‹ L'Association des idées [electronic resource]Chapitre 69 sur 93 · Ainsi Bethe, Pflûger's Archiv, vol · texte numérisé non relu

Ainsi Bethe, Pflûger's Archiv, vol

étaient tout ce que l'on pouvait trouver dans la perception, et que c'est par conséquent leur association même qui devait rendre compte de l'idée « d'objet

! extérieur » évoquée en nous. Cette opinion — en

' laissant de côté toute la métaphysique qu'on en a

I tirée — est-elle psychologiquement acceptable ? . Sans doute, l'association joue un très grand rôle dans la perception ; elle en est même le rouage indispensable, ainsi que nous le montrerons tout à l'heure. Mais il est absurde de penser qu'une somme de sensations de rouge, de rond, de parfumé, puisse nous donner un total absolument différent, au point de vue qualificatif, des éléments additionnés ^, à savoir l'idée de réalité objective. — D'où provient alors cette

i idée ? Mais, est-ce bien une idée ? N'est-ce pas plutôt une façon de nous comporter, un sentiment vécu, et par conséquent le sentiment d'une réaction de notre organisme? Cette manière d'envisager la question a

' cet avantage, en donnant au sentiment de la réalité un corrélatif physiologique positif, une réaction organique, de permettre à la biologie d'avoir prise sur

1 le problème, et de chercher, si ça lui plaît, l'origine de cette réaction. Or, je crois bien qu'elle la rencontrera déjà chez le protozoaire le plus humble

1 qui, lorsqu'il attrape sa minuscule proie, se comporte comme si, réagit comme si le monde externe existait. On voit combien cette solution, toute biologique

I. On pourrait objecter qu'il s'agit non d'une addition, mais d'une coml)iiiaison. Mais alors comment se fait-il que les composantes continuent à subsister, avec toutes leurs qualités intactes, à côté du produit? L'eau ne nous montre plus les propriétés qu'ont à l'état libre l'oxygène et l'hydrogène !

qu'elle soit, s'éloigne de celle de Spencer ; tandis que ce dernier explique la perception extérieure comme étant le résultat d'un instinct développé peu à peu au cours des générations, et à force d'expériences acquises, nous pensons au contraire que ce sentiment du non-moi qui enveloppe le contenu de toute perception est le corrélatif d'une réaction primitive de l'organisme vivant, réaction indispensable au maintien de sa vie. Quant à savoir pourquoi cette réaction a pour concomitant psychique la conscience de l'objectif, du non-moi, la psychologie n'a pas plus à l'expliquer qu'elle n'essaie de savoir pourquoi, à tel processus nerveux du cunéus correspond une sensation de jaune plutôt qu'une sensation de vert, de sucré ou de douloureux.

Tout ce raisonnement s'applique de même à la question de l'origine de l'idée de matière, de sahstance, que nous mettons dans l'objet. Là encore n'avons-nous pas affaire bien plus à un sentimen qu'à une idée? St. Mill disait que l'objet est un possibilité permanente de sensations ; c'est vrai. Mai ce qu'il a oublié d'expliquer, c'est le sentiment lui même de cette possibilité ; car l'association n'en ren nullement compte, et, pour les raisons déjà indiquées l'équation

Sensation , sensation , imao;e de , 4. j -u-r*'

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