‹ L'Assurance Contre Le ChomageChapitre 43 sur 138 · DE L'ORGANISATION DES SECOURS DANS CERTAINES € UNIONS · texte numérisé non relu

DE L'ORGANISATION DES SECOURS DANS CERTAINES € UNIONS

Ville Profession Indemnité par Durée semaine du secours jours Bruxelles Employés 14 fr. 30 Un max de 30 fr. est alloué pour la publicité Gand Employés 14 fr. 90 te de procurer une place.

— Typographes 10 fr. 70 es ane. 12 fr. 75 Suivant leur cla se.

— Métallurg. 10 fr. 50 — Métallurg. ire 42 : FE Ce Syndicat ne distri- — Métallurg. 6 fr. 42 bue le secours que si les Ouvriers ne peuvent être occupés dans son atelier de chômage, — Alimentat. 3 fr. 50 28 — Textiles 3 fr. 35 = — SES 42 S— = SLT 5 EE = 7 pains 56 — Fileurs de 6 pains 28 3 fr. 50 indemnité de voyage. Lorsque le ehocoton mage est occasionné par

là transformation d’un métier, le membre recoit 40 fr. d'indemnité par année d’afiliation jusqu’à concurrence de 60 fr.

(1.600 membres)

Parmi les Syndicats gantois, douze autres distribuent des secours de voyage variant cntre 3 fr., 3 fr. 50, 4 fr. et 5 fr. et qui peuvent être alloués une ou deux fois dans l’année.

Certains Syndicats admettant des femmes, distribuent de faibles secours pour aider à chercher du travail.

L’Association typographique de Bruxelles, alloue des indemnités de chômage dont le maximum annuel est de 100 fr. ou 200 fr., suivant le nombre d'années de sociétariat ; cette Société fondée en 1842, comptait 1.394 membres en 1897, en prenant la moyenne des dépenses par rapport aux années 1894 (13.381 fr.), 1896 (7.667 fr.), 1897 (1.381 fr.), on trouve par semaine et par tête O fr 11.

La Chambre syndicale des ouvriers peintres de l’agglomération Bruxelloise, fondée en 1884, paie une indemnité fixée chaque année au 1°* décembre, d’après les ressources de la caisse ; il faut faire partie de l'association depuis deux ans. En décembre 1896, il y avait 110 membres, et la caisse avait distribué 649 fr., soit une dépense par semaine de 0 fr. 11 par membre ; la profession est très exposée au chômage (Cornil, l'assurance contre le chômage, p. 7).

Ces unions professionnelles ne présentent que des associations locales, à part la Fédération typographique qui s'étend sur tout le pays; en outre, elles manquent d'esprit d’unité si nécessaire pour la bonne distribution des travailleurs. Leurs divisions en socialistes, antisocialistes, catholiques, libéraux, indépendants et associations chrétiennes doit nuire à la réalisation de leurs œuvres ; il est vrai que la foi socialiste qui anime certaines unions leur fait accomplir des actes de véritable héroïsme.

Emile Vandervelde dans son enquête, cite le fait suivant qu'il a rencontré dans le Syndicat des ouvriers cigariers bruxellois. « La proportion des ouvriers sans travail augmente annuelle- « ment avec une effrayante régularité, par suite de l'emploi des « femmes et des enfants et de la concurrence des ouvriers de pro- S

vince dont une bonne partie sont tributaires des Bureaux de bien-

faisance :

En 1888, 20 à 25 ouvriers sans travail sur 200 Syndiqués En 1889, 40 — 180 — En 1890, 60 — 140 —

« La Société qui avait 15.000 fr. en caisse n’en a plus que 8.000. Les recettes hebdomadaires :.e sont que de 150 fr., les dépenses s'élèvent à 360 francs.

« Rien de navrant comme cette agonie d’un corps de métier inévitablement condamné à mort et dont on doit admirer malgré tout l'héroïque résistance. Les 80 syndiqués bruxellois assez heureux pour conserver de l'ouvrage gagnent pour la plupart moins de 3 fr. par jour, triplent la cotisation fixée par le règlement et prélèvent en faveur de leurs camarades sans travail une cotisation de 1 fr. 25 par semaine (9 à 40 0/, de leur salaire). Cela non pour remplir des engagements que les Statuts leur imposent mais pour aller bien au-delà de ces obligations: le règlement ne garantit une indemnité que pendant trois mois et voici bientôt trois ans que certains d’entre eux vivent aux frais de l'Association, grâce à cette allocation d’un franc par jour. C’est un touchant spectacle que de voir ces rudes hommes s’assembler toutes les semaines à la Maison du Peuple, trop pauvres pour boire un verre de bière, mais assez riches pour retrancher de leur pitance les frais d'entretien de leurs frères sans travail. L'un d'eux me disait avec une lueur d’orgueil au visage : C’est grâce à notre Association que pas un de nous n’est obligé de passer au

Bureau de bienfaisance. »

$ VII. — Italie.

En Italie, pendant ces dix dernières années, l’espri

d'association s’est très rapidement développé. Sous

l'influence d’esprits distingués, parmi lesquels M. Luigi Luzzati, tient sans conteste le premier rang, les mutualistes ont réalisé des œuvres remarquables, dont M. Léopold Mabilleau nous donne un fort intéressant tableau dans son livre de La Prévoyance Sociale en Ttalie.

D’après la statistique publiée par le Ministère du commerce et de l’industrie en 1885, on comptait 4,900 Sociétés de secours mutuels avec 781,491 membres et en 1898, 6,275 Sociétés avec 994,183 membres. D’après M. Mabilleau, le nombre de sociétaires effectifs dépasse le million, ce qui donne une moyenne de ?/,,, sur l’ensemble de la population.

Ces Sociétés de secours mutuels se sont occupés des œuvres les plus diverses, mais les institutions en vue du chômage n’ont été réalisées que par les Sociétés purement professionnelles.

234 Sociétés ont institué des secours pour leurs membres sans travail; 429 Sociétés ont organisé les secours de route pour les sociétaires à la recherche du travail; 545 Sociétés s'occupent du placement de leurs membres.

Mais l’œuvre dont se sont le plus vivement préoccupées des Sociétés de secours mutuels est l’œuvre du prêt sur honneur pratiquée par 1,151 Sociétés, et surtout par des Sociétés de travailleurs agricoles. Ces prêts sont consentis en général pour l’achat d'objets spéciaux utiles à la production, outils ou matières premières, mais parfois aussi, le prêt est fait à l’ouvrier sans travail, pour lui permettre d’attendre la reprise de l’ouvrage et constitue par suite un secours de

chômage. Cette avance est faite à un taux très faible et le mode de remboursement permet à l’ouvrier de se libérer facilement.

Un autre caractère remarquable que présente ce mode de prêt, c’est que ce sont les Banques populaires ou les Caisses d'épargne qui se chargent des avances lorsque leur importance l'exige. En 1893, 70 Banques populaires faisaient le prêt d'honneur et avaient accordé pour ce service 621,471 francs, les remboursements avaient d’ailleurs égalé les sorties. L'intervention des Banques ou des Caisses d'épargne n’est nécessaire que pour faire les avances.

La distribution des secours de chômage est donc assez sérieusement établie en Italie, mais l’organisation purement locale des Sociétés ne leur permet pas d’exercer une action assez efficace pour la lutte contre le le chômage; seule, la Federatione di M. S$S. di litografi, présente une organisation s'étendant à toute l'Italie.

Il est vrai que certaines Sociétés ont institué des systèmes fort ingénieux pour protéger leurs membres contre le fléau. Un des plus remarquables est celui que présentent les deux Sydicats ouvriers des boulangers et des garçons limonadiers appartenant à la Bourse du travail de Bologne.

Chaque membre pourvu d’un emploi abandonne aux sans travail, au moyen d'un roulement, un ou deux jours de travail chaque mois, 8.700 journées ont été ainsi distribuées aux chômeurs. 1l y a là. pour certaines professions seulement, un moyen très pratique de lutter contre les désastres du chômage, surtout en période de crises.

$ VIII. — France.

En 1894 sur 2.178 Syndicats comptant 408.025 membres, il n’a été signalé à l’enquête de l'Office du travail que 66 Syndicats, soit 3 °/ ayant distribué des secours de chômage à 14.600 membres soit 3.5 °/, des syndiqués.

487 syndicats ont inscrit dans leurs statuts l’institution de caisses de secours contre le chômage de leurs membres ; 184 ont même déterminé le taux de l'indemnité quotidienne ou hebdomadaire, mais 159, dont 34 de ceux qui avaient fixé la réglementation de ce secours, n’ont pas donné suite à leurs projets ou ont abandonné après tentative de mise à exécution.

Mais parmi ces 159 syndicats qui ont déclaré ne pas donner de secours réguliers de chômage, malgré leur intention primitive, 10 partagent entre les chômeurs le produit de souscriptions spéciales, 2 ont une caisse de prêts et 2, en morte saison, répartissent le travail également entre tous les ouvriers du même atelier; 15 autres Syndicats, avec 750 membres, ont bien organisé une caisse, mais n’ont pas distribué de secours, soit parce qu'il n’y a pas eu de chômeurs, soit parce que la caisse était épuisée; enfin, 6 nouveaux Syndicats, avec 899 membres, n’ont commencé à donner des secours qu’en 1895. La statistique de l'Office du travail en 1897 porte 99 Syndicats ouvriers, 2 Syndicats mixtes, 3 Unions de Syndicats, présentant une organisation des caisses de chômage.

Les secours de route ont été institués par 402 Syndicats.

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