‹ L'Association des idées [electronic resource]Chapitre 49 sur 93 · X. Cf. Arvkde Barinf, Névrosés. Paris · texte numérisé non relu

X. Cf. Arvkde Barinf, Névrosés. Paris

FORMES DE l' ASSOCIATION 2^9

expériences dans ce but. Il a trouvé que, tandis que, chez son sujet, le chiffre normal <ï associations externes était de 36,7 po^^r lOO' ce nombre tombait, sous l'influence du thé, à 36,2 pour loo (en moyenne). Il n'est guère possible d'argumenter sur une si petite différence.

Si maintenant Ton compare le pour lOo des associations externes des associations nouvelles, on trouve :

Séries normales. . 42,2 pour 100 assoc. externes.

Séries avec thé. . 27,3 pour 100 —

Ces chiffres sont bien différents de ceux que l'on avait obtenus avec l'alcool. Les associations verbales et par assonance sont aussi notablement moins nombreuses.

Notons encore que le thé paraît faciliter la perception des impressions sensorielles, c'est-à-dire dans certaine mesure, l'évocation simultanée.

Autres médicaments. — Haenel a cherché l'action du trional sur la forme associative ; son étude très consciencieuse aboutit à un résultat négatif. Le trional, qui agit sur la fonction du calcul, de la lecture, etc. , ne semble pas avoir d'influence sur le processus d'association.

h'' opium trouble surtout l'activité volontaire ; il paraît faciliter la perception (Kraepelin).

§ 7. — États pathologiques.

On ignore encore la cause exacte de la plupart des maladies mentales ; il est probable, cependant, que l'épuisement des éléments nerveux, l'altération de leur nutrition, leur intoxication joue un rôle important dans la pathogénie de ces affections. Il est

donc à supposer que certains états pathologiques du cerveau auront sur l'association les mêmes effets que la fatigue ou ïes divers toxiques.

Il a été très peu expérimenté jusqu'ici sur les malades et jes aliénés en particulier, en raison des difficultés pratiques |de ces recherches et du temps qu'il faut avoir devant soi pour les mener à bien, mais, dans beaucoup de cas, il n'est pas besoin d'expériences délicates pour reconnaître la tendance qu'ont les aliénés de certaines catégories à parler par rimes, par assonances. Cette tendance est caractéristique de la logorrhée. Elle se manifeste à un très haut degré dans les psychoses par épuisement (Erschôpfungspsychosen de Kraepelin = confusion mentale primitive, et délire du collapsus)et AscHAFFE]VBURG(aII, 80) rapproche ces cas des effets produits par F éj)ui sèment. L'hyperexcitabilité des centres moteurs contribue encore à renforcer ces effets ^

Dans la manie ^ la tendance aux associations p rimes est bien connue. On rencontre aussi chez le maniaques des associations difficiles à expliquer; ainsi Sommer (3 7 7) a remarqué chez un de ces malades soumis à des expériences méthodiques la présence de certaines associations dont les termes sont des représentations éloignées, c'est-à-dire qui n'ont

I . Cf. par exemple ces vers d'un délirant vaniteux du D"" Re- GNARD (Maladies épidémiques de l'esprit, cité par Paulhan, b, 21) :

Magnan ! à mon souhait, médecin Magnanime, Adore de mon sort la force qui... t'anime.

Admirant son beau crâne... autre renard de Phèdre, Nargue Legrand du SauUe et sois un Grand du Cèdre.

FORMES DE l'aSSOCIATION

que rarement l'occasion de se tromper en contiguïté, comme bleu-œuf de Pâques, amer-minéral, etc. Sommer ne se prononce pas, d'ailleurs, sur la cause du mécanisme de ces associations qu'il appelle « par bond )) (sprunghaft) . Cet exemple nous montre que la valeur intellectuelle d'une association ne dépend pas toujours de la rareté ou de l'originalité du rapprochement accompli.

Dans V imbécillité, on trouve aussi une tendance à l'association par rime : « Il y a mille ans que le monde est monde, Milan, la cathédrale de Milan », disait un dégénéré imbécile observé par le D*" Ballet ^ Max NoRDAU a écrit quelques pages amusantes où il dénonce, dans les œuvres littéraires de divers auteurs contemporains, des enchaînements d'idées qui ne reposent que sur l'assonance, et qui seraient par conséquent un signe intellectuel de dégénérescence'^. .

]y[iie Walitzkaia, cu 1889, s'était proposéc dc déterminer la forme associative chez divers aliénés. Son travail, intéressant comme étant le premier sur cette délicate matière, n'a pas apporté de résultats décisifs.

Jusqu'ici, donc, les résultats obtenus sont à peu près nuls, et cela vient peut-être de ce qu'il est impossible de comparer les observations d'un auteur avec celles d'un autre auteur, tant les méthodes em-

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