NOMBRE
DES RÉPÉTITIONS pour
la savoir par cœur.
ÉCONOMIE DE RÉPÉTITIONS pour la réapprendre après a4 heures.
ÉCONOMIE EN o/o sur la peine prise par la
première étude.
Les chiffres ci-dessus montrent que plus les séries apprises sont longues, plus est grande, relativement, leur ftjfce de cohésion, En d’autres termes, si nous désignons par 100 la force associative des séries au moment où le sujet les sait par cœur, cette force sera, 24 heures après = 33/ 100 pour la série de 12 syllabes, 48/ 100 pour la série de 24 syllabes, et 58/ 100 pour la série de 36 syllabes: plus aura été grand le nombre de répétitions nécessaires pour appren-
dre par cœur une série, plus sera grande, 24 heures après, la quantité relative de force conservée, sans que, cependant, cette proportion de force conservée croisse aussi vite que. le nombre des répétitions (o,33, o,48 et o,58 forment une série moins rapidement progressive que 1 6, 44 et 55) \
Miss Calkins a déterminé par quelques chiffres l’influence de la répétition sur l’association des couples couleur-nombre dont nous avons parlé précédemment : elle composait des séries dans le genre de celle-ci.
Gris-29 ; bleu-82 ; violet-61 ; rouge-23 ; violet-12; paon-79; violet-12; groseille-47 ; violet-12; brun clair- 53; gris foncé-34; gris clair-72.
On voit que, dans cette série, le couple violet-12 est répété 3 fois; dans d’autres séries analogues, la répétition n’avait lieu que 2 fois. Résultats :
Pourcentage des as soc.
retenues
Dans de plus récentes expériences (h, 5o), le même auteur a noté un pourcentage de 80 pour 100 associations retenues après 3 répétitions dans les couples auditifs (ass. retenue après 1 répét. = 4o pour 100).
1. Th. L. Smitii a remarqué que, lorsqu’on prie un certain nombre de personnes d’apprendre mentalement une série de
10 syllabes dans un temps donné, 20 secondes par exemple, certains sujets ne lisent les syllabes qu’une seule fois, d’autres plusieurs fois; or, plus le nombre de lectures mentales est faible,
mieux sont retenues les séries. — Ce fait, qui paraît contredire les conclusions ci-dessus, prouve simplement que la force d’attention est un facteur capable de contrebalancer le nombre des répétitions.
après 1 répétition 26 pour 100.
l’association des idées
Si on compare ces résultats à ceux cTEbbinghaus, on voit que, bien que les conditions d’expériences soient très différentes, ils les confirment, puisque, en gros, un nombre de répétitions 3 fois plus grand augmente de 2 à 3 fois environ le nombre des associations retenues. Il est douteux, cependant, que le procédé de Calkins mesure la force associative conservée au bout d’un certain temps. Il montre plutôt combien de fois cette force est restée suffisante pour la reproduction, mais ne dit rien pour les cas où la force, trop diminuée pour être reproductive, a conservé cependant une certaine valeur. C’est pour cela, sans doute, que ses résultats sont moins favorables que ceux d’EBBiNGiiAus à l’influence de la fréquence des présentations.
Signalons, en passant, quelques expériences de Hawkins, d’après lesquelles des séries de chiffres lues à des élèves étaient mieux retenues par ceux-ci après une seule lecture qu’après deux, mais moins bien retenues ] qu’après 3 lectures. Résultat bizarre qui demande confirmation.
Les plus récentes et les plus importantes recherches sur le sujet qui nous occupe sont celles de Müller et Pilzecker, entreprises au laboratoire de Gôttingue. On reste émerveillé devant la somme de patience et de persévérance qu’implique l’œuvre de G.-E. Müller : mais comme le but de ces expériences était plutôt de déterminer le rapport entre la vitesse de reproduction et la force d’association (qu’il faisait varier en modifiant le nombre de répétitions), elles auront leur place marquée dans un prochain paragraphe.
§ 4. — Répartition des présentations.
Lorsqu’on doit remplir un réservoir de i ooo litres destiné à fournir une certaine force de pression, peu importe qu’on y fasse arriver toute l’eau dans la même minute, ou que l’on n’y verse que ioo litres chaque jour pendant io jours consécutifs. Le temps, comme tel, ne fera rien à l’affaire, sauf peut-être de permettre une évaporation plus forte lorsque le réservoir met io jours à se remplir.
En est-il de même pour l’association ? Le temps employé à la consolider permet-il à d’autres facteurs de faire sentir leur action ? Et, si oui, ceux-ci agissent-ils sur elle dans le même sens que l’évaporation sur l’eau de notre réservoir ? Nous verrons qu’il n’en est rien.
Gomme la répétition, c’est-à-dire l’espacement des présentations, fait intervenir le temps dans le phénomène, il est indispensable de se rendre compte, préalablement, du rôle que joue ce facteur, lorsqu’il est seul sur la scène. Avant d’étudier l’influence de l’espacement des répétitions sur l’accroissement de la force associative, voyons quelle est Yin- Jlaence de la durée sur la déperdition de cette force.
C’est encore Ebbinghaus qui a fait les premières déterminations précises. De ses expériences sur l’influence du nombre des répétitions, il était ressorti que 24 heures après qu’une série de -syllabes a été apprise par cœur , les associations ont conservé 1 /3 de leur force. Mais il fallait savoir comment se comportait, au bout d’un temps plus long, cette déperdition.
Ayant appris 8 séries de i3 syllabes, Ebbinghaus détermina, par la méthode d’économie, la force de l’association au bout de 20 minutes. — Des expériences analogues lui permirent d’évaluer cette force après les espaces de temps suivants : 1 heure, 9 heures, 1 jour, 2, 5 et 3i jours. 11 arriva aux résultats suivants :
20 minutes l\2 pour 100.
1 heure 56 —
1 jour
Fc
per
* due
apres
On retrouve dans ces chiffres la confirmation de ce fait que, au bout de 24 heures, les associations ont perdu 2/3 de leur force ; ils nous montrent encore que l’oubli, ou plutôt la diminution de la force, va d’abord très vite, puis de plus en plus lentement.
Le temps agit sur la mémoire à peu près de la même façon que l’éponge sur l’encre renversée sur un tapis : quand la tache est toute fraîche, les premiers coups d’éponge en enlèvent une proportion respectable. Mais, peu à peu, l’encre est imbibée, et, à la fin, elle défie tout nettoyage, c’est comme si elle avait fait corps avec le tissu.
Il semble de même que, à mesure qu’elles deviennent plus anciennes, les connexions — ou plutôt les résidus non évaporés de ces connexions — deviennent plus résistantes et se laissent moins entamer. Les choses se passent comme si une certaine quantité de la force associative se fixait, s’organisait de façon à se conserver presque intacte.
Une telle constatation permet d’expliquer les phénomènes suivants assez bizarres :
Il ne semble pas que la force des associations d’une série de syllabes réapprise par cœur pour la seconde fois doive être plus grande que la force des associations de cette même série, lorsqu’elle était apprise pour la première fois. Dans les deux cas, la force était juste ce qu’il fallait pour permettre la récitation sans faute ; donc, semble-t-il, dans les deux cas la force devait être égale (cf. fig. 2). Il n’en est rien cependant, ainsi que le prouve l’expérience suivante :
Ebbinghaus apprit par cœur 9 séries de 1 2 syllabes ; 3 séries de 24 syllabes ; 2 séries de 36 syllabes. Il déterminait, par la méthode d’économie, la force associative de ces mêmes séries les 2e, 3e, 4e, 5e et 6e jours qui suivaient ; c’est-à-dire que chaque série était, chaque jour, réapprise par cœur. Voici les résultats obtenus qui indiquent le nombre de répétitions nécessaires pour réapprendre par cœur ou, en d’autres termes, le décroissement de la force :
SÉRIES de :
1 2 syllabes.
1er JOUR
2e JOUR
3e JOUR