I. Pflûger's Archiv, XVI
l'associatioin des idées
se servir chaque jour de la même liste de mots-inducteurs. Les résultats ainsi obtenus ont été, quant à la relation entre l'intoxication alcoolique et Téclosion prépondérante des associations externes, des moins précis, et il me semble bien étonnant que Kraepelin ait employé tant de pages à les interpréter, combinant ses chiffres, les répartissant par groupes de 3, de 4, de 6, afin de tâcher de leur faire dire quelque chose. N'aurait-il pas mieux valu commencer par multiplier un peu les expériences fondamentales pouvant servir de base à cette longue discussion, qui, je dois le reconnaître, est fort intéressante au point de vue de la méthode expérimentale? Ce qui rend difficile une interprétation du pourcentage de telle forme associative, dans la méthode des répétitions, c'est que d'autres facteurs que le médicament ingéré viennent travailler à la modifier : l'exercice d'abord, qui stéréotype les associations du jour précédent, qui stéréotype aussi bien les associations internes que les associations externes, en sorte qu'il est difficile de savoir si teUe association, à forme interne, n'est pas en réalité le résultat d'une simple stéréotypie, et n'est donc pas réellement externe. Pour éviter cet inconvénient, Kraepelin (c, 62) n'a soumis à la statistique que les associations nouvelles de chaque journée, celles qui n'étaient donc certainement pas stéréotypées. Mais, là encore, il n'a obtenu que des chiffres incertains, d'où il ressortirait plutôt que ce sont les associations internes q sont prépondérantes les jours d'alcool. D'ailleurs, chiffre absolu des associations nouvelles est si faib dans les derniers jours d'expériences (une dizaine e
FORMES DE l' ASSOCIATIO^Î 2/^7
moyenne), que ces résultats ne sont pas très concluants.
Les conclusions que Kraepelin a tirées de la comparaison de toutes ses séries, et de celles obtenues avec d'autres médicaments est que l'alcool détruit plus facilement les associations internes que les externes ; que les associations mécaniques sont encore renforcées par ce toxique. Doivent être considérées comme mécaniques toutes les liaisons d'idées stéréotypées d'une part — et l'alcool facilite cette stéréotypie ; — et les associations verbales ou par assonance, d'autre part.
Ce fait s'explique par l'influence accélératrice que l'alcool a sur les fonctions purement motrices : toute association tend à devenir mécanique, par renforcement des éléments verbo-moteurs qu'impliquent les images qu'elle relie ; toute association, déjà mécanique, est encore facilitée.
Le D*" A. Smith est arrivé aux mêmes conclusions. Il a trouvé que l'alcool entravait fortement la faculté d'additionner, et augmentait dans une forte proportion le nombre des associations externes et par assonance :