I. Cette méthode est critiquée par AschaffeiNBUrg (a I, i
auteur a remarqué, en effet, que lorsqu'on prend des séries associatives plusieurs jours de suite avec les mêmes mots-inducteurs, et dans le même ordre, les couples associatifs se fixent peu à peu, et leur vitesse augmente très rapidement jusqu'au 6^ jour, époque à partir de laquelle elle reste (abstraction faite des oscillations journalières, positives ou négatives) absolument stationnaire et où, par conséquent, l'influence de toute action disturbante doit se manifester nettement.
Alcool. — Les expériences embrassent un laps de 17 jours; chaque jour sont prises i5o associations, les mots-inducteurs restant les mêmes d'un jour à l'autre. Les 3^, 6®, 9«, 12^ et iS*^ jours, le sujet absorbe 3o grammes d'alcool avant l'expérience. Voici les résultats obtenus :
Jours : i 2 3* . 6* 7 9* 10 i3* i3 i5* 17
i3i2 I 106 1175 1019 82/1 772 796 779 829 722 7^1 696 (Les jours marqués d'un * sont ceux où le sujet a pris l'alcooL)
Gomme on le voit, les temps d'associations diminuent jusqu'au 6^ jour, par suite des effets de l'exercice. A partir de cette date, l'allongement de ces temps correspond à l'ingestion de l'alcool. Il en résulte que r alcool diminue la rapidité de l'association.
et in, 256), qui lui reproche avec raison de stéréotyper les associations. Il faudra donc, lorsqu'on voudra faire des recherches sur la forme associative, espacer suffisamment les jours d'expérience par diminuer le plus possible cette fixation des induits (cf. Wreschner, 339, modificirte IViederholungsmethode). — Il n'en reste pas moins vrai que, dans nombre de cas, l'emploi de cette méthode est indispensable.
VITESSE DE l'association ^qS
Cette conclusion contredit passablement l'opinion vulgaire, que l'on trouve d'ailleurs reproduite dans nombre d'ouvrages de thérapeutique, que l'alcool facilite le cours des idées, le rend plus facile et plus rapide. Aussi Kraepelin a-t-il cherché si ce toxique n'avait pas cet effet accélérateur, au moins pendant la première période de son influence. Il rangea donc les 5o premières associations obtenues chaque jour, par groupes de 12 ou i3, et prit la moyenne de la durée associative pour chacun de ces groupes. On pouvait ainsi suivre les effets de l'alcool pendant les 20 minutes suivant son ingestion.
Jours :
Groupe a. .
Ainsi que le montre ce tableau, l'alcool n'a aucune influence accélératrice sur l'association, même pendant la première phase de son action, et à la dose ici employée. Les autres expériences faites sur la faculté d'additionner, de lire, etc., ont confirmé ce résultat. Seules, les décharges motrices sont accélérées, et c'est la cause, nous l'avons vu, de la prépondérance des associations verbales dans l'intoxication alcoolique. La faculté d'association active, voulue, est au contraire entravée, ainsi que le montrent quelques autres expériences de Kraepelix (c, 62),
mais trop peu nombreuses pour qu'il vaille la peine de les reproduire \
Thé. — Deiiio (v. plus haut ses conditions d'expérimentation) obtint une augmentation dans la vitesse de la réaction d'identification ÇWortre action^, de l'acte d'additionner, ainsi que des associations con sistant, lorsqu'on avait un nombre, à nommer le nombre suivant. Au contraire, les réactions de choix et les réactions simples ne furent pas sensiblement modifiées.
Kraepelin obtint avec cette substance des modifications si peu nettes de ses temps d'association, qu'il est souvent resté dans le doute sur la question de savoir si celles-ci étaient dues à l'action du thé ou à quelque autre facteur. Gela prouve, non seulement la difficulté d'expérimentations de ce genre, mais encore le peu d'action qu'a le thé sur les processus psychiques. Cependant Kraepelin, en comparant les résultats obtenus avec ceux des séries normales ou des séries avec alcool est arrivé à cette conclusion que le thé abrège non seulement le temps de perception des impressions, mais encore le temps d'association luimême, ce qui se remarque surtout dans l'acte d'additionner.
Au contraire, les processus moteurs ne seraient pas accélérés. Les effets du thé sont donc diamétralement opposés à ceux de l'alcool.
De nouvelles expériences de Hoch et Kraepelin ont confirmé ces conclusions.
I. Cf. encore le travail de Kurz et Kraepelin, Psychol. Arb., m.
VITESSE DE l'association 296
Kraepelin et ses élèves (Haenel, Loewald) ont encore étudié les effets psychologiques du chloral, de la paraldéhyde, de la morphine, de Féther, du nitrite d'amyle, du brome et dutrional. Il n'y a pas à tirer grand'chose des résultats obtenus jusqu'ici, au point de vue de la vitesse associative. Souvent ceux-ci sont contradictoires, ou diffèrent suivant les individus \
MûNSTERBERG (B, IV, i2i) a pubHé aussi quelques expériences sur l'action de médicaments nervins, faites sur 4 sujets, et que je résume dans le tableau ci-dessous. Gomme alcools étaient employés: la bière (i litre), le vin (1/2 litre), le cognac (i/io litre) ; comme thé, une infusion de lo grammes ; comme café, une infusion de i5 gr àïnmes ; antipyrine et phénaeétine, i gramme; quinine, o^'^,^o ; opium, o^%o3 ; bromure de sodium, 2 grammes. — La lettre a signifie que la vitesse du processus est augmentée ; la lettre d, qu'elle est diminuée ; le signe d-a, qu'elle est augmentée, puis diminuée ; ?, que le résultat est indécis. — Les expériences, qui consistaient à compter le plus vite possible les lettres d'une page imprimée, ou à nommer le plus rapidement possible 10 couleurs que l'on faisait apparaître aux yeux du sujet, ou à faire des additions, ont eu lieu 1/2 heure et i heure environ après l'ingestion des médicaments. (La première
I . La meilleure observation que nous possédions sur les effets de l'opium est encore celle que nous a léguée Quincey dans ses Confessions d'un mangeur d'opium : « Je vous jure, — écrivait-il à un ami, dans un des rares moments où il avait pu s'abstenir du terrible poison — qu'en ce moment, j'ai plus d'idées en une heure que je n'en ai dans une année sous le règne de l'opium. C'est une véritable inondation. On dirait que toutes les idées qui avaient été gelées depuis dix ans par l'opium ont fondu à la fois, comme les paroles de la légende, »
296 L'ASSOCTATIO^' DES IDEES
colonne concerne l'influence de ceux-ci sur la force associative mesurée en apprenant des syllabes sans sens, comme dans le procédé d'EsBiNGHAUs.)