DES COULEURS
TIONNER
Alcool.
2 sujets a
Thé. . . .
Café. .
Antîpyrine. .
Quinine. .
Phénacétine .
Opium. .
Brome.
Il est intéressant de noter que les deux sujets chez lesquels Facte d'additionner a été accéléré par l'alcool sont justement deux personnes qui additionnent mécaniquement et d'une façon purement motrice ; chez ceux qui exécutent un réel calcul mental, au contraire, l'alcool a troublé l'acte d'additionner. Ce fait confirme les conclusions de Kraepetjn.
L'influence accélératrice qu'aurait le brome sur cet acte d'additionner, d'après les expériences ci-dessus, n'a pas été confirmée par Loewald (5i3).
Malgré ces contradictions et ces incertitudes, il semble que la pharmacopsychologie soit appelée à rendre de signalés services ; l'action élective que peut avoir un certain médicament sur un processus cérébral déterminé permettra sans doute d'analyser les processus plus compliqués, en nous donnant le moyen d'agir sur une seule de leurs composantes ; elle nous
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permettra aussi d'approfondir la nature physiologique du processus en question, et de distinguer les uns des autres des phénomènes psychiques que l'on est tenté de confondre.
Tout récemment, j'ai entrepris avec D. Isaïlovitch une série d'expériences sur l'influence du tabac sur l'association. Gomme les résultats obtenus ont élé d'une grande netteté et qu'ils illustrent brillamment la méthode des répétitions, dont nous nous sommes servis, je me permets de reproduire ici une partie de la note que nous avons communiquée à la Société de Biologie (21 juin 1902).
L'un de nous (G...) a servi de sujet ; i) devait associer le plus vite possible un mot à celui qu'on lui présentait écrit sur une carte, et, tout en répondant, devait presser le bouton arrêtant un chronomètre d'ARsoNVAL où se lisait la durée de la réaction associative. — Les séances ont eu lieu chaque jour, presque exactement à la même heure (vers cinq ou six heures du soir), pendant dixsept jours consécutifs-. A chaque séance étaient présentés les i5o mots (100 substantifs et 5o verbes) composant la liste des tests. — Les jours pairs, le sujet fumait deux cigarettes (tabac turc de force moyenne) pendant les 100 premières associations. Ghaque séance durait une demi-heure environ.
Voici nos résultats exprimés en centièmes de seconde (les jours marqués d\m astérisque * sont ceux où le sujet fumait) :
Jours d'expérience
Durée moyenne des associations.
J. d'exp. 7 8* 9 10* 1 1 D. moy. 75 70 75 60 66
Ainsi qu'on le voit, Faction du tabac s'est manifestée par une diminution constante du temps d'association.
Quelle est la cause prochaine de cette diminution ? Le sujet devant presser lui-même le bouton du chronomètre, lorsque l'association est accomplie, on pourrait penser que la diminution des temps est simplement due à l'influence du tabac sur le processus de la réaction simple, et non sur l'enchaînement des idées. Mais 6 séries d'expériences comportant un total de 35o temps de réaction simple (à la vue, attention sensorielle) nous ont montré que le temps de réaction simple (chez le même sujet) n'était pas notablement modifié par l'acte de fumer une cigarette :
Temps de réaction simple.
Sans cigarette Moyenne = o sec, i588
Avec — Moyenne = o sec. i583
On pourrait aussi penser que la diminution du temps d'association dépend d'une modification dans la qualité des associations ; que, par exemple, le tabac n'a agi qu'indirectement sur la vitesse associative, en modifiant la forme qualitative de l'association. Mais — et c'est un des principaux avantages de la méthode de Kr^- PELiN — les associations formées se sont promptement stéréotypées, c'est-à-dire qu'elles ont été, à partir du cinquième jour, presque constamment les mêmes ^ L'influence du tabac sur la rapidité de l'enchaînement doit donc avoir été immédiate, directe. C'est ce dont on peut bien se rendre compte en suivant les oscillations qu'ont subies les vitesses successives d'un même couple asso-
I. Cette particularité de la « méthode des répétitions » permet donc d'en apprécier les résultats sans avoir besoin de procéder à la classification préalable des associations formées, classification, nous l'avons vu, toujours délicate.
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clatif. Ainsi, par exemple, les associations bain-chaud, émail-dent ont été constantes pendant les dix-sept jours d'expérience : elles présentent néanmoins une accélération sous l'influence du tabac :
Jours d'expérience.
Bain-chaud. .
Émail-dent. .
Jours d'expérience.
Bain-chaud. .
Email-dent. .
9 10* II 12* i3 75 56 59 38 5o 66 61 55 44 71
Il est à noter que le sujet fume peu d'habitude et qu'il lui semblait que l'action de fumer lui rendait plus difficile le travail associatif. Ce n'est qu'une fois les séries terminées qu'il a eu connaissance des résultats.
Ces expériences devront être continuées pour voir les effets éloignés du tabac sur l'association î telles qu'elles sont, elles confirment les recherches de Féré, qui a signalé récemment « l'action excitante primitive » du tabac sur le travail musculaire ^ Cette influence dynamogénique est vraisemblablement due à l'excitation des centres olfactifs ^.
§ 6. — États pathologiques.
Nous serons très bref sur ce sujet; les expériences faites jusqu'ici sur la vitesse d'association des aliénés