‹ L'astigmatisme et les verres cylindriquesChapitre 17 sur 21 · SEXE · texte numérisé non relu

SEXE

(ElL.

P* horiz.

mm.

P* verlic.

mm.

F” horiz. en pouces

F" vcrtic.

de Paris.

As = I .

Vo.

Rr.

Rr. Jr.

Fr.

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Pg.

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Im.

Vg.

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Ren.

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rn.

Il est calculé de la même manière et d’après les mêmes données que le tableau de la page 25 qui se rapporte à l’astigmatisme noi-mal. Nous avons réuni ici vingt et un cas présentant une diminution de l’acuité de la vision par suite d’astigmatisme anormal.

Dans la plupart de ces cas nous avons fait, tant dans la section verticale que dans l’horizontale, toutes les mensurations nécessaires pour calculer les éléments de l’ellipse. Nous ne les mentionnerons pas ici , comme elles n’ont pas

(38 l’astigmatisme.

une grande importance pour noire sujet; nous indiquerons seulement que l’excentricité de la section elliptique dans le méridien vertical était toujours très petite. Nous ajouterons aussi que, surtout lorsqu’il existait de l’hypermétropie, la ligne visuelle faisait presque toujours un angle assez grand (7 à 9 degrés) avec l’axe de la cornée, ce qui cependant n’est pas étonnant, car de nombreuses mensurations faites communément avec le docteur Douer (1) nous ont appris que l’angle que la ligne visuelle fait avec la cornée est généralement considérable chez les hypermétropes.

Le tableau ci-dessus n’a pas besoin de longues explications. Les cinq colonnes renferment :

La première, le rayon mené par la ligne visuelle dans un plan horizontal, exprimé en millimètres.

La deuxième, le rayon mené par la ligne visuelle dans un plan vertical, exprimé en millimètres.

La troisième, la distance focale postérieure de la cornée dans le plan de la colonne I, exprimée en pouces de Paris.

La quatrième, la distance focale postérieure delà cornée, dans le plan de la colonne II, exprimée en pouces de Paris.

La cinquième, en pouces de Paris, la distance focale de la lentille cylinilrique, qui, placée dans la direction voulue, immédiatement devant la cornée, rendrait égales les distances focales III et IV. — Le degré de l’astigmatisme résultant de l’asymétrie trouvée dans la cornée est donc 1 : 10,78; 1: 20,04; etc. — D. signifie l’œil droit; S., le gauche (smzsfe?’) . Chez quelques personnes on a mesuré les deux yeux, chez d’autres un seul ; en outre, m. signifie sexe masculin, /., féminin. En somme, j’ai ren-

(I ) Verslagen en mcdedeclingen van de Koninkl. Akademie van JVefcn^ schappen, 1862.

CAUSE ET SIÈGE DE l’aSTIGMATISME ANORMAL.

contré l’asymétrie plus fréquemment chez des hommes que chez des femmes ; toutefois d’enlreces dernières, le nombre de celles qui ont été soumises à nos mensurations est relativement moins considérable.

Un coup d’œil sur le tableau ci-dessus fait voir que dans tous les cas, le rayon de la cornée était sensiblement plus petit dans le plan vertical que dans l’horizontal, et qu’ainsi, sans exception, la forme de la cornée expliquait non-seulement le haut degré d’astigmatisme, mais de plus un astigmatisme à distance focale plus courte dans le méridien vertical, ce qui coïncide tout à fait avec ce que nous avions observé , également sans exception , pour l’ensemble du système dioptrique.

La haute importance de l’asymétrie de la cornée est surtout évidente, si l’on examine par comparaison le tableau de la page 25 renfermant les résultats d’observations faites sur des yeux normaux, à acuité de vision parfaite. Ici le maximum d’asymétrie observée reste au-dessous du minimum enregistré dans le tableau de l’astigmatisme anormal, si l’on ne tient pas compte du n“ 2 du dernier tableau, chez lequel les troubles fonctionnels étaient peu considérables (S = et du n® \h du premier tableau, chez lequel un second examen révéla une diminution de l’acuité de la vue (S =: — Le n" 7, dont la cornée gauche expliquait les

troubles visuels constatés, avait pour l’œil droit une vision parfaite, et l’on trouve, en effet, pour cet œil les rayons de courbure égaux dans les deux plans : p® horiz. = 8,11, P® vertic. =: 8, 10.

Ces faits prouvent évidemment que l’astigmatisme anormal dépend d’une asymétrie de la cornée.

C’est une autre question de savoir si, dans ces cas où

l’astigmatisme.

l’asymétrie de la cornée venait en première ligne, on peut négliger tout à fait rinfluence du cristallin. Le tableau cidessous, dans lequel on a comparé sur 10 yeux avec l’astigmatisme existant véritablement (colonne IV), celui calculé d’après la forme de la cornée (colonne V), le démontre d’une manière presque suffisante. Le degré de l’astigmatisme (colonne V) a été déduit du degré d’amétropie existant dans les deux méridiens principaux (colonne III), calculé d’après les lentilles nécessaires pour faire voir successivement un point lumineux dans deux directions opposées, comme la ligne la plus mince (colonne VI), pendant la paralysie artificielle de l’accommodation (méth. 8, p. 56). Le résultat démontre qu’à la seule exception de deux cas (n®“ 9 et 10), l’astigmatisme véritablement existant surpassait celui que l’on trouvait par les calculs de la forme de la cornée. C’est ce que l’on pouvait attendre si l’influence du cristallin est faible ou tout à fait nulle. Nous avons, en effet, déterminé l’astigmatisme de tout le système dans les deux méridiens principaux qui correspondent à la direction des lignes qui limitent l’intervalle focal. Au contraire, l’astigmatisme dépendant de la cornée a été déterminé d’après les rayons de courbure d’une section verticale et d’une horizontale. Or, les méridiens principaux s’éloignent, dans les dix cas du tableau ci-dessus (voyez colonne VI), plus ou moins de ces sections, et la moindre déviation rend sensiblement plus considérable le plus petit rayon de courbure et diminue également le plus grand. Ceci explique suffisamment les différences trouvées pour 2, 5 et 6, et correspond tout à fait aux différences plus petites de B, à, 7 et 8. Quant à la grande divergence du premier cas (n"!), elle tient à unedétermination inexacte de l’astigmatisme. Ces cas ont été examinés alors que je

CAUSE ET SIÈGE DE l’aSTIGMATISME ANORMAL. 7l

l’astigmatisme.

ne connaissais pas de méthode plus exacte que celle décrite sub 8“ (p. 56), et nous avons fait observer qu’elle laissait beaucoup à désirer toutes les fois qu’un astigmatisme irrégulier considérable était en jeu. C’était le cas pour le n" 1, à un tel degré que déjàde prime abord le résultatobtenu fut considéré comme très incertain; et un examen subséquent, fait d’après une autre méthode, a en effet démontré que l’astigmatisme régulier de cet œil n’était point 1 : 4,55, mais environ : ainsi s’expli(iue aussi la grande différence trouvée pour ce cas-là. Il ne reste donc plus que les n®® 9 et 10 pour lesquels il faut admettre une influence du cristallin, et cela dans un sens opposé à l’action astigmatique de la cornée. D’après tout ce qui précède, nous sommes en droit de maintenir la conclusion que dans la grande majorité des cas l’astigmatisme anormal a pour cause une asymétrie de la cornée (1).

On se demande maintenant, après avoir constaté l’asymétrie, si le rayon du méridien horizontal est plus grand, ou celui du vertical plus petit que dans l’œil normal symétrique. En premier lieu, nous répondrons qu’ordinairement le rayon du méridien horizontal est sensiblement plus grand. Sur 120 mensurations d’yeux d’hommes à acuité de vision parfaite, j’ai trouvé pour le p“ dans le méridien horizontal une moyenne de 7,858 millimètres, un maximum de 8,396

(I) Pour mieux établir , la comparaison, nous avons, sur 8 à 10 yeux astigmaliques déterminé les rayons de courbure dans le milieu , c’est-àdire approximativemeut dans l’axe de la cornée, et dans des plans qui correspondaient à la direction des méridiens principaux. J’en ai déjà fait mention au congrès d’oculistes tenu à Heidelberg, en septembre 1861. La plupart de ces mcusuralions ont été faites par le docteur Haffmanns. C’est pourquoi je regrette doublement de devoir confesser qu’elles ont été égarées.

CAUSE ET SIÈGE DE l’aSTIGMATISME ANORMAL. 73 et un minimum de 7,291. Dans ce nombre, il y avait plusieurs yeux myopes et hypermétropes, même aux plus hauts degrés, mais sans qu’il en résulte une différence appréciable (1). Les 19 yeux asymétriques, qui, dans le tableau de la page 67, appartiennent à des hommes, donnent au contraire pour le p° une moyenne de 8,291, c’est-à-dire presque le maximum trouvé pour les yeux symétriques, et sur ce nombre il n’y en a pas moins de cinq qui dépassent môme ce maximum, à savoir : = 8,àh, f = 8,72, p° = 8,7Zi,

p“ = 8,81 et p” = 8,91. Quant au p“ dans le méridien vertical, il est dans les yeux asymétriques plus petit que dans les yeux symétriques, mais la différence est ici moins considérable. La moyenne, pour les premiers (voy. le tableau de la page 67), est p° vertical = 7,à39- quant au p“ vertical dans des yeux symétriques, je ne possède pas d’autres mensurations que celles de la page 25, qui donnent une moyenne de 7,695. Il en résulte que, lorsque l’œil est asymétrique, le p° du méridien horizontal dépasse ordinairement la moyenne , tandis qu’il reste au-dessous dans le méridien vertical.

Outre les difformilés congénitales de la cornée, diverses affections acquises peuvent causer l’asiigmatisnic anormal. Elles méritent une étude spéciale, et nous nous en occuperons au § VIII, en traitant au point de vue clinique des diverses formes de l’astigmatisme. — Enfin il faut encore ajouter que, lorsque la cornée ne présente aucune asymétrie, le cristallin peut être le siège de l’astigmatisme

(I) Comparez : Verslagcn en Mcdedcelingen van de Koninldijke Alcademie van Wetenschappen, IS60; et Tweede jaarlijksch vcrslag betrekkinlijk de verplegeg en't onderiuijs in her Nederlandsch gastimis voor ooglijders, met lüelenschappelijke bijbladen. Ulrecht, 18C1, p. 25.

Ih l’astigmatisme.

anormal. Dans ces cas j’ai toujours pu constater une déviation sensible dans la position du cristallin, de telle sorte que je n’eus jamais de raison d’admettre comme cause de l’astigmatisme un changement dans là forme du cristallin.

Il est excessivement difficile de déterminer d’une manière exacte la part de l’astigmatisme de tout le système dioptrique qui revient au cristallin. 11 n’est pas question, pour le moment, de pouvoir, par un examen objectif, déterminer dans l’œil vivant l’asymétrie des surfaces de courbure du cristallin. Exclure l’action de la cornée en plongeant l’œil dans un court cylindre rempli d’eau et limité antérieurement par une lentille remplaçant la cornée (méthode de Young), rencontre dos difficultés pratiques de diverse nature. Il ne reste donc pas d’autre moyen que de déterminer, d’un côté, par l’examen subjectif, l’astigmatisme de l’œil (d’après la méthode décrite sub 5°); de mesurer exactement, d’un autre côté, au moyen de l’ophthalmomètre, l’astigmatisme de la cornée, et de comparer le résultat obtenu avec l’astigmatisme total. Mais pour cela il faut connaître les rayons de courbure de la cornée dans les méridiens principaux, et rien ne permet d’admettre à priori qu’ils coïncident avec les méridiens principaux de l’ensemble du système dioptrique ; et si même on avait le droit de l’admettre, il serait toujours difficile de donner à la tête une position telle que ces méridiens fussent exactement dans la direction de la verticale et de l’horizontale. Gomme, en outre, pour calculer le rayon du sommet de la cornée, il faut successivement faire regarder des points de vision différents, on doit s’attendre encore à des variations dans la direction des méridiens par suite des mouvements de l’œil. 11 ne reste donc pas d’autre moyen que de faire mouvoir les lumières elles-mêmes dans un plan vertical autour d’un point vers lequel soit dirigé l’axe de la cornée 'aussi bien que celui de l’ophlhalmomètre ; c’est ainsi qu’on fait réfléchir les lumières successivement dans les divers méridiens de la cornée, tandis qu’on donne aux plaques de verre de l’ophthalmomètre une inclinaison égale. Nous venons d’organiser

nos appareils de telle sorte, que nous serons à même de déterminer dans tous les méridiens le rayon de courbure du sommet de la cornée. Nous communiquerons plus tard les résultats obtenus par ce moyen. La plus grande difficulté est de trouver le point de vision, de telle sorte que l’axe de la cornée soit exactement dirigé sur le point autour duquel s’exerce le mouvement de rotation des lumières. Une fois cela obtenu, les mensurations sont bientôt faites.

Je ne veux pas négliger de mentionner que les plans horizontaux et verticaux dont nous avons indiqué les rayons dans le tableau ci-dessus, non-seulement ne sont pas des méridiens principaux, mais ne sont même pas des méridiens. Les mensurations ont eu lieu pendant que la ligne de vision était dirigée sur l’axe de l’oplithalmomètre, c’est-à-dire sur un point situé au milieu, entre les flammes dont on a mesuré les images réfléchies : ce sont donc des plans menés par la ligne de vision, et non par l’axe visuel, et même dans ces plans, vu la déviation latérale de la ligne de vision, ce rayon trouvé n’est pas le plus petit; cependant l’inexactitude qui en résulte n’est pas assez grande pour diminuer la valeur des conclusions que nous en avons tirées.

DES LENTILLES CYLINDRIQUES, ET DES RÈGLES GÉNÉRALES DE LEUR APPLICATION.

On peut, comme on l’a vu, produire l’astigmatisme régulier en ajoutant une lentille cylindrique à une sphérique.

L’action d’une lentille cylindrique, d’un autre côté, peut être annulée par une seconde lentille pareille et de distance focale égale. Si cos lentilles cylindriques sont toutes deux ou positives ou négatives, alors, pour qu’elles se neutralisent réciproquement, les axes des surfaces cylindriques doivent

76 l’astigmatisme.

être perpendiculaires l’un sur l’autre 5 si, au contraire, l’une est positive, l’autre négative, le môme effet a lieu lorsque les axes sont parallèles. Nous avons un exemple de ce dernier'cas dans la lentille astigmatiquc de Stores (voy. p. 59); son action est 0, lorsque les axes sont parallèles. Nous voyons le premier cas dans les loupes d’horlogers qui présentent deux surfaces cylindriques d’égale distance focale, et dont Faction, grâce à l’entrecroisement des axes de ces plans, est approximativement la môme que celle des loupes biconvexes ordinaires. Si les deux surfaces cylindriques sont concaves, on obtient, en croisant les axes, la neutralisation de l’astigmatisme en môme temps que Faction d’une lentille sphérique négative.

De môme que Faction d’une lentille cylindrique peut être corrigée par une seconde lentille pareille, ainsi l’astigmatisme régulier peut être corrigé par une lentille cylindrique. Pour bien se représenter cette correction, que l’on fasse avec son propre œil les expériences qui le démontrent. Une lentille cylindrique d’environ ^ rend astigmatiquc, et donne lieu à des troubles visuels particuliers, déjà décrits précédemment. Une seconde lentille cylindrique de — d’axe parallèle neutralise tout à fait'l’action delà première, de telle sorte que l’on s’aperçoit à peine de la présence des verres devant l’œil. Si, par contre, la seconde lentille cylindrique est également positive de comme la première, alors, lorsque les axes sont perpendiculaires l’un sur l’autre, l’astigmatisme est neutralisé, mais l’œil est devenu myope à un degré tel, que le point le plus éloigné de la vision distincte, pour un œil auparavant emmétrope, se trouve (sans tenir compte de la distance qui sépare le verre de l’œil) à 10 pouces (M = :j^).

Les verres nécessaires pour corriger les divers degrés d’asligmalisme peuvent être ramenés à trois types principaux :

I. Verres cylindriques swiples (fig. 13). — De même que les verres sphériques, ceux-ci ont, ou bien une distance focale positive (A, B, C), ou une négative (D, E, F); nous appelons simplement les premiers positifs , les seconds négatifs. Lorsque les deux surfaces sont cylindriques, leurs axes sont parallèles. Pour donner une idée exacte de leur forme, ils sont représentés aussi bien sur une coupe perpendiculaire à Taxe (Qg. 13, 1) que sur une coupe menée par l’axe (fig. 13, II): a désigne la surface antérieure;/?, la postérieure.

A. Parmi les positifs, nous avons :

1® Les biconvexes (fig. 13, A);

2° Les plan-convexes (B);

3® Les concaves-convexes, ou ménisques positifs (C).

B. Parmi les négatifs ;

1® Les biconcaves (D);

2“ Les plan-concaves (E);

3® Les convcxes-concaves , ou ménisques négatifs (F).

Quant à la bonté des verres, les mêmes règles s’appliquent aux cylindri([ues et aux sphériques : les plan -convexes et les plan-concaves donnent la plus forte aberration ; les biconvexes (pourvu qu’ils ne soient pas trop forts) et les biconcaves sont en général très bons; les ménisques ont l’avantage d’être périscopiques.

Quant aux verres cylindriques simples, il nous faut les avoir depuis C à 4- c, et depuis — à — ~ c, c’està-dire, de 50 à 5 pouces de Paris de distance focale tant positive que négative. Il est à peine besoin d’ajouter que

cette distance focale existe seulement dans le plan perpendiculaire à l’axe de la courbure cylindrique, tandis que

Fig. 13.

pour le plan mené par l’axe même, la distance focale est infinie 5 en conséquence, les verres cylindriques n’ont dans celte dernière direction aucune action sur le foyer du système dioptrique auquel on les ajoute.

Pour exprimer leur nature et leur force, nous nous servons, comme on a déjà pu le voir, des mêmes formules que pour les verres sphériques, en ajoutant un c.

II. Verres bicylindriques (fig. là). — Ces verres ont deux surfaces courbes cylindriques dont les axes sont dirigés perpendiculairement l’un sur l’autre (I, a, et II, p). Lorsque les deux courbures sont cylindriques, mais avec leurs axes parallèles, ils rentrent dans la catégorie des verres cylindriques simples, soit biconvexes, soit biconcaves, soit mé-

nisques, tels que nous les avons décrits plus haut (fig. 13, A, C, D et F). Quant aux bicylindriques, ils ont ordinairement une surface convexe, l’autre concave , comme le représentent les deux sections menées par chacun des axes (fig. 14, I, a, et II, p). De tels verres bicylindriques font que des rayons incidents parallèles sont, après la réfraction, convergents dans le plan d’un des axes, divergents dans l’autre. On peut “ exprimer leur action par les formules de chacune des deux surfaces réunies par le signe d’un angle droit r. L’expression d’une lentille hicylindrique de 12" de distance focale positive dans un plan perpendiculaire tà l’axe de la surface convexe cylindrique, et de 24" de distance focale négative dans le plan perpendiculaire à l’axe de la surface concave cylindrique, sera donc ;

III. Verres sphéro-cijlindriqiies . — L’une des surfaces de ces verres présente une courbure sphérique (Gg. 15, I et II, a, a), et l’autre une courbure cylindrique (I et II,/?, p) . On se sert seulement de ceux ([ui ont les deux surfaces, ou convexes (A), ou concaves (B). On peut se représenter ces lentilles comme une combinaison d’une lentille plan- cylindrique avec une plan-sphérique, et on les obtient, en elïèt, toutes deux lorsqu’on coupe une lentille spbéro-cylindrique dans un plan perpendiculaire à l’axe de la surface sphérique.

L action d une lentille spbero-cylindrique est la môme que

so

celle des deux lentilles combinées, et on l’exprimera par les formules de chacune des surfaces réfringentes unies par le

signe de la combinaison O- Si la surface Fig. 15. sphérique, en tant que lentille planconvexe, a une distance focale de 12", la courhure cylindrique , également plan-convexe, une distance focale de 24", nous écrirons :

Ce qui signifie que la distance focale positive sur une section menée par l’axe de la surface cylindriqueest=12", P et sur une section perpendiculaire à cet axe = -g") —

surface sphérique plan-concave représente une lentille — la surface cylindrique une lentille plan-cylindrique nous au-

rons une lentille combinée sphéro-cylindrique :

dont la distance focale négative sera 18" dans Taxe de la surface cylindrique, et 6" -f -J- = -^) perpendiculairement à cet axe.

On comprend maintenant facilement quels verres cylindriques corrigeront les diverses formes de l'astigmatisme (voy. p. 52). Supposons d’abord que nous voulions, en môme temps que l’astigmatisme, corriger l’amétropie, c’est-à-dire ramener à l’infini (U =05) le point le plus éloigné de la vision distincte, nous trouvons alors :

LENTILLES CYLINOniQUES ET LEUR APPLICATION. 81 1® L’astigmalisme myopique simple sera corrigé par une simple lentille cylindrique négative (fig. 13, D, E, F), d’une distance focale correspondant au degré de l’astigmatisme :

Am = -

par des verres de placés à en avant du point

nodal.

2® L’astigmatisme myopique composé nécessite une lentille sphéro-cylindrique. Ainsi, sans tenir compte de la distance du verre au point nodal,

— + Ara — 20 ' 20

sera corrige par

— — c (voy.fig. 15, B).

3“ L’astigmatisme liypermétropique simple Ah sera corrigé par de simples verres cylindriques positifs (lig. 13, A, B, C), correspondant au degré de l’astigmatisme. Ainsi, pour

il faudra un verre

placé à -j" du point nodal.

4“ L’astigmatisme hypermétropique des verres positifs sphéro-cylindriqucs :

composé exigera

1 1 H - + Ah - 18 ' 9

sera corrigé (sans tenir compte de point nodal) par

la distance du verre au

82 l’astigmatisme.

5“ Enfin l’asligmalisme mixte cédera à des verres bi-

cylindriques.

Amh Œ - , 8’

composé de

sera corrigé par

et

Ahm = - , 8’

composé de

[ïar

Ges quelques exemples suffiront pour guider dans le choix des verres, lorsque avec l’astigmatisme on veut corriger l’amétropie. Mais on ne désire pas toujours atteindre ce double but. S’il est vrai que la correction de l’astigmatisme améliore toujours la vue et qu’on peut y avoir recours dans tous les cas, il n’est pas toujours désirable de ramener en même temps l’œil à l’état d’emmétropie. Quant à cette • réduction, la complication de l’astigmatisme ne modifie en rien les règles générales applicables à l’amétropie. Mon intention ne peut donc pas être de les développer ici. Je dois, du moins pour la myopie, m’en tenir aux principes et démontrer comment, les indications une fois établies, on peut atteindre son but, même en présence de l’astigmatisme.

Nous savons que l’ou détermine l’amétropie au moyen de la plus grande distance R de la vision distincte, en l’ab-

LENTILLES CYLINDRIQUES ET LEUR APPLICATION. 83 sence de tout effort d’accommodation, et qu’on le corrige en ramenant le point R à l’infini. Si le verre est placé à en avant du point nodal,

sera corrigé par des verres de

par des verres de

ël'

Quant à \ hyper métro'pie , pour autant qu’elle est manifeste, il faut dans tous les cas la neutraliser. On sait cependant que , lorsque l’accommodation est considérable, il n’est pas possible de déterminer exactement la portion manifeste de l’bypermétropie, et que pour le même œil elle est tantôt plus grande, tantôt plus petite. Il faudra alors donner comme lunette, pour porter continuellement, les verres qui corrigent le plus haut degré d’hypermétropie manifeste observé pendant tout l’examen ; puis, lorsque, sous l’influence de ces verres, la portion manifeste de riiypermétropie augmente, on passera systématiquement à des verres de plus en plus forts. — Les mêmes verres serviront pour travailler sur des objets rapprochés. C’est à la pratique à démontrer s’ils sont suffisants. Si une grande partie de l’hypermétropie est latente, il est presque à prévoir que les verres seront insuffisants et ne garantiront pas des symptômes de l’asthénopie, si l’effort de l’accommodation est quelque peu prolongé. Dans ce cas il est inutile ou

l’astigmatisme.

même nuisible d’insisler plus longtemps sur l’usage des mêmes verres : il est alors prouvé que, pour un travail rapproché, faut se servir de verres plus forts qui ne corrigent pas seulement l’hypermétropie manifeste, nSais en outre environ la moitié de la latente. Cependant, après le travail, il faudra chaque fois remplacer les lunettes plus fortes par les plus faibles qui ne corrigent que l’hypermétropie manifeste. — Il serait préférable que l’hypermétropie fût tout entière manifeste; on la corrigerait alors complètement par des verres qui serviraient aussi bien pour la vision à distance que pour le travail ftlais il est rare d’obtenir ce résultat. D’abord, l’hypermétrope s’est tellement habitué à un elfort constant d’accommodation, qu’il lui est didicile de s’en abstenir tant que l’accommodation conserve encore une certaine activité ; d’un autre côté, j’ai pu me convaincre par le calcul que l’addition d’un verre convexe, en modifiant l’appareil dioptrique de l’œil d’une manière déterminée, diminuait en même temps la latitude de l’accommodation. Cette dernière circonstance a encore pour résultat que, lors même que l’accommodation peut se relâcher complètement, l’hypermétrope a, pour le travail rapproché, besoin de verres plus forts que ceux qu’il porte continuellement, et cela déjà avant l’âge auquel l’œil emmétrope devient ordinairement presbyope.

Les règles qui fixent l’usage des verres dans les cas d’hypermétropie sont très simples, comme on a pu le voir d’après ce qui précède, et il est facile de les formuler en quelques mots d’une manière très suffisante. Il ne m’est pas possible d’en faire autant pour \a. myopie. Pour choisir les verres, il faut tout d’abord répondre à la question suivante ; A quelle distance faut-il ramener le point le plus éloigné de

LENTILLES CYLINDRIQUES ET LEUR APPLICATION. 85 la vision distincte? Mais cette réponse môme est difficile à donner d’une manière générale. Nous savons que pour corriger complètement la myopie, cette distance doit être à l’infini. On peut la corriger ainsi, d’abord, lorsque les verres servent exclusivement pour la vision à de grandes distances ; un lorgnon que l’on ne tient devant l’œil que de temps en temps, pour voir nettement à distance, peut neutraliser complètement la myopie. En second lieu, on peut le faire aussi pour des lunettes qui doivent être portées continuellement, et qui même peuvent servir à un travail rapproché, pourvu que la myopie soit faible en comparaison de la latitude de l’accommodation, et que, du reste, l’œil soit sain. Surtout chez de jeunes sujets, l’œil myope s’habitue facilement, soit immédiatement, soit graduellement, à une correction complète, et, vu que, grâce à la présence du verre concave devant l’œil, une modification déterminée du cristallin produit une plus grande latitude de l’accommodation, la fatigue se faitmoins sentir même pour le travail rapproché. — Dans tous les autres cas, il ne faut corriger la myopie que partiellement, et, lorsqu’elle est compliquée d’une amblyopie, il faut souvent interdire complètement l’emploi de verres faibles pourla vision d’objets rapprochés. Du reste, pour déterminer la distance à laquelle on veut ramener R, il faut tenir compte de plusieurs facteurs ; du degré de la myopie, de la grandeur de la latitude de l’accommodation, de la courbe de la latitude relative, de l’état de l’œil et de ses muscles, enfin de la nature du travail et de la distance à laquelle il doit être exécuté. Nous devons nous borner à la simple énumération de ces facteurs. Ce n’est point ici le lieu de rechercher et d’apprécier la signification et l’influence de chacun d’eux en particulier.

l’astigmatisme.

il ne nous reste qu’à indiquer comment, lorsque l’on a fixé la distance à laquelle on veut ramener R, on trouvera par le calcul le verre nécessaire dans un cas où il existe une complication d’astigmatisme.

Pour déterminer l’astigmatisme, nous avons tout d’abord recherclié la réfraction dans les deux méridiens principaux. Nous en avons déduit l’amétropie commune et ajouté le degré de l’astigmatisme comme valeur séparée. C’est ainsi que nous avons trouvé la formule pour l’astigmatisme composé tant hypermétropique que myopique. Si maintenant nous revenons aux méridiens principaux, la méthode pour trouver le verre qui, neutralisant l’astigmatisme, donne à R, dans tous les méridiens, la valeur voulue, est très simple. Donner à R une valeur de àO", 20", 12" ne signifie pas autre chose que de communiquer à l’œil une myopie de ^ ^ , ou bien de réduire à cette valeur la myopie existante. Nous n’avons pour cela qu’à soustraire le degré désiré de myopie de la réfraction trouvée dans les deux méridiens principaux, et si nous donnons alors des verres qui corrigent complètement, dans chacun des méridiens, l’amétropie restante, nous conserverons justement le degré voulu de myopie.

Les exemples suivants expliqueront notre pensée.

1“ Supposé qu’on ait trouvé :

Dans le méridica principal H , emmélropie,

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