L'ASSURANCE DOIT ÊTRE NATIONALE
L'assurance devant présenter pour nous sa plus grande utilité par son action dans la distribution du travail, il est évident qu’elle doit s’étendre sur tout le territoire afin de réaliser entièrement le but entrevu par les Unions ouvrières. ;
D'ailleurs toute institution communale offre de grands inconvénients ; elle attire tous les paresseux qui cherchent à vivre sur l’institution, et comme elle n’est en général réalisée que dans des centres urbains, elle offre surtout le grand désavantage de hâter la dépopulation des campagnes.
L'œuvre doit en outre s’étendre à tous les salariés et patrons, sans distinction de sexe ni de nationalité.
a] Admission des femmes.
L’admission des femmes offre des difficultés ; car la femme inoccupée au travail extérieur garde toute une série d'occupations ménagères (couture ou travaux d'autre nature) qu’elle aurait dû confier aux soins d’autres personnes. L'économie qu’elle réalise ainsi est pour elle une source de profits; et, recevant une indemnité de chômage, la situation des ouvrières indemnisées pourra être très fructueuse et très agréable. D'autre part, la femme pourra effectuer pour le compte des autres des travaux rémunérés, sur lesquels il sera très difficile d'exercer un contrôle.
Il faut remarquer, cependant, que la femme qui travaille à l'atelier ou à l’usine perd en général le goût des travaux d'intérieur; d’autre part la femme ne recourt au travail extérieur que lorsque sa situation est précaire, et par suite le chômage sera pour elle d'autant plus sensible que son salaire d’ailleurs est, à travail égal, bien moins élevé que celui de l’homme; et souvent ses charges sont aussi lourdes. Enfin c’est surtout dans les métiers où on emploie lesfemmes que le patronat abuse le plus effrontément du sur travail en certaines saisons et des longs chômages, la femme étant regardée comme devant avoir d’autres moyens d'existence (1).
(4) Trop souvent cela se présente, en effet, et nombre d’entrè elles y sont absolument contraintes par la misère. Les réclamations
b) Ouvriers et patrons étrangers.
Les ouvriers et patrons étrangers travaillant en France doivent être contraints, comme les nationaux, à contribuer à la Caisse; leur exclusion leur permettrait d'offrir leurs bras ou leurs travaux à meilleur compte.
Le chômage variant suivant l’âge, comme, en général, les ouvriers étrangers ne passeront pas toute leur vie en France et qu'ils iront peut-être travailler sur un autre sol, lorsqu'ils seront dans la période de leur vie où le chômage risque le moins de les atteindre, il est juste qu’ils n’aient droit à l'indemnité qu’au bout d’un stage variable suivant l’âge.
c) L'institution doit admettre toutes les professions sans distinction.
Il nous parait nécessaire d'étendre l'institution à toutes les professions. Nous ne voyons en effet aucune raison d’adopter le système mixte du canton de Bâle et qui paraît le plus en faveur, de grouper seulement les ouvriers les plus menacés par le chômage. Cette classification nous semble d’abord bien difficile, et, en outre, notre système reposant sur l'épargne et isolant chaque profession, ne présente aucun des
non écoutées d’ailleurs des femmes du canton de Saint-Gall, pour être admises à la Caisse d’assurances, prouvent bien qu’elles ont conscience de la nécessité qui se fait sentir pour elles comme pour tous les salariés.
inconvénients qui ont fait adopter ce système. Pour une profession non soumise au chômage, l'institution se résume en une légère épargne forcée imposée aux patrons et ouvriers, épargne dont ils touchent les revenus et qui leur constitue un petit capital personnel.
Nous adoptons par suite l’extension la plus absolue de notre institution en y comprenant les travailleurs ruraux.
Il nous semble de la plus grande utilité d'admettre : ces derniers. L’ouvrier agricole doit posséder cette institution, car le chômage sévit aussi dans les campagnes, et le départ des ruraux n’est souvent dû qu’à ce manque de travail aux morte-saisons.
L'institution doit donc avoir une portée générale.
SECTION il CADRE; COMMUNAL
Toutefois nous °stimons qu'il serait mauvais de recourir à de grands organismes nationaux ; le cadre communal serait bien préférable.
Dans un pays comme la France, les conditions du travail peuvent être bien différentes sur deux points éloignés du territoire; et pour que les membres d’un même groupement soient bien dans les mêmes conditions économiques, nous croyons utile de recourir à des groupements professionnels communaux. Ces sroupements doivent cependant avoir une certaine importance, afin que les fonds de roulement soient
Etage assez élevés pour faire face aux nécessités éventuelles.
Notre étude des syndicats, et les opinions des chefs mutualistes que nous avons consultés, nous permettent d'estimer qu’un minimum de 100 membres par groupement est absolument nécessaire.
Par suite, chaque caisse grouperaitun nombre suffisant de communes pour atteindre ce chiffre de 100 membres. |
Ces groupements communaux ou régionaux offrent, en outre, l'avantage de réunir des travailleurs qui se connaissent, plus aptes à mieux surveiller les abus qui pourraient se produire et à prendre des mesures efficaces.
Chacun de ces groupement aurait sa vie propre, le nombre restreint des adhérents rendrait plus sensible les charges provenant du chômage et produirait le meilleur stimulant pour rechercher les remèdes. D'autre part, les pouvoirs communaux seraient de suite sollicités pour offrir leur concours dans la lutte contre le fléau.
S'il nous parait utile que ces Caisses d'assurances communales aient une vie indépendante, il nous semble cependant nécessaire d'organiser entre elles une assez forte solidarité, de façon à intéresser sérieusement ces divers groupements aux intérêts généraux de la profession.
À cet effet, le meilleur moyen nous paraît être de faire contribuer les autres groupements à combler pour une part les déficits qui se sont produits dans les diverses Caisses de la profession.
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