‹ L'association et le travail attrayantChapitre 7 sur 13 · Les émulations et rivalités entre · texte numérisé non relu

Les émulations et rivalités entre

chœurs et sous-chœurs cbntigus, entre groupes d'un même chœur et d'une môme série, entre catégories d'un groupe.

1». La prétention périodique à s^élever,

ET LE TRAVAIL ATTRAYANT ia5

soit aux chœurs et aux tribus supérieures, soit aux catégories moyenne et hante de chaque tribu.

23. L'enthousiasme pour les prodiges opérés par les chœurs supérieurs en degré, selon la loi de déférence pour l'ascendant.

Je ne mentionne pas ici d'autres stimulants qui n'agissent guère avant l'âge de 4 ans, tels que :

La concurrence des sexes et instiacts.

L'appât du gain et des forts dividendes.

Cas deux ressorts n'ont point encore d'influ^»:e sur les lutins et peu sur les bambins ; ce n'est que parmi les chérubins qu'ils commencent à se développer.

La réunion de ces amorces opérera en moins d'un mois, au bout duquel ou

aura fait éclore chez Tenfant trois ou quatre de ces vocations primordiales qui, avec le temps, en feront éclore d'autres.

Un bonnin promène communément trois lutins à la fois ; il aurait peu de chances avec un seul, mais sur trois il s^en trouve un plus adroit, un autre plus ardent, Fun des deux entraine le troisième à l'ouvrage.

Le meilleur stimulant pour un lutin débutant, sera la vérité qu'il ne trouve jamais vers les père et mère, tous d'accord à flatter un marmot de 2 ans sur toutes ses maladresses. Le contraire a lieu dans les ateliers sociétaires; les enfants entre eux ne se font point de quartier, et raillent impitoyablement un maladroit ; on le renvoie avec dédain, il va pleurnicher vers le patriarche ou le bonnin qui lui donnent des

leçons, et le présentent de nouveau quand il est de force ; et comme on lui ménage toujours de très-petits, trèsfaciles travaux, il s'insinue bien vite dans une dizaine de groupes où son éducation se fait par pure attraction et très-rapidement, car on n'apprend vite et bien que ce qu'on apprend par attraction.

De tous les ressorts qui peuvent exciter l'enfant à l'industrie, le plus inconnu, le plus travesti en civilisation, est l'entraînement ascendant; le penchant de tout enfant à imiter ceux qui sont un peu supérieurs en âge, déférer à toutes leurs impulsions, tenir à honneur de s'incorporer avec eux dans quelque petite branche de leurs amusements. (Tous les travaux sont amusements pour les enfants harmoniens ; ils n'agissent que par attraction.)

Cette manie d'entraînement est tràî pernicieuse aujourd'hui, parce que 1< amusements d'une troupe d'enfan^ libres sont, ou malfaisants, ou dang< reux, ou très-inutiles ; mais ces enfas libres ne s'adonneront qu'aux travai productifs, grâce aux amorces mentio nées plus haut ; on reconnaîtra l'errei fondamentale où sont tombés tous 1 auteurs de systèmes sur réducati< civilisée.

Ils ont prétendu que Finstitutei naturel est le père, ou bien un préce; teur endoctriné par le père ; la natu; opine en sens contraire, elle veut e:

dure le père d'élever le fils, il en e triple motif.

!• Le père cherche à communiquer s goûts à l'enfant, étouffer Tess des vocations naturelles, pn que toujours différentes de père

enfaat. Or, tout le mécanisme des Séries passionnées serait détruit si le fils héritait des goûts du père.

T Le père incline à flatter et louer à l'excès le peu de bien que fera l'enfant; celui-ci, au contraire, a besoin d'être critiqué très-sévèrement par des croupes de collaborateurs fort exigeants.

3* Le père excuse toutes les maladresses, il les prend au besoin pour des perfections.

La nature, pour parer à tous, ces vices de l'éducation paternelle, donne à l'enfant une répugnance pour les leçons du père et du précepteur : aussi l'enfant veut-il commander et non pas obéir au père. Les chefs qn'il se choisit pasâonnément, sont toujours les enÊmts dont rage est de 1/3 ou de 1/4 supérieur au sien, par exemple :

A 18 mois, il révère l'enfant de 2 ans, et le choisit passionnément pour guide ;

A 2 ans il choisira l'enfant de 30 mois; A 3 ans, celui de 4 ans; A 8 ans, celui de 10; A 12 ans, celui de 15.

Cet entraînement ascendant redoublera de force, si l'enfant voit les enfants supérieurs en lien corporatif, et jouissant d'une considération méritée par des succès dans l'industrie et les études.

Les instituteurs naturels de chaque âge sont donc les enfants un peu supérieurs en âge ; mais comme en civilisation ils sont tous enclins au mal et s'entraînent respectivement à mal faire, on ne peut pas établir parmi eux une hiérarchie d'impulsions utiles : cet effet n'est possible que dans les Séries passionnées, hors desquelles l'éducation naturelle est impraticable.

Elle sera le plus frappant des prodiges

qu'on viendra admirer dans la phalange d'essai, où on laissera les sept ordres d'enfants s'élever les uns par les autres et se diriger, selon le vœu de la nature, par entraînement ascendant qui ne pourra que conduire au bien la masse entière.

Si l'enfant réussit bien en début industriel, c'est un gage de succès continu pour toute sa carrière enfantine:

une fois initié à dix branches d'industrie, il le sera bientôt à cent, et connaîtra à l'âge de 15 ans presque toutes les cultures, fabriques, sciences et arts dont s'occupent sa phalange et les voisines. Examinons cet effet.

Tel enfant, quoique fils d'un prince, témoigne dès l'âge de 3 ans du goût pour l'état de savetier et veut fréquenter l'atelier des savetiers, gens aussi polis que d'autres en association. Si on l'en

14t l'asbooution

études i il faat y joindre le lien des fonctions, des individus, des intrigues rivales, chose impraticable en civilisation.

Un Btimnlant qu'on ne peut faire valoir en civilisation et qui est décisif en régime sociétaire, c'est la précocité de certains enfants. Dans toutes les catégories il s'en trouve de précoces d'esprit ou de corps. J'en ai vu un qui, à dixhuit mois, valait en l'un et l'autre genre les enfants de trois ans. Ces précoces montent en grade avant le temps ; c'est un suj et de jalousie et d'émulation pour leurs pareils.dont ils ont quitté la compagnie. La civilisation ne peut tirer aucun moyen émulatif de cette précocité que l'harmonie utilise en matériel et en intellectuel. L'ascension préma> tarée d'un enfant fait une vive impression sur les plus habiles de la tribu

qu'il abandonne ; ils redoublent d'efforts pour régaler, se présenter bientôt aux examens d'ascension. Cette impulsion se communique plus ou moins aux inférieurs, et l'éducation marche d'ellemême par tous ces petits ressorts dont la civilisation ne peut faire aucun emploi, parce que ni l'industrie, ni les études ne sont attrayantes hors des Séries passionnées.

La pleine liberté qu'on accorde aux enfants harmoniens ne s'étend pas aux licences dangereuses ; il serait ridicule qu'on permit à un bambin de manier un pistolet chargé.

L'admission à manier l'arme à feu, les chevaux nains, les instruments tranchants , n'est accordée que par degrés, lorsqu'on s'élève de chœur en chœur, d'échelon en échelon; et c'est un des moyens d'émulation qu'on met en jeu

i4i L'AfiSQCLLTION

pour stimuler reofant à risdtt&trie, à rétude, sans jamais Vy obliger.

Éducation de moyenne, haute et mixte erafance. — Gonicurronce des instincts et des sexes.

Nous passons aux phases 2* et 3* de rèducation :

2" phase. La moyenne enfance comprend les deux tribus de chérubins et séraphins ; âge^ 4 ans et 1/2 à 9 ans.

3® phase. La haute enfance comprend les deux tribus de lycéens et gymnasiens; âge, 9 ans à 15 et 1/2.

Pour établir la lutte des instioicts ^ des sexes qui enfante des prodiges elà industrie et en yertu^ on divise toute la haute et la moyenne enfance (les quatre tribus de gymnasiens^ lycéens^ s&ra-

BT LE T&àVAlL ATTRAYANT 447

phiii% et chérubins) em dauz corpora-»

tioBâ ; ce Boart i

Les petites hordes affectées aux tra- Y9,WL répa^aats pour les sans o» Tamour-projMpe ;

X^s petitee bandas a&ctéas au luxe coU actif.

Ces deux corporations, par leur con-^ traste, emploient «Ltilemaut les iastincts^ que la moi'ale cb^erche en vain à comprimer dAn& chaque sexe^ le goût de la ^alerté che£ les petits garçons^ et de la parure chez les petites fiîles.

Ëa oppofiadstt ces goùts^ l'édmeation sodétaiire conduit Tub et l'autre sexe auimème but par âiyerses Toiee :

Les petites hordes au beau, par la route du bon;

Les prîtes; bandes au bon, par ki route du beau.

Parme les eiifants on trouTe enyiroQ

deux tiers de garçons qui inclinent à la saleté ; ils aiment à se vautrer dans la fange, et se font un jeu du maniement des choses malpropres ; ils sont hargneux, mutins, orduriers, adoptant le ton rogue et les locutions grossières, aimant le vacarme et bravant les périls, les intempéries, etc., pour le plaisir de commettre du dégât.

Ces enfants s'enrôlent aux petites hordes dont l'emploi est d'exercer, par point d'honneur et avec intrépidité, tout travail répugnant qui avilirait une classe d'ouvriers. Cette corporation est une espèce de légion à demi sauvage qui contraste avec la politesse raffinée de l'harmonie, seulement pour le ton et non pas pour les sentiments, car elle est la plus ardente en patKotisme.

L'autre tiers de garçons a, du goût pour les bonnes manières et les fonctions

paisibles, il s'enrôle aux petites bandes; et, par opposition, il est un tiers de filles qui ont des inclinations mâles et qu'on nomme petites garçonnières, aimant à se faufiler dans le jeu des garçons dont on leur interdit la fréquentation : ce tiers de filles s'enrôle aux petites hordes. Ainsi le contenu des deux corporations est :

Petites hordes^ 2/3 de garçons^ 1/3 de filles. Petites bandes^2/ 3 de filles, 1 /3 de garçons.

Page 1