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Les Unions allemandes ont en général réussi à
adopter le type de fédérations aux branches nombreuses.
Parmi les Gewerkschaft, nous pouvons présenter le tableau cicontre montrant le grand nombre de branches (Zweigvereine), que possèdent la plupart de ces Unions.
Nombre de branches. Nombre de membres.
Imprimeurs nn 620 16.520 Ouvriers sur métaux..... 339 28.429 Gordonniers 27: ".0 230 10.356 DAOUTS ERP PEUT 209 7.318 MACORS TE er Re eu 171 12.167 Mineurs 2 Unions, l’une
en Saxe, l’autre en West-
DANS ARR Le 225 19.187 Porcelainiers........... 114 5.991 Ouvrier des Tabacs ..... 210700 13.750
Les ouvriers sur bois (Holxarbeiter) forment en outre une fédération embrassant les tourneurs, les charrons, les menuisiers, dans laquelle rentrent 820 branches, avec 46.605 membres.
Les secours de voyage sont très élevés, l’esprit migrateur de l'Allemand contribue sûrement à l'emploi plus fréquent de ce mode de secours, mais le nombre restreint de syndiqués ne leur permettant pas d’être suffisamment renseigné sur l’état du marché du travail en est la principale cause.
On peut remarquer que ce ne sont plus les ouvriers de la production industrielle mais au contraire les ouvriers des métiers de luxe qui sont surtout préoccupés de la question du chômage. La période d'activité
POSE industrielleque traverse l'Allemagne pourrait expliquer ce fait, mais nous pourrons constater qu'il se reproduit en général dans les autres nations du continent, il nous parait plutôt provenir du manque de développement intellectuel de la masse des ouvriers, qui est incapable decomprendre les idées de solidarité.
On peut relever des variations très grandes dans le taux des dépenses par membre, suivant les années; le manque de réserves dû à la fondation récente est sans doute une des principales causes, mais ces variations montrent surtout que ces unions ne parviennent pas à imposer une organisation sérieuse dans la distribution du travail souvent réalisée par les Trade Unions. En outre les tendances socialistes des Sociétés les mieux organisées doivent être peu favorables à cette entente si nécessaire avec le patronat pour éviter le chômage.
Toutefois le mouvement s’accentue assez rapidement vers de sérieuses organisations, le nombre des unionistes, cet élément si nécessaire s’accroit, sans cesse.
Pour les Gewerkschaft, le nombre des membres est passé de 221.530 en 1893, à 238.613 en 1894, et 295.175 en 1895, celui des Gewerkvereine, pendant les mêmes années passait de61.153, en 93, à 67.058 en 1894, et 67.226 en 1895.
D'après le tableau des Gewerkschaft comme d’après celui des Gewerkvereine, publiés par M. Schanz, dans ces deux dernières années aucun Syndicat n'aurait créé de caisse de secours dans la branche du chômage et chez ceux qui les ont institués le montant des indemnités semble plutôt être moins élevé. Il est vrai que la prospérité de l’industrie permet peut-être cette diminution dans les dépenses.
Les Gewerkschaft désirent pourtant développer ce mode de secours
at LE BTS EAN Pc DR ris £
DO ES lors du dernier Congrès, 4 au 8 mai 1896, la résolution suivante a été votée.
« Considérant que les secours de chômage, sans parler de leur caractère humanitaire, garantissent la stabilité des membres; qu'ils permettent d'opérer une amélioration dans les conditions du salaire et du travail, en ce sens que l'offre par le chômeur, d’un travail inférieur aux conditions normales est, sinon ‘écartée complètement, en tout cas bien diminuée, le deuxième Congrès voit dans ce mode
de secours un auxiliaire important, et même indispensable, des
organisations ouvrières. Le Congrès recommande donc aux associations allemandes de l’établir partout où son introduction ne présentera pas de difficulté. »
Parmi les Gewerkvereine, l'Union des commerçants allemands de Berlin mérite d’être classée à part, car elle a organisé une véritable assurance mutuelle contre le chômage, facultative, dans laquelle peut entrer tout membre de l’Union n’ayant pas dépassé 45 ans.
Cette assurance fut introduite en janvier 1885; les statuts ont reçu quelques modifications en 1895.
Les membres ont droit à des indemnités fixes, mais, comme dans toute mutuelle, les statuts portent que les secours aux membres sont soumis à l’état de l’encaisse, suivant que la situation des ressources ie permet, et ce, sans engagement ni droit en justice.
Les assurés ne doivent pas avoir atteint 45 ans pour être admis. Les secours sont de 37 fr. 50 (30 marcks) par mois pendant trois mois pour une prime mensuelle de 1 fr. 25 (1 marck), de 50 fr. (40 marcks) pendant six mois pour une prime mensuelle de 1 fr. 90 (1 marck 50) et de 75 fr. (45 marcks), pendant six mois pour une prime mensuelle de 3 fr. 10 (2 marcks 50).
L’assuré qui a été secouru pendant un semestre ne peut plus rien obtenir qu'après être resté neuf mois en place, ou en prouvant qu'il
=" 40D = a vécu une année entière de ses propres ressources, ou encore en versant la cotisation totale d’une année. Il y a des règlements très rigoureux pour les assurés qui perdent leur place par leur faute ou .n’acceptent pas celle qu’on leur propose ou ne cherchent pas à s'employer. Si, au moment du chômage, l’assuré est en retard pour le versement de ses cotisations, le montant des sommes non payées vient en déduction des secours. L’assuré doit se tenir à la disposition du comité local deux heures par jour et être autorisé s’il veut changer de résidence. Avant de toucher un secours, il faut faire la déclaration des profits accessoires dont on peut bénéficier et abandonner 25 0/0 à la caisse ; si ces profits accessoires atteignent le double du secours, correspondant à la prime versée, l’assuré perd tout droit au secours.
L’assuré doit verser pendant deux ans et demi, avant que s’ouvre son droit à l'indemnité ; elle n’est pas accordée dans les quinze premiers jours du chômage, à moins qu’il ne se prolonge.
L’actif de cette assurance se montait à 5,494 fr. (4,395 marcks) en 1890.
Le nombre des membres en 1885 n'était que de 20 sur 401 Unionistes, soit à pgine 5 0}, en 1894, ils étaient 229 sur 3,675, soit
Cette assurance facultative n’a pas eu de succès parmi les membres de l’Union et, en 1891, on admit la nécessité de joindre une assurance obligatoire analogue à celle que l’on rencontre dansles autres unions.
Les fonds de cette caisse ne sont plus constitués par des cotisations spéciales, mais par un prélèvement de 25 0/, sur les quotités hebdomadaires (20 pf.); le secours est de 1 fr. 25 (1 marck), pendant quatre-vingt-dix jours, y compris les dimanches et jours fériés, et peut être renouvelé après six mois. Il est permis actuellement de faire partie des deux caisses et de recevoir de chacune d'elles les indemnités fixées par les statuts.
Bien que les résultats obtenus soient moins importants qu’en Angleterre, il est certain que l’œuvre des unions allemandes est très efficace, mais elle ne rend encore de réels services qu'à un nombre très restreint de salariés et il est aisé de constater qu’elle ne s’adresse qu'aux ouvriers possédant une capacité professionnelle.
Les résultats que présentent les autres pays d'Europe sont loin d’être aussi remarquables.
$ IIE. — Autriche.
Les unions professionnelles forment comme en Allemagne deux groupes distincts : les unions d’éducation ouvrière Arbeiterbildungsvereine et les associations Gewerkschaft.
Le premier groupe comptait, en 1896, 519 unions avec 33,400 membres, et les Gewerkschaft 99,434 membres, soit au total 132,834 membres (1), ce qui ne représente que 4,79 °/, de la population ouvrière.
D'après le recensement de 1890, il y a dans l’industrie en Autriche 39.316 employés, 2.144.606 ouvriers et 99,12 journaliers ; dans le commerce 106.343 employés, 204.527 ouvriers, 175.620 journaliers, soit au total 2.769.546.
Les Arbeiterbildungsvereine se sont peu préoccupé des secours de chômage; certaines unions les ont cependant institués, mais le chiffre des dépenses pour ce service est peu élevé; pour les secours de voyage, un
(1) Schanz, Neue Beitræge, p. 130.
plus grand nombre d’unions les ont institués, mais les sommes affectées à ces secours sont très faibles.
Sur les 519 Arbeiterbildungsvereine en 1896, 238 avec 19.508 membres ont publié leurs relevés de compte; 137, soit 57 0/,, avaient institué des secours de voyage pour lesquels les dépenses s'élevaient pour le premier semestre à 2,383 fr. ; 75, soit 31 0/,, représentant par suite 20 0/, des Unionistes avec 6,985 membres, avaient institué les secours de chômage et leurs dépenses pour ce service s’élevaient pour le premier semestre à 2.567 fr.
On peut donc évaluer à 10.000 fr. les dépenses annuelles de ces Unions pour l’ensemble des secours de route et de chômage (1).
Les Gewerkschaften ont réalisé des œuvres plus importantes et leurs dépenses par membre sont même plutôt plus élevées que dans les unions allemandes, mais toutes les branches (vereine) d’une même profession n’ont pas institué les indemnités en cas de chômage et les secours de route.
Comme dans les Gewerkschaften allemandes, les secours consistent en indemnités de chômage et en secours de voyage ; il est à remarquer que les secours de chômage sont ici relativement beaucoup plus importants ; en outre les métiers de luxe ne sont pas les seuls présentant de fortes dépenses.
Dans le tableau ci-contre, les deux premières colonnes renferment la dépense par semaine et par membre pour indemnité de chômage et les secours de route; dans la troisième colonne, nous avons indiqué la dépense totale pour les deux institutions, par rapport à tous les membres, en y comprenant les membres des Unions (vereine) n'ayant
(1) Schanz, Neue Beitræge. p. 130.
pas institué ces modes de secours; la quatrième colonne donne le rapportdansles Gewerkschaften allemandes ; la comparaison de ces deux colonnes montre l'importance relative des institutions dans les deux pays pour les principales Unions.
Ces chiffres sont relatifs à l’année 1896.
ORNE MOYENNE TOTALE DÉLAI LS SRE RE Des dépenses par rapport au CORPORATIONS Moyenne des | Moyenne des | nombre total des membres.
depenses pour |dépenses pour) . —
indemnité secours
de chômage. de route AUTRICHE ALLEMAGNE IMPTHIMEUTS EEE TEE 0 18 0 09 0 24 0 30 ReleurS eee ere 0 24 0 009 021 0 02 Gantiers ir Serre 0 02 0 008 0 031 0 26 Chapeliers Re enr 0 16 0 17 0 30 0 16 Porcelainiers........... 0 048 0 002 0 049 0 04 DOUIDICULS NE SAC 0 36 0 02 (DA) 0 26 Ouvriers sur bois....... 0 038 0 056 0 078 0 026 Tonneers 2e Mel 022? 0 004 0 16 0 02 Horperons ere ere 0 25 0 001 0 25 0 004% PélleLerS Cent ent 0 40 0 0 40 ess Tournedrs Peer 0 10 0 007 0 10 »
Ouvriers sur métaux et
des chemins de fer.... 0 066 0 058 0 053 »
Mineurs era ce 047 (y. 2,2 0 03 »
Il se dégage de ce tableau que les dépenses sont plus élevées dans les Gewerkschaften autrichiennes que dans les Gewerkschaften allemandes.
C'est ce que confirme les chiffres relevés sur l’ensemble. Les Gewerkschaften allemandes comptant 259.175 membres dépensent (indemnités de chômage et secours de route réunis) 624.393 fr. soit 2 fr. 90 par membre en 1895, et les Gewerkschaften autrichiennes en 1896 avec 97.874 membres ont dépensé environ 300.000 fr., soit 3 fr. 20 par membre.
$ IV. — Etats-Unis.
Aux Etats-Unis l’organisation des secours contre le manque de travail a été pratiquée par quelques unions comprises dans la Fédération du travail, mais elles ont surtout organisé les secours de route et très peu ont institué les secours de chômage pour les ouvriers sédentaires.
L'Union des cigariers, fondée en 186%, dont le siège est à Chicago, a institué en 1880 les secours en cas de chômage ; elle donne pendant six semaines un secours hebdomadaire de 15 fr. qui peut être renouvelé après un intervalle de sept semaines et ne peut excéder 360 fr. par an; les frais ont été pendant une moyenne de onze ans, de 1879 à 1891, par semaine et par syndiqué, de 0 fr. 28; en 1894, année de crise industrielle, les dépenses pour le chômage ont été de 872.586 fr. et pour les frais de route 210.771 francs.
La German American Typographia, fondée en 1873, a organisé, dès le début, les secours de route ; les frais ont été en 1894 de 4 fr. 29 par membre et par semaine par suite de la crise générale et de l'introduction de la machine à composer.
La dépense moyenne par semaine, et par membre pendant ces dix ans a été de O fr. 43:
Années Membres Dépenses Dépenses Total de chômage de voyage
1885. 563 5.594 1.727 17321 1886. 774 1269 1.320 8.585 1887. 983 6.200 2.417 8.617 1888. 1.106 6.575 3.946 9.921 1889. 154419 31.407 2.280 33.687 1890. 1.188 21.575 2.883 24.458 LS 91 4299 30.333 3.142 33.445 1892. 1.366 46.797 3.985 50.782 1893. 1.380 39.175 2.198 41.373 1894. 1.244 86.312
Le secours de chômage n'est accordé qu’aux membres appartenant
à l'Union depuis un an, les premiers quinze jours de chômage ne sont pas indemnisés.
Le secours est de 30 francs par semaine pendant cinq semaines, il est ensuite suspendu pendant trois semaines et repris pendant cinq semaines et ainsi de suite. Mais un membre ne peut toucher plus de 420 francs dans une année.
Dans l’Union internationale des mécaniciens (International machinists” Union) de Chicago, les Unions locales ont la charge des secours de chômage et organisent dans chaque ville un bureau de placement.
Le rapport des délégués ouvriers français à l'exposition de Chicago sur les Syndicats ouvriers aux E'ats-Unis, publié par l'Office du Travail en 1894, ne signale pas d'autre organisation d'institutions
en vue de la protection contre le chômage.
La plupart des unions ne cherchent qu’à s'organiser en vue de la lutte contre le puissant patronat qui domine dans ce pays, et les institutions, telles que les caisses de chômage, ne peuvent faire l’objet de leurs préoccupations.
Un élément encore fort important, malgré les pertes subies en ces dernières années, l’ordre des chevaliers du Travail, rejette les unions corporatives pour former des fédérations ouvrières sars distinction professionnelles qui organiseront les coopératives, grâce auxquelles dans leur pensée disparaitra le patronat.
Cet ordre comprenait 730.000 membres en 1886, mais il n’en compte plus guère que 65.000 en 1894.
€ Prenez cinquante hommes de la même profession, disait le grand maître de l'ordre Powderly, faites-en une Société et ils ne
Face discuteront que des sujets relevant de leur profession. S'ils ne se mélangent pas avec des hommes d’autres métiers, ils re-teront indifférents aux besoins des autres et ils finiront par ignorer leurs propres droits parce qu’ils ne connaïitront pas les droits des autres. L'égoïsme sera leur règle.» (Les Syndicats ouvriers aux Etats-Unis). Il est assez probable que l'ordre ne s’occupera jamais de l’organisation du chômage professionnel, il irait sans doute à un échec par suite de son principe de ne pas admettre les intérêts purement corporatifs, ainsi que l’établiront la plupart des expériences tentées sans distinctions professionnelles. D'ailleurs son but est purement la lutte politique.
Dans les unions américaines, une autre cause vient s'opposer à la constitution d'organisations sérieuses capables d'entreprendre l’œuvre de l’assurance contre le chômage, c’est l1 diversité des races, qui forment la population ouvrière dans ce pays, les ouvriers de race noire sont la plupart du temps rejetés par les unions, et ceux appartenant à la race jaune à peu près toujours.
Mais même dans les éléments de race blanche, la fusion n’est pas encore suffisante, suivant l’origine, les conditions de la vie sont absolument différentes, et cette diversité ne permet pas d’espérer encore la réalisation d'œuvres, telles que les caisses de secours de chômage.
D'NSIISSE.
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Les organisations de caisses de secours contre le chômage sont assez rares ; parmi les associations professionnelles suisses, toutefois la question de l’assu-
rance contre le chômage est absolument à l’ordre du jour dans ce pays (1).
Il semble ressortir des opinions émises par les diverses sociétés ouvrières que les associations professionnelles désirent instituer l'assurance, mais avec le concours des autorités cantonales et municipales.
C’est ce qu’exprime, dans un article de ses conclusions voté le 10 février 1896, la Société des Arts et Métiers.
« L'assurance contre le chômage doit être encouragée, autant que possible, par les autorités communales et municipales d'accord avec les associations professionnelles ».
La même idée se dégage encore de la réponse à une circulaire du département de l'Industrie en 1894, adressée par la Société commerciale de Zurich (Kaufmænnische Gesellschagt) :
1° La Confédération doit prêter son appui à la création et à l’organisation de bureaux pour les ouvriers sans travail, bureaux de placement et d’assurance contre le chômage (arbeïtlosen bureaux). Parmi ces bureaux, les uns doivent être intercantonaux et créés par les Syndicats professionnels, les autres doivent être locaux et organisés par des commune*, des districts, des cantons. Il n’est pas nécessaire que chaque bureau s'occupe à la fois du placement et de l'assurance contre le chômage ;
20 L'essentiel est une bonne organisation des bureaux de placement. À cet effet, la Confédération doit leur donner les compétences nécessaires et leur payer 25 c}, des frais occasionnés par l’offre et la demande de travail ; :
3° La Confédération doit verser une subvention équitable aux caisses d'assurances contre le chômage. Cette assurance doit être organisée par les bureaux pour les ouvriers sans travail.
(1) Nous avons vu que les partis socialistes réclament, sous le nom d'assurance, un nouveau système d'assistance qui aurait de très fâcheuses conséquences.
L'une des plus importantes sociétés ouvrières de la Suisse votait en 1894 la résolution suivante : « La Société suisse du Grütli a la conviction que l’assurance contre le chômage ne peut recevoir de solution rationnelle que sur le terrain de la confédération, à l’intérieur de grandes associations professionnelles d'ouvriers protégées par la loi et grâce à l’appui financier de la Confédération, des cantons et des communes (Musée sociul, série B, cire. 31 août 1896).
M. le conseiller national Hoffmann, dans le congrès ouvrier suisse tenu à Lucerne, le 3 avril 1899, exprimait le vœu que « l’assurance contre le chômage soit instituée par des caisses communales, mais que les associations professionnelles possédant l’assurance contre le chômage soient soutenues, en ce sens que, à certaines conditions, elles doivent recevoir le même appui financier des communes, des cantons et des employeurs que les caisses publiques d'assurances. » (La solidarité horlogère, Bienne, 8 avril 1899).
Actuellement l’union typographique a seule réalisé une importante caisse de secours pour ses membres ; elle distribue ses indemnitées soit sous la forme de frais de route et de déménagement, soit sous la forme d’indemnités de chômage.
L'Union typographique suisse comprenait 1.150 membres en 14890 et 1.434 à la fin de 1895; elle a distribué pendant cet exercice 5.255 fr. en frais de route, 3.636 fr. en frais de chômage, ce qui représente 16 /, des dépenses totales de l’année.
Le maximum par membre est de 126 fr. dans une année (Office du Travail).
Comme la plupart des Sociétés anglaises, elle ne reçoit que les ouvriers en état de gagner un salaire minimum.
Les prestations des autres Sociétés d'artisans sont
sans importance en matière d’assurance contre le chômage.
Toutefois, la Fédération des cordonniers a assez bien organisé les secours de route. (Egger, L'assurance contre le chômage, p. 33.
Il nous paraitintéressant de signaler une tentative réalisée en 1894, par Richard Lenz, en vue d'établir une caisse de secours contre le chômage pour les travailleurs de la broderie (25 à 30.000 ouvriers); lin lemnité était distribuée pendant 4 semaines en hiver, 2 fr. pour les hommes, 1 fr. pour les femmes, les cotisations étaient O fr. 20 pour les hommes, 0 fr. 10 pour les femmes. La Fédération des brodeurs devait accorder une subvention de 5.000 fr., mais la caisse ne put réunir suffisamment de membres.
Une autre tentative qui devait s'adresser aux derniers rangs de la classe ouvrière a eu des conséquences importantes par suite de l’institution dont elle a été l’origine et mérite à ce titre d’être signaler.
Le 7 avril 1892, l'Union des Manœuvres de Berne fondait une caisse de chômage. Pouvaient être admis tous les manœuvres terrassiers, journaliers, etc., domiciliés à Berne. Chaque membre devait donner mensuellement à la caisse le produit d’une heure de travail.
Le taux de l'indemnité devait être fixé, en assemblée générale, d’après l’état de la caisse; les célibataires obtiendraient les 3/4 du secours, les gens mariés la totalité, après une semaine de chômage et sous la condition qu'aucun travail ne leur ait été offert.
Le droit à l'indemnité commençait après 6 mois d'inscription, si les cotisations avaient été régulièrement payées. La caisse n'avait absolument en vue que le chômage proprement dit, le chômage par suite d'accident et de maladie n'était pas pris en considération et les secours de grève devaient être fournis sur une majoration des cotisations.
Les auteurs du projet, sentant combien leur œuvre aurait des difficultés à se soutenir seule avec Jes faibles ressources des adhé-
— 110 ‘— rents cherchèrent à obtenir,le secours des membres honoraires. Une commission due à l'initiative privée chargée d'adoucir le sort des sans travail reçut communication du projet; elle comprit qu'il était, nécessaire d> far iatervuir les entrepreneurs et la commune, et sa proposition, adressée au conseil municipal le 16 septembre 1892 fut l’origine de la 1" caisse municipale d'assurance contre le chô-
mage que nous étudierons plus loin.
$ VI. — Belgique
Le nombre des ouvriers faisant partie d’unions professionnelles était, en 1891, d’après M. Vandervelde, d'environ 60 à 70,000, soit 1/10 de la population male. Vingt-neuf unions avaient institué des caisses de secours contre le chômage 1).
Depuis 1895, le mouvement syndical semble s'être accentué en Belgique.
D'après M. Varlez dans la ville de Gand, le nombre des Syndiqués qui était de 9.980 en décembre 1895, est passé à 17.804 en juin 1896. M. Schanz (Neue Beitræge, p. 139), ajoute que d’après le correspondant des Gewerkschaften allemandes, dans ce chiffre ne sont pas compris 43 Sociétés de secours avec 865 membres, ce qui porte le total des Syndiqués à 18.669, soit 36 0/, de la population ouvrière. Le nombre des Syndiqués semble depuis avoir diminué, fort peu il est vrai, dans les Syndicats socialistes, le nombre des membres était de 10.929 en 1896, il était de 9.153 en 1898. (Fédération ouvrière Gantoise, Musée Social, janvier 1899).
(A) Enquête sur les associations professionnelles d'artisans et ouvriers en Belgique, t. I et Il, Bruxelles, 1891.
Une institution très curieuse est celle des ateliers de chômage ; certains syndicats possèdent des ateliers où ils occupent les ouvriers sans travail de la profession, le rendement des ouvriers est toujours un allègement pour la caisse et l'écoulement des produits fabriqués est en général assuré; les unions qui ont institué ce mode de secours étant des unions socialistes ayant leur clientèle dans les membres du parti.
On peut citer comme ateliers de chômage, l’atelier des cigariers de Gand, il offre une quinzaine de places pour les chômeurs et a en outre deux employés permanents, le directeur et l'empaqueteur. Tout chômeur appartenant au Syndicat a le droit de venir travailler à cet atelier dix-huit jours par trimestre pour un salaire minimum de 2 fr. 50 par jour. Le Syndicat à en moyenne de 10 à 15 chômeurs qui sont ainsi toujours occupés, la vente des cigares de la coopérative gantoise étant assurée dans les autres coopératives socialistes, les bénéfices se partagent entre le Syndicat et les Caisses de propagande.
Cette œuvre est exclusivement socialiste et repousse ceux qui ne partagent pas ces opinions. Les cigariers ont aussi un atelier de chômage à Anvers, les confiseurs ont un atelier à Bruxelles, on rencontre encore les deux ateliers des Syndicats de l’alimentation à Gand, et l'atelier de cordonnerie du Voruit.
Les institutions de secours contre le chômage sont assez importantes en Belgique.