LES CONDITIONS DE L ASSOCIATION
avancer des hypothèses de ce genre, se borne à l'explication suivante : soient a, h, c, trois cellules ganglionnaires (correspondant à trois images-souvenirs) cjui sont réunies entre elles par de nombreuses fibres. « Chaque fois que a et h sont excités simultanément a lieu une irradiation de l'excitation dans les voies partant de a et de 6. Cette irradiation est apparemment particulièrement intense dans le trajet ah, qui relie ah. 6. » La conséquence en sera une certaine modification de la constitution intime de ces trajets, et, par suite, une diminution de résistance dans les conductions subséquentes.
Nous pouvons maintenant répondre à cette question : sur quoi repose le mécanisme de l'association ? C'est sur la contiguïté — non pas la contiguïté dans le temps, qui ne constitue que la condition extrinsèque delà ctéation d'une liaison, mais la contiguïté entre les représentations elles-mêmes, contiguïté qui est leur liaison. Voici donc la loi de contiguïté en tant qu'elle exprime une loi de mécanisme :
Pour s'évoquer l'un l'autre, autrement dit, pour être associés^ deux faits de conscience — ou mieux, deux processus nerveux — doivent être, au moins en partie, contigus l'un à Vautre.
C'est presque une vérité de La Palisse, ou, pour parler plus philosophiquement, une tautologie, car cela revient à dire que, pour être associés, deux phénomènes doivent être liés entre eux. Et cette tautologie ne pouvait être évitée, car dans l'impossibilité où nous sommes de regarder directement dans le cerveau pour voir ce qui s'y passe, incapables par conséquent d'enrichir notre hypothèse de faits d'observation, nous ne pouvons en tirer que ce que nous
l'associatioin des idées
y avons mis, à savoir l'idée d'association, de liaison, de contiguïté — et donc en aucun cas celle de ressemblance ou de contraste.
La discussion qui a précédé n'aura cependant pas été inutile, car elle a montré dans quel sens cette hypothèse pouvait et devait être interprétée : non seulement une contiguïté physiologique n'est pas logiquement contradictoire, et peut fort bien être induite, d'après ce que l'on sait des phénomènes physiques en général, mais elle est la seule explication pouvant traduire exactement l'hypothèse que l'on avait forgée pour interpréter les faits d'observation interne (à savoir que les idées s'évoquent) — c'està-dire qu'elle est la seule explication qui réponde à la question soulevée, la seule explication qui explique.
Il y avait là, ce me semble, un point de méthodologie important à mettre en relief, étant donnée la persistance de quelques auteurs à maintenir comme explicative l'association par ressemblance.
Mais alors, comment la contiguïté rend-elle compte de celle-ci ?
Deux cas doivent être examinés : i° celui où la ressemblance peut se ramener à une identité partielle ; 2° celui où la ressemblance est purement qualitative.
i'' Lorsque tel sommet des Alpes valaisannes me fait penser à quelque sommité du Tyrol, comment expliquer cette évocation par une contiguïté préalable, puisque je n'ai jamais eu ces deux montagnes présentes à la fois à la conscience ?
Remarquons d'abord que, puisque ces deux som-
LES CONDITIONS DE l'aSSOCIATION 67
mets se ressemblent, ils doivent avoir quelque qualité commune — même couleur de névés ou de pâturages, -même forme élancée, etc. — ou doivent éveiller un même sentiment (esthétique, etc.) — sinon ils ne se ressembleraient pas. Soit ABCD l'image d'une de ces montagnes, DX\Z, celle de l'autre ; elles ont au moins un élément commun, D. C'est à sa présence que sera due la transition de l'une à l'autre :
ABCD— XYZ
Or D est directement perçu ; il n'est pas luimême amené par association ; mais il est aussi associé aux éléments XYZ avec lesquels il s'est trouvé jadis en simultanéité subjective, et cette association est nécessairement une contiguïté. La seule chose dont on ait à rendre compte, à savoir la possibilité du passage entre D, présent, et XYZ, absent, est donc expliqué par la contiguïté. (La question de savoii' pourquoi, de toutes les représentations qui contiennent D, c'est DXYZ qui est évoquée par ABCD, et non telle autre DMNQ, n'a rien à faire ici et concerne le problème de l'évocation).
Il est évident que plus l'identité partielle sera considérable entre deux représentations (ainsi ABCD et ABCX), moins sera grande la part revenant à l'association par rapport à celle incombant à l'identification. C'est le cas, par exemple, d'un portrait faisant penser à l'original : il ne s'agit pas d'une identification complète — puisque, en fait, nous ne croyons pas voir la personne elle-même — mais d'une iden-
tification partielle, avec évocation de traits divers non représentés sur le tableau \
Notons toutefois que, dans certains cas, on trouve que deux paysages, deux figures se ressemblent, sans pouvoir découvrir quels sont les éléments communs auxquels est due cette ressemblance. Mais il faut bien qu'ils existent, sans quoi cette ressemblance serait sans cause (et il arrive souvent qu'on les découvre au bout d'un certain temps). Cependant, comme leur existence peut n'être pas consciente, ceux qui tiennent à ne classer les associations que d'après les données de l'introspection ont le droit de faire rentrer ces cas sous la rubrique de la similarité.
2° Yoici un cas plus embarrassant pour les partisans de la contiguïté : deux représentations peuvent s'évoquer bien qu'elles n'aient entre elles qu'une ressemblance qualitative, c'est-à-dire ne pouvant pas être ramenée à une identité partielle. Un fragment de papier rouge fait surgir dans ma mémoire le souvenir d'un meuble recouvert d'une étoffe rouge; or, après comparaison, je trouve que les deux nuances diffèrent notablement. ABC a évoqué A'YZ. Mais A et A' n'ont pu donner lieu à une identification puisqu'ils sont qualitativement différents. Il faut donc admettre que A a évoqué A' par ressemblance, car, disent les partisans de la ressemblance, on ne peut croire que toutes les teintes et nuances sembla-
I. Cf. Delbœuf (906): (( On ne peut nier que le portrait ne rappelle l'original. Mais il rappelle non les traits qu'il retrace, mais précisément ceux qu'il ne retrace pas. «
LES COADITIONS DE l'aSSOCTATION Bq
bles aient jamais été perçues simultanément, et par conséquent puissent être associées par contiguïté.
On pourrait discuter sur ce point ; on pourrait contester cette prétention que les diverses teintes n'ont pu être perçues simultanément : — sans parler de Farc-en-ciel, le lac, la mer, les nuages, une forêt, Taurore, ne nous fournissent-ils pas des gammes infinies de bleus, de gris, de verts, de roses ? — on pourrait soutenir que de telles associations entre teintes ont lieu par l'intermédiaire d'un même nom de couleur, embrassant plusieurs teintes différentes ; mais ce seraient de piètres moyens de discussion. Il vaudrait déjà mieux expliquer la chose par la présence d'un ton affectif, qui serait le même pour des teintes ou des nuances voisines, et qui leur servirait de trait d'union (c'est fort possible qu'il en soit ainsi).
■ Mais il est préférable encore d'avouer que, comme nous l'avons déjà dit plus haut, il n'est psychologiquement pas possible de ramener ces cas à la contiguïté ; au point de vue de l'introspection, il semblera toujours que c'est la ressemblance c[ui est la cause de l'éveil de l'un par l'autre.
Au point de vue physiologique, au contraire, la réduction à la contiguïté peut fort bien être tentée. Il n'y a aucune raison pour que ce qui paraît irréductiblement différent à notre conscience ait pour corrélatif des processus irréductibles au point de vue physiologique. Les nuances voisines ont en effet pour conditions physiques, objectives, des phénomènes très semblables en nombre ou forme de vibrations, action phofochimique,etc., et il est parfaitement com-
préhensible que les modifications moléculaires cérébrales dues à l'action des uns favorisent l'action des autres (quoiqu'un peu différents) et, par suite, permettent la création de , certaines voies contiguës entre les éléments nerveux corrélatifs de sensations voisines.
Souvent aussi, deux teintes différentes, un beau rouge et un beau bleu, par exemple, se ressemblent par leur degré de saturation, ou par leur intensité, etc. Ici déjà, nous distinguons l'élément commun, qui est précisément ce fait de conscience que nous appelons saturation ou intensité, et qui, objectivement parlant, peut correspondre à quelque processus physiologique commun.
Tout ce qui vient d'être dit peut s'appliquer, naturellement, aux représentations des autres sens, à l'ouïe surtout.
Il se présente encore un autre cas d'association par ressemblance : nous reconnaissons un ami d'après sa photographie, bien que son corps n'ait que quelques centimètres de haut ; — un enfant, qui a appris l'alphabet sur un certain livre, pourra sans difficulté nommer les lettres imprimées sur un autre livre, en caractère de grandeur et de formes différentes ; comment se peut-il donc que, s'il a créé une association entre le signe visuel A et le son a, le signe différent .4 puisse évoquer aussi le son a — nous avons entendu au théâtre une mélodie chantée par une actrice ; et voilà que, en entendant plus tard cette mélodie chantée sur un autre ton, cela évoque l'image de l'actrice; ce n'était pourtant pas avec cette sensation auditive-là que la perception de ses traits s'était
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trouvée en simultanéité subjective; — nous appelons correctement triangle un triangle que nous voyons pour la première fois. On pourrait multiplier à l'infini les exemples de cas où une impression évoque une image avec laquelle elle n'a jamais coexisté, simplement parce qu'elle ressemble comme forme ou comme rythme, etc., à une autre impression associée avec ladite image, mais sans qu'il soit possible de ramener cette ressemblance à une identité partielle : superposées l'une à l'autre, les perceptions ne coïncideraient en rien.
Est-il bien certain, cependant, qu'il n'y ait rien d'identique dans deux triangles différents, dans un paysage et sa photographie, dans deux mêmes mélodies distantes d'une octave, etc.? KiiLPE (218) pense avec raison que les termes différents de chacun de ces couples ont cependant ceci de commun qu'ils sont accompagnés du même sentiment, et que c'est celui-ci qui sert de trait d'union de l'un à l'autre. Lorsque nous percevons une figure quelconque ou une série de bruits se succédant, à côté des sensations brutes que nous procurent les excitations tombant sur nos sens, il y a encore un élément psychique qui s'ajoute à elle : c'est la perception de leur ordination, de leur forme*, de leurs rapports, de leur rythme, du sens de leurs variations, etc. Or, si cette ordination, ces rapports restent proportionnellement
I. Ce que l'école autrichienne appelle la Gestaltqualitàt (Ehrenfels, Meinong, Viertelj. fur wiss. Phil., 1888- 1890), qu'on pourrait traduire par perception ou sentiment des relations formelles.
Glaparède. 4
les mêmes, comme dans les figures ci-clessoiis, et bien
que la grandeur (ou la hauteur) absolue diffère, il n'y a pas de raison pour que Télément psychique qui leur correspond ne reste pas le même.
Nous venons de montrer que, au point de vue physiologique et explicatif, tout au moins, Tassociation par ressemblance pouvait être ramenée au mécanisme de la contiguïté. Il n'en est pas moins vrai que, au point de vue formel, et bien que Ton rencontre de Tune à Fautre tous les degrés de transition, ces deux genres d'association présentent une différence dont il est très commode de tenir compte en pratique ; — c'est ce que nous ferons.
D'où vient que, si ces deux sortes d'associations ont le même mécanisme, elles paraissent si différentes à l'introspection? C'est que, dit Wlindt (c, 344), dans les associations par ressemblance, ce sont les identifications (^GleichheitsverhiiiduiKjcii) tandis que, dans les associations par contiguïté, ce sont les contiguïtés qui dominent. Mais ce n'est pas tout à fait exact. Lorsqu'un tableau ABC me fait penser à la salle d'exposition DEF où je Fai vu pour la première fois, l'association implique Fidentification de tous les éléments ABC dudit tableau. Au contraire, si, voyant celui-ci, je me mets à songer à un plat d'épinards, soit CX\, c'est seulement un des éléments du tableau, C, à savoir sa qualité de vert,
LES COINDITIONS DE l'aSSOCIATION
dont ridenlification est nécessaire ponr passer à l'idée du plat d'épinards.
Il vaudrait mieux dire que, dans Tassociation par ressemblance, nous sommes conscients de l'élément identique, parce que c'est celui qui nous intéresse et qui attire notre attention. Nous remarquons alors que cet élément fait partie de chacune des deux représentations consécutives, et nous avons le sentiment de leur ressemblance.
§ 6. — Y a-t-il une association par contraste ?
Dès Aristote, on a reconnu qu'une sensation, un sentiment, une idée, pouvait évoquer son contraire ; et personne ne l'a jamais nié. Mais ce contraste, que l'on remarque entre l'inducteur et l'induit, est-il la cause de cette évocation? et, si oui, cette cause peutelle être conçue comme un principe d'association ? c'est ce qu'il nous faut examiner.
Tout d'abord, cela a-t-il un sens de parler d' « association par contraste » ? Qu'entendre sous ces vocables ? Quelle image se faire d'un mécanisme agissant « par contraste » ? J'avoue que, pour ma part, il m'est impossible de répondre à ces dernières i questions. Or, le seul but de la notion d'association \ étant de faire comprendre le fait empirique de la ! suggestion d'une idée par une autre, à quoi peut | bien servir un principe qui reste lettre morte pour | notre compréhension ? ;
Remarquons, avant d'aller plus loin, que nous \ aurions pu nous dispenser de traiter cette question, 5
l'assoctatio>' des idées
en nous référant à ce principe démontré plus haut que les rapports aperçus entre les choses associées ne peuvent pas être cause de leur association. Cette échappatoire, bien que légitime, nous priverait cependant de quelques éclaircissements nécessaires, car, si le contraste est étranger à Tassociation, il ne l'est peut-être pas à telle succession de nos pensées.
HuiME, nous l'avons vu, n'avait pas regardé le contraste comme un des principes de connexion des idées, et, depuis, la plupart des auteurs l'ont négligé ; mais quelques-uns lui ont fait jouer un rôle important (Herbart, Paulhan, etc.),. ou l'ont cité pour mémoire, sans savoir très bien comment le prendre (Offiser, 5i3).
Examinons comment quelques auteurs ont envisagé cette loi de contraste.
Le contraste est un des grands principes de la psychologie de Herbart; le grand principe, pourrait-on même dire, puisque, selon ce philosophe, les représentations n'agissent l'une sur l'autre que si elles sont opposées Çentgegengesetzt) : « Les représentations deviennent des forces lorsqu'elles se résistent mutuellement. Cela arrive, lorsque plusieurs représentations opposées se rencontrent». Ainsi débute le i^"" chapitre du Lehrbuch ziir Psychologie. Toutes les représentations contraires tendent à s'inhiber mutuellement ; la victoire est à la plus forte, ou aux plus fortes, car plusieurs représentations non opposées peuvent s'allier pour lutter contre l'inhibition (Hemmung) . Tant qu'une représentation n'est pas inhibée par une autre, elle reste au-dessus du seuil de la conscience. Le moindre changement dans la pensée implique donc le rôle de l'inhibition, et, à fortiori, du contraste, dont elle est la conséquence. — Mais, à supposer
LES CONDITIONS DE l'aSSOCIATION
même que les choses se passent ainsi, peut-on vraiment considérer ce principe de contraste comme un principe d' « association » ? Herbart, d'ailleurs, l'a lui-même désigné comme une loi de reproduction, non d'association, et c'est par abus de langage, sans doute, que des disciples du maître, comme Lindner, par exemple, en font une des lois de la liaison des idées. Ce dernier auteur est d'ailleurs assez confus ; qu'on en juge par la citation suivante. Les lois de la reproduction sont au nombre de quatre: ressemblance, contraste, simultanéité, succession. Voici ce qu'il dit de la loi de contraste (Geselz des Gegensatzes) : « Les représentations contraires s'inhibent mutuellement. Les réprésentations contraires (conlrastierende Vorstellungen) sont celles qui sont semblables et opposées, et chez lesquelles le contraste prédomine sur la similarité. Le contraste n'est qu'un cas spécial de la ressemblance. Il n'y a ici de particulier que la façon dont les contraires s'exhaussent et se font ressortir mutuellement, ce qui est dû à ce qu'une représentation soutenue par ses aides ressort d'autant plus que les contraires cherchent à affaiblir son degré de clarté. Ainsi un mendiant parait encore plus misérable si on lui oppose un Grésus. »
Sans nous arrêter à ces dernières lignes, qui ne contiennent qu'une explication bien obscure de ce fait psychologique que les contraires se servent mutuellement de repoussoir, nous voyons qu'on cherche à assimiler le contraste à la ressemblance, pour n'en faire qu'un cas particulier de celle-ci. C'est de cette manière, en effet, que la plupart des psychologues contemporains ont cru pouvoir se tirer d'embarras (Drobish, Bain, Lipps, James, WUNDT, ZiEHEN, FoUILLÉE, Ctc).
Cette réduction du contraste à la ressemblance estelle légitime ?
« C'est une vieille maxime, dil Bain (^53), que les contraires ont une nature commime. Où rien n'est commun, il ne peut y avoir opposition. Nous opposons une route longue à une courte, nous n'opposons pas une route longue à un son bruyant. Nous mettons en contraste le blanc et le noir, parce qu'il y a entre le blanc et le noir une ressemblance générique ; ce sont l'un et l'autre des couleurs, des modifications de lumière. C'est ainsi que lorsqu'une qualité est présente à l'esprit, la qualité opposée n'est jamais éloignée, puisque ce n'est qu'une autre espèce du même genre d'objet... La suggestion du contraste est un cas de la loi de similarité. » Lipps (a 97) tient le même langage; le contraste implique la possibilité d'une comparaison, donc un certain degré de ressemblance.
Rien n'est plus vrai. Mais cela n'explique rien. Si le blanc fait penser au noir, parce qu'il a ceci de commun avec le noir qu'il est une couleur, nous retombons sur la ressemblance, et alors pourquoi ne fait-il pas aussi bien penser au jaune ou au bleu, qui lui ressemblent encore plus que le noir?^
Ensuite, à supposer que la ressemblance impliquée dans le contraste soit bien la raison de l'association, le constater, c'est nier l'action spécifique du contraste. HoRwicz l'avait déjà remarqué. Deux faits contraires sont deux faits qui se ressemblent à un certain point
I. On pourrait dire, et ce serait mieux, que le blanc' et le noir ont ceci de commun qu'ils sont situes cliacim à mie des extrémités de l'échelle des clartés. Ce caractère « d'être un extrême » pourrait fort bien être le chaînon qui les unit. Mais alors nous retombons sur le cas de l'association par ressemblance.
LES CONDITIONS DE l' ASSOCIATION 67
de vue et diffèrent à un autre. Si la similarité est la cause de l'association, quelle part revient à ce par quoi ils diffèrent, c est-à-dire justement à cela qui fait qu'ils sont contraires, et non semblables ? Aucune. En un mot, prétendre que deux faits contraires s'associent parce qu'ils se ressemblent, c'est dire qu'ils s'associent malgré leur contraste. Le contraste lui-même est banni de l'explication.
On a aussi considéré les associations par contraste comme de simples liaisons par contiguïté. Bain (453) a écrit là-dessus quelques lignes excellentes : le plus grand nombre des idées contrastantes, « par l'effet de leur proximité qui résulte nécessairement de la nature de la connaissance, sont d'habitude accouplés dans le langage vulgaire ; il en résulte que nous acquérons une tendance à passer de l'une à l'autre par pure routine, comme si nous complétions une formule banale. Tout le monde a dans la mémoire de ces couples associés tels que blanc et noir, haut et bas, dessus et dessous, grand et petit, épais et mince, faible et fort, jeune et vieux, riche et pauvre, vie et mort, peine et plaisir, vrai et faux ; quand un membre du couple se présente, l'autre est prêt à se montrer. Parmi nos acquisitions que nous devons à la contiguïté, il y a un très grand nombre de ces couples. Ce fait seul suffirait à donner aux qualités opposées le pouvoir de se suggérer mutuellement. »
Cette façon de faire est aussi une négation du pouvoir associatif du contraste comme tel, mais cette négation est évidemment légitime. Dans le cas de r « association par contraste », comme dans les autres, c'est la contiguïté qui est la raison du méca-
nisme cérébral et on peut le plus souvent affirmer cette contiguïté sans passer par la ressemblance, en remarquant que tous les contraires nous ont été présentés, au moins une fois, simultanément, et que l'association s'est créée selon la loi de simultanéité subjective. Que l'on prenne dans les longues listes de mots induits que nous procure l'expérimentation de laboratoire ceux qui forment avec le mot inducteur un rapport de contraste, et l'on verra que, sans peine, on peut retrouver l'origine de leur accouplement dans l'habitude, dans l'éducation. Quand nous étions enfants, à l'école, on nous a toujours présenté simultanément les mots et les choses contradictoires. Cette opposition perpétuelle a créé entre les choses opposées des rapports de contiguïté.
Conclusion, l'association par contraste n'existe pas : i*^ parce que l'expérience permet de ramener toute association prétendue telle à un mécanisme de contiguïté (ou de ressemblance), — 2'' et cette raison suffirait seule, parce qu'il est impossible de comprendre comment la raison de l'union de deux choses peut être leur opposition ; la preuve en est que l'on a toujours été obligé d'expliquer la loi de contraste elle-même par la ressemblance, c'est-à-dire de nier précisément la vertu associative du contraste.
Mais si, abandonnant le concept d'association, nous considérons les choses d'un point de vue plus élevé, nous ne pouvons nier que le contraste entre deux idées puisse être la cause de leur succession. Il y a deux façons — dont une seule est légitime — de se représenter ce processus.
On pourrait tout d'abord s'imaginer que l'état de
LES CONDITIONS DE l'aSSOCIATION
fatigue dans lequel se trouve un élément nerveux qui a fonctionné quelques instants correspond à une modification telle de son chimisme, qu'il devienne le corrélatif d'une nouvelle qualité de conscience. Ainsi, les cellules du centre visuel dont l'activité est corrélative de l'état de conscience blanc deviendraient, lorsqu'elles seraient épuisées, corrélatives de la sensation noir ; celles corrélatives du doux en se modifiant auraient Marner pour concomitant, etc. Bref, un phénomène analogue à celui qui se passe lors du con-/^, traste successif des couleurs. Mais dans ce dernienj | p cas, il ne peut être question association ] celle-câ^ n'a de raison d'être invoquée que si l'image induite v n'est pas le résultat d'une excitation actuellement ^--^^YE présente. Or, dans le cas du contraste successif des couleurs, chaque modification de l'état de conscience correspond à une excitation réelle (permutations chimiques rétiniennes) de l'organe sensoriel périphérique. Aussi est-on profondément étonné de voir Paulhan (6365) prendre le contraste successif des couleurs comme un cas « d'association par contraste » ^ ! !
Mais on pourrait objecter que le siège physiologique de ces phénomènes de contraste peut être non la rétine, mais le cerveau lui-même ; que G. -H. Meyer (cité par James) assurait qu'il pouvait penser assez fortement à une couleur pour avoir ensuite, lorsqu'il ouvrait les yeux, une image consécutive ; que Binet et Féré ont observé que, chez les hystériques. Vidée
I. Le même auteur (63 17) avait aussi considéré comme tel le contraste simultané des couleurs ; je n'ai pu parvenir à comprendre ce qu'il voulait dire par là.
-yO l'aSSOCI VTION DES IDÉES
persistante d'une couleur brillante développe une image consécutive de couleur complémentaire ; — que, par conséquent, il y a phénomènes de contraste sans excitations rétiniennes, et que le contraste est donc la cause de la succession des phénomènes. — Soit, mais il faut savoir de quoi Ton parle ; s'il s'agit du processus physiologique envisagé comme cause, il n'y a aucune raison pour considérer que l'état chimique du repos est, au point de vue objectif, le contraire de l'état chimique de la fatigue ; s'il s'agit des phénomènes conscients, inducteurs et induits, ils ne sont pas davantage contraires : le rouge est-il le contraire du vert, ou le bleu, celui du jaune ? pour le physicien, oui ; pour la conscience, nullement. — Enfin, si contraste il y a, il n'est nullement la cause, puisqu'il est Feffet du phénomène; et ce phénomène ne peut nullement s'appeler une « association w. Tout ce que ces faits prouvent, c'est que l'association n'explique pas toutes les successions d'idées, notamment celles qui relèvent de la loi de fatigue.
Il y a cependant une autre façon de se représenter le mécanisme de la succession par contraste : les oscillations, au lieu d'avoir pour siège les cellules cérébrales, se passent au sein de la vie affective : la succession d'idées contrastantes est due à une succession de seniiments contrastants qui en sont comme le support. — Quant à ces oscillations affectives, elles s'expliquent aisément par la loi de fatigue, par la loi du rythme, qui régit toute la vie'. — Ilornvicz (323),
I. Cf. Gley, Essais (le philosophie el d'histoire de In biologie^ 1900, 67.
LES CONDITIONS DE l'aSSOGIATION 7I
HôFFDiNG («21 3) ont bien vu la chose, ainsi que Fouillée (I, 222).
Mais on ne peut insister ici sur ce mode de succession, le seul dû réellement au contraste ; il tient à la constitution même de notre être. Il suffisait de montrer qu'il n'a rien à faire avec 1' <( association ».
§ 7. — Anatomie de l'association.
Quelles sont les conditions anatomiques de l'association ? On l'ignore encore. Aussi serons-nous très bref sur toutes les conjectures qui se sont donné libre carrière à ce sujet. Il faut cependant indiquer où en sont les recherches positives effectuées dans ce domaine.
Dès le milieu du siècle qui vient de s'achever, les liistologistes avaient reconnu que les cellules nerveuses qui entrent dans la composition de la moelle et du cerveau émettaient des prolongements dont les ramifications s'anastomosaient entre elles et avec les fibrilles semblables des cellules voisines, de façon à former un réseau continu (GERLicn, en 187 1). — La découverte d'un nouveau procédé technique, par GoLGi, en 1876, fit entrer cette question dans une nouvelle phase : on trouva que les prolongements protoplasmiques ne s'anastomosent jamaiis, mais s'intriquent seulement en un feutrage de fibrilles n'ayant entre elles que des rapports de contiguïté, non de continuité : la théorie du réseau de Gerlach avait vécu ; on lui substitua celle du neurone. Chaque cellule nerveuse avec toutes ses ramifications et son
cylindre-axe est considérée comme une unité histogénique, histologique et physiologique ; cette unité est le neurone. Le système nerveux tout entier, — outre un tissu de soutènement, la névroglie, composé de cellules en forme d'araignées — est constitué par une multitude de neurones dont les ramifications sont en contiguïté.
C'est sur ce point de contact des neurones que s'est concentrée toute l'attention des neurologues ; c'est lui qui a excité leur sagacité, et qui a fourni matière à leurs théories anatomiques des processus psychiques. Rabl Rugrardt, par exemple, pensait que la mobilité des idées tient à la rupture ou à la ressoudure du prolongement protoplasmique en ce point, modifications qui se feraient par un mouvement amœboïde du prolongement protoplasmique. L'expression imagée de fil rompu des idées ne serait donc pas une métaphore.
La découverte de la simple contiguïté des neurones permit de tenter une explication plus élégante encore de l'idéation : il n'y avait plus même besoin, cette fois, d'admettre une rupture et une soudure des prolongements cellulaires ; il suffisait de supposer que le contact s'opère ou cesse sous l'influence de leurs mouvements amœboïdes (Lépine, Du val), ou que la fibre nerveuse s'allonge au fur et à mesure que le courant la traverse (Tanzi), ou encore que ce sont les cellules névrogliques qui sont douées de mobilité ; en rétractant leurs bras ou en les étendant entre les fibrilles des neurones, elles favoriseraient ou empêcheraient le contact de ces fibrilles (Cajal), etc.
On a cherché à expliquer ainsi les phénomènes
LES CONDITIONS DE l'aSSOCIATION 7 3
principaux de la vie mentale : le sommeil, par une rétraction générale de tous les prolongements, ce qui abolirait toute pensée ; Fobsession, par le passage du courant d'une façon trop durable ; la torpeur de la pensée, par un étalement trop grand des cellules araignées ; la méditation, par la rupture des contacts avec la périphérie ; la diversité des associations d'idées, parla diversité possible des prolongements en contact, etc., etc.
Malheureusement, rien de tout cela n'a pu être empiriquement prouvé, et ces théories ne sont qu'une traduction, en langage histologique, des faits psychologiques déjà connus. L'amœboïsme des éléments nerveux n'est pas même certain, les faits qui avaient semblé en démontrer la réalité ont été peut-être l'objet d'une erreur d'interprétation (Stefanovn^sra).
D'ailleurs, la question vient d'entrer dans une troisième phase : divers observateurs (Apathy, Bethe), par des procédés nouveaux, ont réussi à montrer que le système nerveux était constitué par des fibrilles continues sur tout leur parcours : en sorte qu'on est en train d'abandonner la théorie du simple contact, qui avait si fort stimulé l'imagination des psychoanatomistes, et que l'on croyait doublement prouvée. La question de savoir si le corps cellulaire du neurone est bien son centre fonctionnel, ou s'il n'a sur le réseau qu'une influence simplement trophique est encore aujourd'hui l'objet de vives discussions.
La psychologie n'a qu'à attendre que les anatomistes soient d'accord ; il lui est d'ailleurs à peu près indifférent que ce soit la contiguïté, ou la continuité des neurones qui reste victorieuse, c'est là son moin- Glaparède. 5
dre souci, et Fassociation saura toujours s'expliquer de l'une ou de l'autre façon. Ce n'est pas là que gît la difficulté.
La difficulté, en effet, est de savoir quel parti tirer de la connaissance de ce réseau fibrillaire. Celui-ci, tout en ayant l'avantage de fournir à la théorie de l'association un substratum anatomique certain, est en même temps pour elle la source de nombreux points d'interrogation. — Tout d'abord, à quel fait psychique correspond le fonctionnement de la cellule nerveuse ? — Si c'est à la sensation simple, par exemple, comment celle-ci peut-elle contracter un nombre presque infini d'associations avec diverses autres impressions, tandis que le nombre des ramifications du neurone est évidemment limité ? — Qu'arrive-t-il lorsqu'une cellule a épuisé ses valences (si j'ose emprunter ce terme à la chimie atomique) et qu'elle est obligée, de par la loi de simultanéité subjective, de se créer de nouvelles liaisons ? — Et surtout, comment se fait-il, lorsque j'associe, par exemple, une certaine couleur à un certain son, que les deux cellules intéressées puissent arriver à entrer en contact surtout si celles-ci sont situées chacune à un bout opposé du cerveau * ? — Et si la contiguïté entre l'une et l'autre s'opère à distance, à travers tous les
I. Cette question avait déjà tracassé Ch. Bonnet; c'est principalement pour expliquer la possibilité de liaisons entre les fibres de tous les sens, qu'il admettait l'existence d'un lieu déterminé, siège du sensorium commune, siège de l'âme, oii toutes ces fibres convergeaient, et pouvaient par conséquent sans difïiculté contracter des liaisons entre elles (Bonnet, Lettre à Malacarne, œuvres, t. IX, p. 92.)
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autres neurones qui les séparent, comment se fait-il que ces neurones interposés ne se trouvent pas, ipso facto, faire partie de la combinaison associative ? — On comprendrait à la rigueur que, chez l'enfant, au fur et à mesure de l'expérience sensible, les neurones poussent leurs prolongements, en vertu de quelque loi dynamique, précisément dans la direction de ceux qui sont excités simultanément. Mais, chez l'adulte, lorsque tout le stock des cellules est définitivement constitué, comment se créent les associations nouvelles ?
SoLLiER (70) reconnaît aussi l'impossibilité où nous sommes de comprendre comment nous pouvons, par exemple, former une association entre l'image V d'une note de musique et le son A, dont elle est le symbole. Les nombreuses voies d'association connues sont insutïisantes pour l'expliquer : il ne paraît donc pas possible d'admettre qu'une connexion anatomique ait pu s'établir entre les deux groupes de cellules V et A. On peut au contraire supposer que ce ne sont pas seulement les cellules V et A qui sont impressionnées, mais aussi tout le centre visuel et tout le centre auditif. Or, comme ces deux centres sont en connexion anatomique, l'association peut se comprendre. « Seulement, dans cet enseniblc, c'est l'état d'activité des groupes V et A qui l'emporte, qui est le plus conscient et paraît ainsi former seul le souvenir.»— Malheureusement cette hypothèse en entraîne une autre, à savoir que ce n'est plus à un groupe de cellules que correspond l'image, mais à tout le centre spécial dont elles font partie. Et Sollier est obligé, pour justifier cette seconde supposition, de considérer chac|ue image comme correspondant non à certains éléments nerveux déterminés, mais à un « état dynamique » de cette
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région du cerveau. C'est très possible qu'il en soit ainsi, mais alors le problème perd en clarté ce qu'il gagne en tournure scientifique, et nous risquons de nous payer de mots .
Toutes ces tentatives d'interprétation impliquent l'aveu de notre ignorance. Cette constatation nous permet donc de ne prêter qu'une attention très furtive à la théorie des centres d'association :
En 1881, Flechsig, au moyen d'une méthode nouvelle, assurait avoir découvert que l'écorce cérébrale se subdivise en territoires nettement distincts au point de vue anatomique : les unes, au nombre de quatre, ne comprennent presque que des fibres de projection (c'est-à-dire se rendant à la périphérie ou en venant), tandis que les autres, au nombre de trois — Flechsig en compte aujourd'hui une quarantaine — • ne contiendraient que des fibres d'association, à l'exclusion complète de fibres de projection : il appelle ceux-ci centres d'association, par opposition aux premiers, ou centres de projection. Les trois grands centres d'association (frontal, occipito-temporal et pariétal), occupent la plus grande partie de l'écorce cérébrale ; ceux de projection (sphères tactiles, visuelle, auditive, olfactive et gustative) sont limités au pourtour du sillon de Rolando, au cunéus, à l'insula et à la circonvolution de l'hippocampe.
Les territoires d'association seraient en relation avec les zones sensorielles, dont ils centraliseraient, en quelque sorte, l'activité ; ils seraient ainsi « d'une haute importance pour l'exercice des activités intellectuelles, pour la formation des images mentales composées de plusieurs qualités sensorielles )> ; « leurs
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cellules ganglionnaires seraient les organes centraux de l'association des idées » (Flechsig, a, 60) ; on pourrait les considérer comme les centres des souvenirs par opposition aux centres de perception.
Les idées de l'anatomiste de Leipzig, d'abord admises par un certain nombre d'auteurs (Edinger, V. Gehuchten, Ziehen), furent bientôt combattues par d'autres (Kôlliker, Dejerine, Vogt, Monarow, Hitzig), au nom de l'observation anatomique ellemême. Il semble définitivement reconnu que les différences de structure que Flechsig avait cru constater ne sont pas aussi fondamentales qu'il l'avait prétendu : toutes les parties de l'écorce du cerveau possèdent des fibres de projection.
D'ailleurs, la découverte de Flechsig eût-elle été confirmée que la psychologie de l'association n'y eût pas gagné grand'chose. Il lui est bien indifférent, en effet, que les neurones associatifs soient disposés dans certaines régions spéciales ou disséminés parmi les éléments réceptifs. La question des localisations n'intéresse la psychologie qu'en tant qu'elle est utile à la clinique et permet à cette dernière de mieux comprendre les altérations de la vie psychique à la suite des troubles locaux de certaines régions de l'écorce (Vogt, Lipps, c). Mais, une localisation étant précisée, reste encore à savoir quels sont les processus intimes qui sont le corrélatif de telle pensée. Ainsi, Flechsig nous dit que c'est le centre d'association frontal qui est le siège de l'intelligence proprement dite, des actes les plus compliqués de la pensée ; mais cela ne nous apprend nullement en quoi consiste le mécanisme de cette intelligence. On n'est ni plus, ni moins avancé
qu'avant. L'hypothèse de Wundt, d'un centre frontal d'aperception, nous en disait tout autant. Car la notion d'association, qui est la seule qui eût pu découler des observations anatomiques de Fleghsig, était déjà connue, avant lui, des psychologues — et qui sait si ce n'est pas précisément cette notion qui a entraîné le savant anatomiste à schématiser, comme il l'a fait, sa découverte !
La seule chose que nous puissions dire, c'est que si les choses étaient comme Flechsig le prétend, cela nous faciliterait, non pas la compréhension, mais Uétiide de la psycho-physiologie, car cette disposition anatomique, en permettant aux lésions de toucher indépendamment les faisceaux d'association et les centre de réception, de dissocier la fonction associative de la fonction réceptive, fournirait aux cliniciens d'intéressantes observations pathologiques, dont la psychologie, naturellement, ferait son profit. Malheureusement, il ne suffit pas qu'une chose soit utile et commode pour qu'elle soit.
Si donc la doctrine de Flechsig est fausse, nous pouvons le regretter au point de vue des avantages pratiques que nous aurait fournis la disposition anatomique qu'elle suppose ; mais, au point de vue de notre compréhension de l'association et de la pensée, cela nous est indifférent.
Quoi qu'il en soit de l'existence de centres corticaux d'association, toutes les parties de l'écorce cérébrale sont réunies entre elles par des fibres d'association qui cheminent dans la substance blanche. Ces fibres sont en général divisées en fibres courtes et fibres longues.