjectif (327 fois) qu’un substantif (119 fois) ou qu’un verbe (66 fois). L’influence grammaticale n’a donc joué ici qu’un rôle effacé, puisque les tests comprenaient 2 fois plus de substantifs que d’adjectifs. Il est difficile de dire à quoi tient cette particularité. Il est probable que ce qui désigne ou représente une qualité intéresse plus la malade que ce qui désigne un objet ou une abstraction ; c’est pour cette raison, sans doute, que les as-
sociations sont meilleures lorsque l’inducteur exprime une qualité (est un adjectif).
Sommer a encore noté chez cette même malade une tendance à l’association par contraste (clair-foncé, dur-mou), et à l’association par ressemblance (solidedur, chaud-brûlant). Il me semble difficile d’assurer qu’il ne s’agisse pas là de simple contiguïté.
Enfin, on a remarqué une amélioration de la qualité associative par l’exercice.
Il n’entre pas dans le cadre de cette étude de passer en revue les autres cas cliniques que Sommer a étudiés par le moyen de l’association, mais il est intéressant de signaler ses conclusions sur la méthode qu’il emploie. Cet auteur (36 1) pense que l’on peut d’ores et déjà assurer que « cette méthode permet de pénétrer profondément dans la symptomatologie et le diagnostic différentiel » de diverses formes d’aliénation mentale, notamment de l’imbécillité. Appliquée à un cas d’épilepsie, elle montre, par exemple, que la plupart des associations sont égocentriques , c’està-dire rapportées au moi, ce qui peut éclairer le diagnostic ou indiquer l’intensité de ce sentiment égocentrique :
Maladie. — J’en ai déjà eu dans ma vie.
Grime. — Je n’en ai jamais commis, je ne connais pas.
Bonheur. — Je m’en souhaite..., etc.
Les associations des catatoniques se distingueront par le fait qu’au milieu d’un grand nombre d’associations à formes normales, surgit une réponse bizarre. Ainsi : clair-bleu.; foncé-vert ; blanc-brun ; noir — bonjour, Wilhelm ; rouge-brun, etc. (Som*-
256 l’association des idées
mer, 362). On aurait là un élément de diagnostic avec la manie.
Répétitions et stéréotypie. — Aschaffenburg avait remarqué que la répétition, au cours des expériences, du même mot, comme réponse à des tests différents, ainsi que la répétition du mot-inducteur n’était pas un résultat de la fatigue normale, mais était un signe pathologique. Sommer est du même avis ; il a trouvé ces phénomènes de répétition à un degré notable chez un dément épileptique, ainsi que dans un cas de manie et d’imbécillité catatonique, etc. Au cours de diverses expériences sur un maniaque, ce même auteur a constaté que la fréquence des phénomènes de répétition est en raison inverse de celle des associations par assonances : au fur et à mesure que la maladie évolue, les associations par rime diminuent, tandis que les phénomènes de répétition augmentent. Sommer (387) explique la chose ainsi : le phénomène de la répétition résulte d’un processus d’inhibition, qui met un obstacle au passage rapide d’une idée à une autre. Lorsque ce phénomène augmente parallèlement à la diminution des associations par assonance, c’est donc un signe que l’équilibre cérébral est en train de se rétablir, et que la maladie marche à sa guérison. — Je reproduis cette explication comme un exemple intéressant des inductions physiologiques et cliniques pouvant être fondées sur la psychologie. Le professeur de Giessen pense que l’expérimentation psychologique permettra de suivre la marche de l’état psychopathique, comme la percussion permet de suivre la résorption d’un exsudât pleurétique.
U absence de réponse (le défaut d’association), si elle est fréquente, indique un état pathologique, notamment un appauvrissement de rimagination. Aschaffenburg (ail, 54) a remarqué aussi que la fréquence des associations par assonance était en raison inverse de celle de l’absence de réponse et de la stéréo typie. Ces dernières seraient un signe de neurasthénie, d’épuisement chronique, l’association par assonance se rencontrerait surtout dans le surmenage aigu.
Nous ne pouvons conclure ce chapitre autrement qu’en attirant l’attention sur la méthode de Sommer, et sur les résultats qu’elle promet à ceux qui l’emploieront consciencieusement et judicieusement. Elle a le grand avantage de fournir certains résultats sans impliquer une classification préalable des réponses. Une des difficultés de l’expérimentation chez les aliénés sera cependant la détermination du sentiment de valeur qu’ils attachent à leurs associations; et, . nous l’avons vu, la présence ou l’absence de ce sentiment est une donnée plus importante pour la psychologie que celle de la forme logique, intrinsèque, de l’association elle-même.