ACCORDS INTENTIONNELS
SUB LA BÉPAaTlTION
Nous approchons du problème de répartition, sur la solution duquel repose tout le mécanisme sociétaire. Si les accords faiblissaient sur ce point, on verrait bien vite crouler tout Tédiflce.
La première voie d'accord en association est Tenrichissement ; aussi voiton, dans toute compagnie de commerce, les associés se brouiller, se séparer quand Tentreprise ne donne pas de bénéfice. L'accord intentionnel ne pourra donc régner dans la phalange, qu'autant que chacun y verra, dans sa
fortune et ses jouissances, un accroissement colossal, un revenu quadruple en effectif, trentuple en relatif.
Ce qui charmera un homme riche dans rétat sociétaire, ce sera de pouvoir accorder pleine confiance à tout ce qui l'entoure, oublier toutes les astuces dont on est obligé de se hérisser dans les relations civilisées, sans pouvoir éviter les duperies. Dans la phalange, un riche s*abandonnant en pleine confiance, n'aura jamais aucun piège à redouter, aucune demande importune à essuyer : les petites hordes pourvoient aux secours nécessaires ; ce cas est bien rare parce que les harmcniens, pourvus d'un minimum suffisant, n'ont rien à demander à personne en afiaires d'intérêt, assurés qu'ils sont de recevoir, en chaque branche d'industrie attrayante, une rétribution proportionnée
à leur travail, à leur talent et à leur capital, s'ils en ont. C'est une jouissance pour eux que l'absence de protection, la certitude que toute protection serait inutile à leurs rivaux comme à eux-mêmes, que la rétribution et l'avancement seront équitablement répartis, en dépit de toute intrigue.
Les liaisons entre inégaux seront donc très-faciles en harmonie : les réunions y séduiront l'homme par la gaîté, le bien-être, la politesse et la probité des classes inférieures, par l'appareil fastueux du travail et le concert des sociétaires.