ITALIE
Les compagnies d'assurance italiennes ont commencé, dès 1900, à admettre les prestations d'invalidité, en concédant aux assurés l’exemption du paiement des
primes mais, contrairement aux autres pays, cette complémentaire fut accordée à l’origine, sans surprime, parce qu’on considérait qu’il y avait là une mesure utile pour la santé de l’assuré ; on ne l’accordait d’ailleurs qu'aux risques non tarés et qu’aux personnes dont les professions étaient considérées comme non dangereuses. La limite d'âge était 60 ans. Ce caractère gratuit favorisa le développement de la Complémentaire- Vie.
Mais, bien vite, il apparut qu’une technique saine d'assurance ne pouvait permettre de garantir un risque supplémentaire sans surprime correspondante. Aussi, à partir de 1924, les assureurs exigèrent, pour les affaires nouvelles, une surprime calculée sur l’âge de l’assuré à la maturité du contrat, et allant de 1/2 % à 1 % de la prime-vie. Les compagnies italiennes se mirent,. en outre, d'accord sur les conditions suivantes que devaient remplir la combinaison
1° L'assurance principale doit être une assurance en cas de décès, à prime temporaire, une mixte immédiate ou une assurance à terme fixe ;
2° L’assuré doit effectuer lui-même le paiement de sa prime ; i
8° La surprime annuelle de la complémentaire sera due pour la durée entière de la prime de l’assurancevie.
En 1927, M. Ottaviani, au Congrès de Londres, reprochait aux compagnies italiennes d’appliquer des. tarifs empiriques et de n’utiliser que les tables de Zimmermann sur le personnel sédentaire des chemins de fer allemands ; lui-même proposait alors des calculs rationnels fondés sur des études statistiques, dont nous avons parlé au chapitre II.
Quant à la définition de l’invalidité, on recherchait à ce moment s’il fallait appliquer à l’assurance privée.
celle de la loi italienne : est invalide « celui dont le gain est réduit au tiers du gain d’une personne de la même profession de condition physique normale ». M. Ottaviani proposait plutôt celle-ci : « Est invalide celui qui, par suites de lésions physiques ou de maladies objectivement vérifiables (excepté la faiblesse sénile et l’épuisement général ou nerveux) a perdu d’une manière définitive et permanente la capacité de gain et de travail dans la profession déjà exercée par lui ou dans toute autre profession ou occupation convenant à ses aptitudes et à ses habitudes ».
M. Pietro Smolensky, également au Congrès de Londres, rappelait que depuis l’introduction de la Complémentaire, tous les grands instituts italiens d'assurances (Istituto Nazionale, Assicurazioni Generali, Riunione Adriatica di Sicurta) avaient reconnus des cas d'invalidité dont le nombre se monte à 300, correspondant à 3.507 années d'observation. Il en tirait les probabilités de mort suivantes, comparées à celles de Zimmermann :