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Nous ne trouvons pas ces importantes fédérations
exerçant leur action sur tout le territoire et permettant le placement de leurs membres.
La Fédération des travailleurs du livre, une élite ouvrière pourtant, groupant 7,022 membres répartis entre 147 syndicats locaux, qui compte pour une part importante dans les premières tentatives d'organisation, n’a pas réussi au début de l'année 1896 à grouper la majorité nécessaire (deux tiers des adhérents), pour la constitution d’une forte caisse centrale de chômage. Elle n’a organisé que les secours de route fixés à 1 fr. 50 pour les premiers 40 kilom., plus 0 fr. 50 par 20 kilom. en plus, jusqu’à 200 kilom. soit un maximum de 5 fr. 50 pour chaque distance parcourue d’une section à l’autre.
Ces résultats, depuis quatorze ans que la France possède la loi sur les Syndicats, prouvent combien il est difficile de compter sur ces organismes pour résoudre dans notre pays la question du chômage.
Pour de multiples raisons, il est probable que nos Syndicats ne pourront accomplir de longtemps l’œuvre réalisée par les Trade-Union, ou les Unions ouvrières allemandes.
L'ouvrier anglais, tout en étant très individualiste et ne croyant qu’au self help sait se grouper; quant à l’ouvrier allemand, son tempéramment le porte vers l'association, alors que l'esprit qui s’accuse dans notre race nous porte à repousser tout groupement; enfin, est-ce parce que nous sommes ceux qui payons avec l'impôt la cotisation forcée la plus lourde, nous n’aimons pas nous imposer de contribution facultative. L’ouvrier français paie irrégulièrement des cotisations dérisoires.
N'ayant pas d’argent, les Syndicats ne peuvent offrir aucune utilité immédiate à leurs membres ; pour cette raison ils ne groupent que des militants, ce qui achève de les rendre suspects aux patrons, et le boycottage des ouvriers syndiqués est en général pratiqué par les employeurs français.