‹ L'association des idéesChapitre 9 sur 83 · SÉRIES C SÉRIES V · texte numérisé non relu

SÉRIES C SÉRIES V

(A. . 6,5 5,5 répét. pour app. par cœur.

A priori, il semblerait que les résultats dussent être égaux dans les deux cas, ou même que l’avan- Ê tage dût être au cumul des répétitions. Désignons, en effet, par 1 la force acquise par 10 présentations.

Soit i/x, ce qui reste de cette force après 24 heures, | au moment de la seconde répétition. Le 3e jour, le résidu du ier jour a encore diminué (soit y cette diminution), et la force du second jour est tombée à i/x. Le 4e jour, le résidu du ior jour a diminué d’une quantité y' et le résidu du 2e jour d’une quantité y.

Le total des forces restantes au 4e jour sera donc :

1lx~ (y + y')+ilx— y+i/x=3lx— (ay+/).

D’autre part, la force acquise par les 3o répétitions cumulées de la série G peut être désignée par 3 (puisque la force est proportionnelle au nombre des répétitions). Ce qui restera de cette force après 24 heures sera donc )> 3/as (puisque nous avons vu que

plus est grand le nombre des répétitions, plus est grande, 24 heures après, la proportion de force conservée) et a fortiori 3x — (2 y -f - y'). — Il sem-

ble donc que le cumul devrait favoriser la conservation de la force.

Gomment donc interpréter le résultat de Jost? Essayons de représenter par une nouvelle figure ce qui se passe en réalité (nous supposerons, pour sim-

Fig. I j . — 10 représente la force associative obtenue par io présentations; H'a serait la force regagnée par les io présentations du second jour si la force latente du Ier jour n’augmentait pas d’une quantité q ressuscitée par les présentations du second jour ; lia (= li a -J- q) est cette force du second jour; elle tombe, au IIIe jour, en d\ mais on voit que la quantité de force restante dO est supérieure à la force restante de 11 O, soitcO(H"0 représente la force acquise par 20 répétitions cumulées). La quantité de = q — y.

plifier, que la dispersion ne porte que sur 2 jours,

L A SSOCIATION DES IDEES

to4

et que le cumul n’atteint que le double des répétitions dispersées) :

Nous sommes obligés d’admettre que chaque nouvelle répétition n’a pas seulement pour effet d’additionner la force restante aO d’une certaine quantité de force nouvelle IF a, mais encore d’augmenter cette force restante d’une certaine quantité q^> y, de telle sorte que la décroissance y de la force entre 2 journées de répétitions soit non seulement compensée, mais encore surcompensée par les effets dynamogéniques des nouvelles répétitions (Y. fig. 4).

Physiologiquement, la chose peut s’interpréter aisément : la seconde présentation, arrivant 1 jour après la première, c’est-à-dire au moment où les associations de celle-ci sont en plein travail d’organisation et de fixation, peut avoir sur ce travail intime des effets excellents, stimulation, etc. ; de même la présentation du 3e jour. Cette cause de renforcement de l’association fait au contraire défaut dans les présentations cumulées.

Jost a confirmé ses résultats par d’autres expériences diversement combinées, qui l’ont toutes amené à ces conclusions :

i° La force associative augmente avec i espacement des présentations ;

20 Lorsque deux associations sont de force égale,

1 . On pourrait objecter que les résultats défavorables obtenus avec la série à cumul sont dus à la fatigue qu’ont dû entraîner 3o répétitions successives. Jost (442) a écarté cette objection par de nouvelles expériences, disposées de telle sorte que la fatigue ne pût agir, et qui ont donné des résultats aussi nets que les premières.

mais que l’une est plus ancienne que Vautre, une nouvelle répétition renforce plus l’association la plus ancienne que Vautre.

Miss Lottie Steffens est arrivée aux mêmes conclusions. La méthode d’économie lui a montré que la force associative était mieux conservée lorsque les 6 lectures d’une série de syllabes étaient réparties à intervalles égaux que lorsqu’elles étaient accumulées en 2 ou en un seul groupe, avec pauses subséquentes 2 ou 3 fois plus grandes que dans le premier cas. — Larguier des bancels, dans des expériences toutes récentes, a obtenu des résultats analogues.

Signalons encore un groupe d’expériences faites par Jost. Deux séries Rt et R2 sont lues 3o fois chacune. Le jour suivant, on examine la force associative de R! avec la méthode d’économie, et celle de R2 avec la méthode des associations ; en outre, ce même jour, le sujet lit deux nouvelles séries R3 et R4 , 4 fois chacune, et, une minute après, on fait pour R3 l’épreuve d’économie, et pour R4 l’épreuve d’association.

Or, la méthode d’économie montre que c’est la force de la série ancienne qui est le mieux conservée, tandis que la méthode des associations montre, au contraire, que c’est la force de la série récente qui a le moins baissé. Cela confirme donc le résultat, énoncé plus haut, qu’une nouvelle répétition a plus d’importance pour les séries anciennes. — Jost (463) pense que ces expériences révèlent deux fonctions différentes de la mémoire : la tendance à la reproduction et la tendance au renforcement de l’association. C’est pos-

l’association des idées

jo6

sible ; mais, dans le cas particulier, les choses s’expliquent, me semble-t-il, sans cette hypothèse : Jost faisait étudier ses séries avec le rythme trochaïque. Les syllabes d’une même mesure, soit i et 2, 3 et 4, etc., étaient donc beaucoup plus fortement associées (v. plus loin), que les syllabes appartenant à deux mesures différentes, 2 et 3, par exemple. Rien d’étonnant que la méthode des associations justes, qui ne s’adressait qu’à ces associations fortes, ait donné de meilleurs résultats lorsque la série n’avait été répétée que 4 fois, et que, par suite, les associations entre mesures différentes, auxquelles s’adresse aussi la méthode d’économie, avaient à peine eu le temps de se former. Dans les séries anciennes, au contraire, les associations indirectes ayant eu le temps de bien s’organiser, on comprend que la mise en jeu des associations fortes n’ait pas autant prévalu. — Autre raison : la force des associations fortes décroît plus vite que celle des associations faibles (Steffens). La méthode des associations justes ne s’adressant qu’aux associations fortes devait donc avoir, pour les séries anciennes, des résultats moins bons que la méthode d’économie, qui tient compte aussi des associations faibles.

Bien des expériences sont encore à faire dans ce domaine, pour que l’on puisse se rendre compte de tous les facteurs qui interviennent. La fatigue doit aussi être rendue responsable de l’infériorité des sériescumul ; elle est sans doute un agent qui, à un moment donné, vient contrecarrer l’action des répétitions b

1. S’il en est ainsi, nous touchons du doigt une erreur d’in-

§ 5. — Nombre des liens contractés.

Si un état de conscience A est associé à la fois à d’autres états B, G et D, trop faiblement pour que chacun d’eux soit capable de donner lieu à une évocation, ils pourront cependant, s’ils sont mis en jeu tous les trois ensemble, reproduire A, ce qu’aucun n’aurait peut-être pu faire isolément ( association convergente) .

On s’est demandé si, lorsqu’une image est associée simultanément à des images d’une autre nature sensorielle, la force associative totale en est renforcée. La chose n’est pas évidente a priori. Il pourrait y avoir un antagonisme entre les divers sens qui nuirait à la totalisation des forces associatives. Les expériences de Münsterberg (c) ont montré cependant que, lorsque les mémoires visuelle et auditive agissent simultanément sur un même couple, son association est renforcée :

Expériences. — On présentait au sujet des chiffres

terprétation que Ton est tenté de commettre : on part de l’hypothèse que la force créée par 20 répétitions est le double de celle créée par 10 répétitions ; mais il se pourrait très bien qu’une partie de l’action des 20 répétitions fut employée à combattre la fatigue naissante, et fût ainsi perdue pour le renforcement de la connexion. — Miss Steffens a montré, par exemple, que, si un sujet a lu une strophe 6 fois et une autre strophe 3 fois, il aura proportionnellement plus oublié la première que la seconde, et elle en conclut que la « valeur d’épargne » [la force conservée] de la plus forte de 2 associations tombe plus rapidement que celle de la plus faible. Mais il n’est pas certain que 6 lectures aient créé en réalité une force double de celle produite par 3 lectures.

l’association des idées

écrits chacun sur un carré de papier, ou divers Carrés de couleur, formant une série. Tantôt ces séries étaient montrées au sujet, tantôt on les lui lisait (en nommant les chiffres ou les couleurs), tantôt enfin on les lui montrait et on les lui nommait à la fois. Dans ce dernier cas, les séries étaient beaucoup mieux retenues, ce dont on s’assurait en priant le sujet de reconstituer, au moyen de carrés analogues, les séries qu’on lui avait présentées.

Page 1