‹ L'Assurance Contre Le ChomageChapitre 13 sur 138 · DROIT AU TRAVAIL · texte numérisé non relu

DROIT AU TRAVAIL

$ Ier. — Ateliers nationaux.

L'Etat a le devoir de procurer à tous les citoyens un travail suffisamment rétribué pour assurer l’existence.

Quel travail devra-t-il donner à ceux qui s’adressent à lui?

L'intérêt du travailleur et l'intérêt social indiquent qu'il serait préférable d'utiliser la capacité professionnelle de l’ouvrier. Il faut alors que l'Etat s'organise industriellement et pour maintenir le bon fonctionnement du matériél nécessaire, l'exploitation doit devenir inévitablement permanente. L'Etat se trouve ainsi le concurrent des particuliers. Tout le monde peut constater que les travaux faits par l'Etat sont plus coûteux, étant obligé d'utiliser les sans travail recrutés en géné-

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ral parmi les mauvais ouvriers ; cela ne pourrait dans notre hypothèse que rendre ce coût plus onéreux; en outre les travailleurs qui sont à sa disposition appartiennent aux professions les plus frappées par le chômage, il se trouve poussé à produire surtout dans les branches de l’industrie déjà atteintes par une crise économique. Comment dans ces conditions les produits s’écouleront-ils? on ne peut pourtant pas admettre que l'Etat les garde pour son compte!

Pour les vendre, il faudra les offrir à perte. L'impôt de l'industriel viendra combler les déficits et contribuer ainsi à cette concurrence déloyale qui entraînera sa chute d'autant plus rapidement que sa profession est déjà dans un état de crise.

Pour éviter cet écueil il faut alors faire exécuter des travaux sans utilité réelle et immédiate et qui n’auront en général aucun rapport avec les occupations habituelles de l’ouvrier : travaux de terrassement, balayage des rues, etc., mais alors l’ouvrier y perdra son habi leté professionnelle ; en outre, tous les paresseux se rejetteront sur ces institutions prétextant de leur inhabileté pour ne rien faire; enfin de semblables organisations présentent naturellement des résultats désastreux au point de vue financier.

$ II. — Ateliers sociaux.

Un second moyen est celui préconisé par Louis Blanc en 1848. Il consiste à entretenir sur les budgets publics des ateliers sociaux dans les branches les plus importantes de l’industrie nationale, les corpora-

PIoUe tions fabriqueraient elles-mêmes, l’État ne serait que bailleur de fonds. Ces institutions présentent dans des proportions moindres, il est vrai, les inconvénients offerts par les ateliers de l'Etat, mais leur mise en pratique a produit des effets désastreux.

SECTION II

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