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DE L'ACCORD EN RÉPARTITION

De la classification des Séries.

Rien n'est plus aisé que de répartir en proportion du capital : c'est une opération purement arithmétique, bien connue de tout le monde ; mais la rétribution du travail et du talent, l'art de contenter chacun sur ces deux points est tellement ignoré, que tous les civilisés se plaignent d'injustice et passedroits vexatoires sur l'une et l'autre dette. Il serait impossible de satisfaire

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ces deux prétentions, s'il fallait donner à chaque individu le produit direct de son travail dans une trentaine de Séries et une centaine de groupes dont il est coopérateur.

Pour expliquer ce mécanisme de répartition abréviative, il faut enseigner d'abord à classer les Séries selon leur degré d'importance et de droits à un dividende plus ou moins fort. Chaque Série étant associée et non pas fermière de sa phalange, elle perçoit un dividende, non sur le produit de son travail spécial, mais sur celui de toutes les séries; et sa rétribution est en raison du rang qu'elle occupe dans le tableau des fonctions, divisé en trois classes, nécessité, utilité et agrément.

£n définitive^ le classement des Se-

ries e&t réglé seloa les convenances générales, et non selon les produits.

Posons plus régulièrement le principe :

on estime leur priorité de rang, en raison composée des bases suivantes :

1° En raison directe de leur concours aux liens d'unité, au jeu de la mécanique sociale ;

2* En raison mixte des obstacles répugnants ;

3° En raison inverse de la dose d'attraction et d'engrenage que peut fournir chaque industrie.

De l'accord direct en répartition , ou équilibre par la cupidité.

Enfin nous arrivons à l'objet principal, à l'effrayant problème d'établir

une justice éclatante, une pleine h^ monie dsips le partage des bénéfices une rétribution satisfaisante pour ch cun, selon ses trois facultés industrie les, travail, capital et talent. Ce prodif tient à élever la cupidité du moc simple au mode composé.

Si chacun des harmoniens étai comme les civilisés, adonné à une seu profession, s'il n'était que maçon, qi \ charpentier, que jardinier, chacun a

i riverait à la séance de répartition av<

le projet de faire prévaloir son métie; f faire adjuger le lot principal aux mj

çons, s'il est maçon ; aux charpentier s'il est charpentier, etc. Ainsi opinera tout civilisé ; mais en harmonie c chacun, homme, femme ou enfant, e associé d'une quarantaine de Série; exerçant sur l'industrie, les arts, h

sciences, personne n'a intérêt à faire prévaloir immodérément Tune d'entre elles ; chacun, pour son bénéfice personnel, est obligé de spéculer en sens inverse des civilisés, voter sur tous les points pour l'équité. Décrivons d'abord ce mécanisme en action, j'en expliquerai ensuite la théorie.

Je distingue en générales et spéciales les impulsions qui entraînent tout harmonien à l'équité.

1** Impulsions générales appliquées aux 3 facultés, capital, travail et talent : Alcippe est un des riches actionnaires ; telle somme dont il tirait en civilisation 3 à 4 0/0 (revenu des domaines), lui rendra dans la phalange 12 à 15 0/0, selon les aperçus d'inventaire, si l'on parvient à s'accorder en

répartition. Il lui importe donc d'opiner pour la justice distributive, et de repousser toute mesure qui léserait une des trois facultés. Si, à titre de fort capitaliste, il veut faire allouer moitié du produit aux capitaux, par exemple :

capital 6/12, trayaU 4/12, talent 2/12, les deux classes nombreuses qui n'ont à percevoir que sur les deux autres facultés, travail et talent, seront mécontentes : l'attraction se ralentira , le produit et les accords diminueront, et dès la 3® année le lien sociétaire se .

dissoudra. Alcippe voit que pour son intérêt même il faut fixer la répartition comme il suit : capital 4/12, travail 5/12, talent 3/12. Calculée sur ce pied, elle donnera encore à Alcippe un revenu quadruple de celui qu'il avait en civilisation ; elle garantira en outre le contentement des deux classes peu

fortunées et le maintien du lien sociétaire. Alcippe incline d'autant mieux pour cette justice, qu'il a lui-même bon nombre de lots à percevoir, dans diverses séries, sur le travail et le talent.

Analysons ; mêmes contre - poids, même équilibre, dans les impulsions de la classe pauvre.

Jeannot n'a ni capitaux ni actions ; opinera-t-il à favoriser la faculté de travail aux dépens du capital ou du talent, à faire adjuger en proportion de :

travail 7/12; capital 3/12; talent 2/ 12?

Ici l'impulsion dominante est pour favoriser le travail au préjudice des deux autres facultés, capital et talent.

Tel serait l'avis de tout civilisé pauvre;

le paysan dit : c'est moi qui produis tout; il croit de bonne prise tout ce qu'il vole au seigneur qui, de son côté, se croit en droit de tout ravir au paysan.

Tel est l'équilibre des passions dans rétat civilisé, une lutte de pillage et d'astuce, nommée perfectibilité.

En harmonie , le pauvre Jeannot pensera bien différemment. Sa plus forte impulsion est de favoriser le travail, puisqu'il n'a rien à prétendre sur les dividendes alloués au capital ; mais deux autres impulsions viennent contrebalancer cet essor brut de la cupidité :

Jeannot a des lots à prétendre sur le talent; il brille dans certaines parcelles de divers travaux, il lui convient que le talent conserve ses droits. D'autre part, il connaît l'importance des capitalistes dans une phalange, les avanta-

ges que le pauvre tire de toutes leurs dépenses, la participation aux spectacles gratuits, aux voitures et chevaux, aux repas de corps, aux dessertes de tables riches, aux adoptions industrielles pour ses enfants ; lors même qu'il ne saurait pas apprécier le fruit de toutes ces chances de bénéfice, il l'apprendrait dans la compagnie des 40 groupes qu'il fréquente : les corporations ne se trompent pas sur leurs intérêts.

Ces deux impulsions disposent -Jean not à ménager le talent et le capital, et à se réduire de 7/12 à 5/12 sur le lot du travail; réduction qui, tout balancé, tourne à son avantage : car il ne peut être heureux qu'en soutenant la phalange et l'attraction, qui péricliteraient du moment où le capital et le talent seraient mal rétribués. Ici la cupidité

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brute, la passion dominante qui chez nous absorberait tout, se trouve pondérée par deux contre -poids, deux impulsions favorables au talent et au capital, facultés sur lesquelles Jeannot a le moins de prétentions.

Le besoin de justice distributtve existera donc dans les détails comme dans l'ensemble de la répartition. Le régime des séries passionnées est un mécanisme qui sue la Justice, et qui transforme en soif de justice le prétendu vice nommé soif de tor. Nos passions deviennent toutes bonnes, si on les développe dans Tordre sériaire auquel Dieu les destine.

La méthode, pour répartir aux groupes d'une Série et aux membres d'un groupe, est la même que pour répartir aux classes et aux ordres de Séries.

Le lot de talent, borné à 3/12 et peut-être 2/12, est encore très-copieux, parce qu'il 7 a dans chaque branche d'industrie une masse de sectaires novices et dépourvus de titre aux lots de talent : leur nombre est au moins d'un tiers en chaque fonction, souvent moitié; ce qui assure une forte part à l'autre moitié, seule rétribuée en talent. Les lots de travail ne présentent pas cette chance ; car tout sectaire d'un groupe y travaillant du plus au moins, a droit à une part quelconque.

C'est pourquoi le travail mérite au moins 5/12 du bénéfice ; et il est douteux si on ne relèvera pas plus haut, selon le rapport : Travail 3/6, Capital 2/6, Talent 1/6.

Ma théorie, loin de tomber dans Tesprit systématique, est. au contraire, la

première et la seule qui ait évité ce vice, et rallié l'étude des passions à des principes puisés dans la nature. Elle ouvre enfin la voie de ces équilibres si vainement rêvés par la philosophie ; car on a vu ci*dessus^ dans le mécanisme de répartition, la propriété :

D'absorber la cupidité individuelle dans les intérêts collectifs de chaque seine et de la phalange entière, et d'absof ber les prétentions collectives de chaque série, par les intérêts individuels de chaque sectairedansune foule d'autres séries.

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