CHIFFRES COULEURS
Moyenne séries visuelles io,5 o/o 17,90/0
des ) — auditives. . . . i4,i 28,9 erreurs [ — visuelles et auditives. 8,9 4,9
Il serait intéressant de reprendre des expériences analogues sans faire intervenir le langage, qui est un facteur lui-même complexe et impliquant plusieurs mémoires sensorielles.
C'est surtout le rôle de renforcement de la mémoire motrice sur les autres mémoires que l'on a observé.
Dejerine* a montré, par exemple, que la lecture mentale était toujours altérée chez les aphasiques moteurs corticaux. Il faut donc admettre que les images visuelles des mots ne sont pas capables à elles seules d'évoquer l'idée de la chose que ces mots désignent, ni directement, ni par l'intermédiaire des images auditives correspondantes, et, par conséquent, que l'association visuo-auditive ne peut fonctionner que si l'association visuo-motrice vient la renforcer, soit en excitant le centre auditif A, soit en
I- De.terine et MiRALLii. Soc. de BioL, 6 juillet iSgô. — F. Bernheim, L'aphasie motrice, 1901.
FORCE DE L^ASSOCÎATION lOQ
actionnant directement les centres d'idéation I, selon un de ces deux schémas :
Ce phénomène pathologique montre bien que, dans certains cas, la force associative nécessaire peut être répartie entre plusieurs associations différentes, dont la collaboration devient alors indispensable \
Th. L. Smith a bien mis en lumière cette importance de la mémoire motrice :
Expériences. — Les sujets (au nombre de 5) devaient apprendre une série de syllabes dépourvues de sens, en les regardant tantôt avec permission de les lire mentalement (c'est-à-dire d'intéresser le centre moteur d'articulation), tantôt en comptant à haute voix « un, deux, trois; un, deux, trois..., » pour empêcher la participation du centre moteur d'articulation à l'étude desdites syllabes. Dans le premier cas, donc, les associations formées entre les images visuelles des syllabes étaient renforcées par des associations créées en même temps entre les images verbo-motrices de ces même syllabes ; dans le second cas, ce renforcement ne pouvait avoir lieu. L'expérience a montré cjue le nombre d'erreurs commises en répétant par cœur les séries était notablement moindre dans les cas où les associations étaient renforcées.
I. Certains malades atteints d'aphasie optique reconnaissent, lorsqu'on le leur dit, le nom qu'ils cherchaient en vain, preuve que l'association reliant le centre visuel au centre verbal était non abolie, mais seulement insuffisante à produire l'évocation. Cf. ma Revue générale sur l'agnosie.
Glaparède. 7
On pourrait objecter à ces expériences que le résultat défavorable des séries apprises tout en comptant provientj de ce que, dans ce cas, l'attention est distraite. Smith a victorieusement réfuté cette objection par une autre série d'expériences, dans lesquelles les sujets devaient apprendre, dans un certain ordre, une série de lo attitudes manuelles, tantôt en regardant seulement des dessins représentant ces attitudes, tantôt en exécutant en réalité lesdites attitudes, au fur et à mesure qu'ils en regardaient le dessin. Dans la série optico-motrice, il y a eu de lo à 22 pour loo moins d'erreurs que dans la série simplement visuelle.
C'est dans ce paragraphe que nous allons rapporter les expériences faites sur l'influence du rythme dans la mémorisation.
En 189/i, MûLLER et ScHUMANN publièrent d'importantes recherches sur l'influence du rythme sur la force d'association des syllabes rythmées. On se souvient des raisons, déjà énoncées par Ebbinghaus, pour lesquelles il est indispensable de lire avec un certain rythme les syllabes à assimiler. Il était donc de toute importance de déterminer l'influence de ce facteur afin de pouvoir en tenir compte dans l'appréciation des résultats généraux.
Les séries dont les expériences de M. et S. avaient pour but d'étudier l'assimilation se composaient de i 12 syllabes, lues avec le rythme trochaïque à chaque séance, 4 séries de 12 syllabes étaient 1 apprises par le sujet ; on peut les représenter comme j ci-après, en désignant par un chifîre arabe le numéro j d'ordre de la syllabe dans chaque série et chacune de celles-ci par un chiffre romain : - j
FORGE DE l'association
Il h I I3 I. I I5 le I I7 Is I I9 Iio ! Iii I12 I II, II, i II3 1 ...etc.
IIIi III2 I III3 III4 I ...etc.
IVi IV2 I ...etc.
Le but des premières recherches était de voir si l'association unissant les syllabes d'une même mesure, soit l'association intrarythmale, était plus forte que l'association interrythmale, unissant deux syllabes voisines mais appartenant à deux mesures différentes (p. ex. I2 et I3).
On composa donc de nouvelles séries, formées des mêmes syllabes que précédemment, mais dont l'ordre était interverti. Ces nouvelles séries étaient de deux sortes ; dans les unes, les mesures primitives étaient respectées :
Type A : III, lll, | IJs | II7 Us | IV. IVe | I^ I2 i Hi II2 |
Dans les autres, chaque mesure était composée de 2 syllabes contiguës, mais appartenant primitivement à deux mesures différentes, et dont l'intonation n'était par conséquent pas respectée :
TypeJy: III^ III9 \l,l,\ Ilg II9 | IVe IV, | I^ I3 | II2 II3 |
Le sujet, après avoir préalablement assimilé les séries fondamentales, devait apprendre, au bout d'un certain temps, les séries du type A et du type D. On 1 pouvait voir alors, par la méthode d'économie, quelle j était la force respective des associations inter et intrarythmales.
Voici le nombre moyen de répétitions qu'il a fallu jpour assimiler :
l*"" SUJET 2* SUJET
Les séries primitives. . . 21,0 18,9 Les séries du type A. . . i4,i 12,2 Les séries du type D. . . 22,2 17,6
On \oit donc que deux syllabes de la même mesure sont infiniment plus fortement associées que deux syllabes consécutives, mais de mesures différentes.
Chez le 1°'" sujet, on remarque même que la série du type D a été plus difficile à apprendre que la série primitive. On pourrait en conclure que les associations interrythmales sont absolument nulles. Mais ce n'est pas : d'autres expériences de M. et S. (106- 11 [\) prouvent que cette association existe, et a encore une force notable après 24 heures. Si donc, dans l'expérience ci-dessus, elle s'est révélée comme ayant une force nulle, c'est que cette force était inhibée pour la raison suivante : dans la série primitive, la syllabe I3 par exemple était fortement associée à la syllabe , comme faisant partie de la même mesure. Dans la série du type D, au contraire, la syllabe Ï3 devait contracter une nouvelle liaison, une liaison avec la syllabe . Il est probable que l'association existant déjà entre I3 et I4 rendait plus difficile la création d'une nouvelle association entre I3 et II2 (Y. plus loin § II).
MûLLER et ScHUMANN out fait encore, avec ces mêmes séries, une nouvelle expérience. Après avoir appris sur le rythme trochaïque des séries primitives, ils ont réappris des séries du type D avec le rythme ïamhique. Chaque syllabe conservait ainsi Fintona-
FORCE DE t/aSSOCIATION I I 3
tion forte ou brève qu'elle avait dans la série primitive' Les résultats par la méthode d'économie ayant été encore plus mauvais que ceux de la série D (i^'' sujet: 23,2 répétitions; 2^ sujet: 18,8 rép.), ce qui est contraire à ce que l'on pouvait attendre I a priori, cela prouve, semble- t-il, que le rythme ne joue pas seulement un rôle en doublant les associations visuelles d'associations motrices, mais encore en dirigeant l'attention du sujet d'une certaine manière, en le disposant d'une certaine façon. Lorsque le rythme est changé, les séries perdent leur physionomie. L'inhibition qui se produit dans ce cas-là et rend difficile l'étude des nouvelles séries doit procéder d'une cause profonde, peut-être émotive ; mais il est difficile d'en rendre compte d'une façon exacte, dans l'ignorance où nous sommes de ce que sont les concomitants physiologiques du sentiment du rythme.
Afin d'éviter l'influence de l'inhibition qui vient voiler les résultats des autres facteurs, Mûller et ScHUMANN (107) ont combiné d'autres expériences, dans lesquelles des séries comparatives étaient instituées de façon à rendre partout égale et par conséquent indifférente cette influence de l'inhibition. Après avoir appris les séries primitives dont nous avons parlé plus haut, les sujets devaient apprendre toujours avec le rythme trochaïque les séries suivantes, composées des mêmes syllabes, mais dans un ordre différent :
Série comparative G In IV12I ïg IVid etc.
— avec mesures conservées M. II^ V12III9 Ilid etc. — scindées S. . llli Vljoj etc.
Ensuite — les deux jours suivants — les sujets passaient à d'autres séries composées comme suit :
Série comparative C IV.2 I11IIV12 I9I etc.
— avec mesures conservées M' . Yjo IlglIIio.etc.
— — scindées S'. . Vu lllj2| etc.
On remarquera que, dans les séries M et M', les syllabes accouplées sont les syllabes qui faisaient partie d'une même mesure dans la série primitive ; mais, tandis que dans la série M, ces syllabes se trouvent de nouveau comprises dans une même mesure, dans la série M', elles se trouvent réparties dans deux mesures voisines, de telle sorte que leur valeur tonale est changée (par ex.: II9 et Hjo)- En comparant les résultats de ces deux séries, nous pourrons donc voir l'influence isolée de la valeur tonale sur la force associative. Voici les résultats obtenus par la méthode d'économie ; les chiffres indiquent le nombre moyen des répétitions :
Séries primitives. 16,7 répét. nécessaires à l'assimilation.
Ces chiffres montrent : 1° que l'association est notablement plus forte, toutes choses égales d'ailleurs, entre deux syllabes appartenant à la même mesure ^ ;
I. MuLLER et ScHUMANN (282) voient dans ce fait l'origine de la poésie : des phrases rythmées restent mieux fixées dans la
FORCE DE lVsSOCIATION
Il5
2° que, si deux syllabes appartenant à une même j mesure, tout en restant contiguës, ont leur valeur i tonale changée, leur association est notablement affaiblie, ce qui semblerait prouver que la force de l'association dépend autant de la valeur tonale absolue des syllabes que de la parenté de mesure.
Nous aurons l'occasion de reparler de ces expériences sur le rythme à propos de la direction des présentations, ainsi qu'à propos des interférences.
Ces expériences, si compliquées soient-elles, et bien qu'il soit difficile de savoir exactement quelle est la nature de ces liens que le rythme vient nouer autour des syllabes des séries pour en renforcer l'union, nous montrent nettement que la force d'une assosociation peut être un total des forces de plusieurs associations diverses.
§ 6. — Rang et ordre des présentations.
Lorsqu'un certain nombre d'impressions sont présentées successivement, on remarque qu'elles ne sont pas toutes retenues avec la même force, et qu'il y a un certain rapport entre le rang qu'elles occupent et l'intensité de leur liaison mutuelle.
BiGHAM, dans quelques expériences entreprises sur la mémoire, remarqua que l'oubli ne frappait pas d'une façon uniforme les séries de dix couleurs, de dix lettres, etc., qu'il avait fait apprendre à ses sujets,
mémoire. Une malade aphasique de Gossen (Arch. f. Psychiatrie, Bd. 25, p. 85) pouvait mieux associer les syllabes sans sens, çi celles-ci étaient dites sur un certain rythme.
it6 l'assoctation des idées
mais que c'était le milieu de la série qui offrait le plus grand nombre d'erreurs, tandis que les éléments occupant la première et la dernière place de la série étaient mieux retenus.
Miss Calkins fit des observations analogues. De ses séries de 12 couples couleur-chiffre dont nous avons déjà parlé, ce sont les couples du premier rang qui sont, toutes choses égales d'ailleurs, les mieux retenus (dans 33,6 pour 100 des cas; la rétention des autres rangs est, en moyenne, 26,3 pour 100 ; le fait d'être au premier rang augmente donc de i /4 la force associative moyenne). Lorsque les séries ne comptent que 7 couples, c'est celui du dernier rang qui est le mieux retenu. Les recherches de Binet et Henri (a, i3) sur la mémoire des mots, celles de Muller et PiLZECKER (264) confirment ces résultats.
Comment expliquer cette influence du rang ? On peut la ramener, dans une grande mesure, à l'intensité. La première impression d'une série atteint les centres percepteurs alors qu'ils ne sont pas encore fatigués par l'expérience, et que le sujet porte toute son attention sur l'expérience ; l'impression est donc plus vivement perçue ; elle excite aussi l'intérêt, surtout si le sujet ne connaît pas encore le genre d'expériences auquel on va le soumettre. Plus tard, il se blase et se fatigue.
L'influence du dernier rang s'explique facilement aussi par ce fait que la dernière impression d'une série, n'étant pas inhibée par une autre, puisqu'elle est la dernière, peut persister plus longtemps k l'état d'image, de même que le dernier coup d'un carillon de cloches est celui qui résonne le plus longtemps. Cette
FORCR DE l'association TI7
influence du dernier rang est cependant, lorsque les séries sont trop longues, compensée ou surcompensée par celle de la fatigue.
Jusqu'ici, il n'y a pas lieu d'admettre que le rang agisse spécifiquement comme rang, je veux dire que le souvenir du rang intervienne, comme tel, pour consolider les associations. Mais dans le cas suivant, nous verrons qu'il en est ainsi.
MiJLLER et ScHUMANN (i55-i63) ont cherché à déterminer cette influence du « rang absolu )). Le sujet, après avoir appris par cœur une série primitive du type II I2 I I3 I4 I ... etc., devait, au bout d'un certain temps (1/2 heure), apprendre les séries composées d'après le schéma suivant :
Série principale. . Ij I^IIl3 II^II;; lellli Ilgllg •••etc. — comparative. I3 l'jlli Il2|Ii h\^h Il6lln--etc.
Comme on le voit, dans la série principale, chaque mesure est à son rang propre ; au contraire, dans la série comparative, de composition d'ailleurs analogue, le rang des mesures est interverti. Ces deux séries ne difTèrent donc que par la présence ou l'absence d'un seul facteur : le rang absolu des mesures. La méthode d'économie, appliquée à ces séries, nous montrera donc l'importance de ce facteur.
Séries primitives : 10,9 répétitions en moyenne pour les apprendre par cœur.
Séries principales : 8,6 répétitions en moyenne pour les apprendre par cœur.
Séries comparatives: 10,1 répétitions en moyenne pour les apprendre par cœur.
La force conservée des séries principales étant de
ii8
23/109 et celle des séries comparatives n'étant que de 8/109, facteur rang absolu a presque
triplé la force des associations de la série.
Les mêmes auteurs ont signalé également, dans d'autres groupes d'expériences, l'influence troublante du souvenir du rang absolu ; quelquefois même, le sujet reconnaissait cette influence, par l'introspection (M. et S., 147).
Comment expliquer que le souvenir du rang d'un couple puisse fortifier sa liaison ? La chose est délicate ; il faudrait préalablement savoir à quoi correspond, physiologiquement, la perception, la notion, ou mieux, le sentiment du rang, de la place dans une série. Quelle que soit la nature exacte de cet x physiologique, nous pouvons admettre, en vertu du parallélisme, que les concomitants physiologiques du sentiment des divers rangs diffèrent eux-mêmes et peuvent contracter des liaisons entre eux, de telle sorte que la répétition des mesures i, 2, 3, etc., crée non seulement des liens associatifs entre les contenus de ces mesures, mais encore entre ceux-ci et les sentiments ordinaux x^ x^ correspondants :
Xi >- X2
La figure ci-dessns, représentant, pour les deux premières mesures seulement, l'agencement probable des associations cérébrales, fait comprendre la chose : la série principale implique une nouvelle association d entre Ii
FORCE DE l'association II Q
I2 et II3 II4 : mais cette nouvelle association est doublée par les anciens trajets abc, qui relient les mesures avec les sentiments respectifs de leurs rangs, dételle sorte que Il I2 évoquera II3 II4 non seulement par le trajet d, mais encore par abc. — Dans les séries comparatives, au contraire, cette double association due au sentiment du rang n'existe pas, et les nouvelles associations d ont seules à lutter contre les anciennes e, d'où leur défaite presque complète.
Les nouvelles expériences de Mûller et Pilzecrer (i5, 221) ont aussi permis à leurs auteurs de constater cette influence de la place absolue.
Nous avons maintenant à examiner quelle est l'influence du mode de présentation sur l'association des éléments présentés.
La présentation peut être simultanée ou successive. Nous avons vu plus haut que, même dans les cas de présentation successive, il existe toujours une certaine simultanéité subjective. La différence entre ces deux modes de présentation sera donc pour nous surtout une différence quantitative. Dans la présentation simultanée, les deux impressions simultanément conscientes correspondent toutes deux à une intensité notable des processus cérébraux concomitants. Dans la présentation successive, l'une des deux impressions a disparu de la conscience lorsque l'autre y apparaît. A priori, on ne pourrait donc supposer qu'elles puissent s'associer. Mais, puisque l'expérience prouve qu'elles sont capables de le faire, il faut bien admettre que cette impression n'est que subconsciente, ce qui, en langage cérébral, signifie qu'elle ne correspond qu'à de très peu intenses phénomènes nerveux .
La question en revient donc à étudier l'association
entre une certaine impression et d'autres de moins en moins intenses.
Tout d'abord, il faut prouver que des termes distants d'une série présentée successivement ^ sont bien réellement associés.
Herbart (b, §. 29) avait déjà admis l'exislence de pareilles liaisons, qu'il appelait médiates : au moment où une représentation B succède, dans la conscience, à une représentation A, elle se fusionne avec ce qui reste de A, soit avec a ; lorsqu'arrive une nouvelle représentation C, celle-ci se fusionne avec ce qui reste de B, soit b, et avec ce qui reste de a, soit a ; et ainsi de suite. Il avait même cru pouvoir déterminer par une formule mathématique le rapport entre la vitesse de reproduction de B, G, D... par A, et les grandeurs respectives des restes a, a' , a!'... (Herbart, a, § 86-88).
Le philosophe allemand avait donc bien vu que, dans une série, il existe des liaisons non seulement entre deux termes contigus, mais encore entre des termes distants. Il était réservé à P^bbinghaus de démontrer par l'expérience ce que Herbart avait déduit théoriquement.
Expériences cI'Ebbinghaus (iSg).' — Une fois les
I. Les mêmes arguments seront valables pour les divers éléments d'une série présentée simultanément, donc nécessairement visuelle : deux éléments seront toujours perçus d'une façon plus intensive s'ils sont contigus que distants, soit parce qu'ils pourront plus facilement être l'objet d'un même acte d'attention, soit parce que l'image de ce couple, tombant sur la région centrale de la rétine, sera plus nette, plus intense que l'image d'un couple distant, dont forcément un des éléments viendra se peindre à une certaine distance du centre rétinien.
FORCE DE l'association
séries du type Ii I2 13 • . • apprises par cœur, on cherchera quelle est l'économie réalisée sur l'étude, 24 heures plus tard, des mêmes syllabes, mais disposées selon le type
ou selon le type Ii I4 1^... etc., ou encore, selon le type Il I5 I9 ... etc., ou enfin selon le type I9 IIi II9... etc.
Résultat : Les séries composées selon les types ci-dessus ont été réapprises avec une économie respective de i52, 94, 78, 42 secondes. En d'autres termes, et attendu que la série normale réapprise telle quelle après 24 heures l'est avec une économie de 420 secondes, si l'on désigne par i la force associative de deux syllabes contiguës, nous aurons pour les syllabes distantes les forces associatives suivantes :
Syllabes de rangs 1-2. . . force associât, i.
— 1-9. . , — i/io.
Ebbinghaus croit qu'il existe une liaison entre des syllabes encore plus éloignées; il en a reconnu en tous cas entre des syllabes séparées par 9 chaînons intermédiaires.
Il en résulte donc que :
1° Les associations indirectes sont prouvées;
2° La force d'association de deux syllabes d'une série décroît en raison inverse (mais non proportionnelle) du nombre des chaînons qui les séparent.
Ces conclusions sont confirmées par Muller et ScH. (307, i49)j Muller et PiLz. (216) et Steffens.
Ebbiivghaus pense avec raison que ces lois régissent nt)n seulement le cas spécial des syllabes sans
sens, mais encore les associations indirectes de toute série quelconque, à moins, bien entendu, que la présence d'autres liens associatifs (sens des mots, intérêt, etc.) ne puisse être invoqué.
Le même auteur a déterminé l'influence du nombre des répétitions sur la force des associations indirectes (entre syllabes à deux rangs de distance). Il a trouvé :