AI
Dans le méridien principal V, M = - ,
et que l’on désire ramener R à 18", nous obtiendrons par soustraction ;
* Il 1
Dans H, emmélropie — i>l — = H — ,
Dans V, i\l ^ M ^ = M ^ ;
lentilles cylindriques et leur application. 87 etpourlacoi-reclion, il faudra un verre bicylindrique de :
2“ Soit dans le méridien principal H, M — ’
Soit dans le méridien principal V, M = — ,
et que l’on veuille ramener R cà 20", nous trouverons, en soustrayant M >
Dans H, M ^ — M ^ = emmétropie,
de telle sorte que le but serait atteint [lar une simple lentille cylindrique de — -^c.
3“ Soit en H, H = - ,
Soit en V, ^ ~ ïg ’
on désire, pour lire, écrire, etc., ramener R à 18" j nous aurons pour soustraction :
E»H, H=l-Mi = H + L,
EnV, H=^-Mi = H + l;
ce que l’on corrigera (voy. p. 81, sub li°) par
A® Dans un cas d’astigmalisme, soit
EnV, M = — ,
En H , H =
Si Ton veut R à 24", on obtiendra par soustraction : EnV,
EaH, =
de telle sorte que pour le but proposé, il faudra un verre bicylindrique de
Un peut, dans tous les cas, suivre la méthode, quelque peu compliquée, que nous venons de développer, mais cela n’est point toujours nécessaire. Lorsque, par exemple, dans un cas d’astigmatisme myopique composé, le degré de la myopie est considérable et qu’on désire en conserver une partie, il faut alors seulement réduire la myopie au degré désiré. Ainsi dans un cas de M 1 + Am ^ on désire conserver M on l’obtiendra en soustrayant M et le restant M -f- Am ^ sera corrigé par — Y s De même, dans un cas d’astigmatisme hypermétropique composé, on n’aura qu’à augmenter l’hypermétropie à corriger de la valeur que l’on veut obtenir pour R. Ainsi, par exemple, dans
Il -î- + Ah - ,
on ramènera R à 18'' avec
Dans tous ces calculs nous avons, pour plus de simplicité, laissé de côté la modification résultant de la distance du verre au point nodal. En effet, lorsque les verres nécessaires ne sont pas très forts, l’influence de cette distance est assez faible pour qu’on puisse la négliger dans la pratique.
Il est de la plus haute importance, dans l’emploi des verres cylindriques, que les axes des surfaces courbes soient situés dans la direction des méridiens principaux du système dioptrique de l’œil ; une petite déviation, surtout lorsque les verres sont forts, occasionne des troubles très sensibles. Le moyen le plus facile d’atteindre ce but est de faire monter des verres taillés en rond dans une monture à anneaux ronds, de telle sorte que l’on puisse facilement, par une rotation du verre, donner à l’axe de la courbure cylindrique la direction exacte. En imprimant à la lunette entière de légers mouvements, on voit bientôt dans quelle direction il faut encore tourner le verre, et l’on a la preuve qu’il est exactement dans la bonne direction lorsque la moindre inclinaison d’un côté ou de l’autre rend la correction moins parfaite et la vision moins nette. Une fois la direction exacte trouvée pour les verres ronds, on pourra, si on le désire, les rendre ovales et les monter dans une autre monture, mais en conservant la direction des axes. On comprend, d’après ce que nous venons de dire, que, pour l’emploi de verres cylindriques, il faut tout d’abord choisir avec grand soin une monture bien adaptée et peu mobile.
La correction de l’asligmatisine régulier par le moyen des verres cylindriques ne peut pas être absolument parfaite. Sans parler de ramblyopie, indépendante du système dioptrique, qui complique
ÔO l’astigmatisme. •
plusieurs cas d’asligmatisme, l’acuité de la vision doit, même après la correction la plus exacte, laisser encore quelque chose à désirer, parce que l’asymétrie de l’œil astigmatique n’est pas exactement pareille à celle que nous produisons par l’addition d’un verre cylindrique. En outre, la correction est de telle nature, que les seuls foyers postérieurs des divers méridiens sont ramenés en un point, sans (pe la même chose ait lieu pour chacun des autres points cardinaux. Cela est à peine possible pour les points nodaux ; en effet, si dans le méridien principal de la plus faible courbure il est pins en arrière^ la correction par une lentille cylindrique biconvexe le ramène plus en avant que celui du méridien de la plus forte courbure, et inversement, celui qui se trouve plus en avant est reporté plus en arrière par une lentille cylindrique biconcave. Il en résulte que la forme des images, lorsqu’on corrige l’astigmatisme, sera prolongée dans une direction opposée à celle dans laquelle l’allongement avait lieu avant la correction. Ce déplacement trop considérable des points nodaux est d’autant plus faible, que le verre cylindrique sera plus rapproché de la cornée, et pour cela déjà on devra, lorsqu’on fera usage de verres sphéro-cylindriques, tourner du côté de l’œil la face du verre qui ramènera le plus près de l’œil le point nodal de la surface cylindrique. Si les deux faces sont convexes ou concaves, on tournera du côté de l’œil celle qui présentera la plus faible courbure; si l’une est convexe et l’autre concave, ce sera cette dernière. — Les changements de forme résultant des verres cylindriques sont aussi la cause pour laquelle on ne peut pas, aussi bien que pour les verres sphériques, se laisser guider pour le choix des verres par les modifications que subit l’acuité de la vision lorsqu’on change la distance qui sépare le verre de l’œil : presque toujours on préfère avoir le verre très près de l’œil, aussi bien un verre convexe qui serait trop faible, qu’un verre concave trop fort. On comprend, du reste, que, surtout lorsqu’on fera usage de verres bicylindriques, la distance du verre à l’œil devra être très petite, car toujours, à mesure que cette distance auginen-
tera, les images deviendront dans une direction de plus en plus petites et de plus en plus grandes dans l’autre, et sous cette double influence ces changements de forme seront très sensibles. En outre nous ferons encore observer que, dans quelques mouvements de l’œil accompagné d’une rotation autour de l’axe visuel, la direction des axes des courbures cylindriques ne correspond plus exactement avec les méridiens principaux, ce qui rend la correction imparfaite ; il en résulte que l’œil qui voudra faire usage de verres cylindriques sera quelque peu limité dans ses mouvements, si l’on veut éviter toute diminution de l’acuité de la vision. Toutefois il n’y a pas de lunettes qui n’aient une pareille action sur les mouvements de l’œil, et l’expérience a démontré que dans ce cas particulier les inconvénients ne sont point très considérables (1).
Enfin, pour ne rien omettre, disons en deux mots que les changements de l’accommodation dans l’œil astigmatique, surtout après la correction de l’asymétrie, ne représentent pas dans les deux méridiens principaux des latitudes d’accommodation parfaitement égales, de telle sorte que la correction par des verres déterminés ne saurait être également parfaite pour tous les états de l’accommodation ; mais cette différence est si faible, qu’il n’en résulte aucun inconvénient pour la pratique.
Nous avons déjà indiqué précédemment, qu’AiRY est le premier qui ait découvert l’astigmatisme anormal (et cela sur son œil gauche) ; il comprit eu même temps que l’asymétrie pourrait être corrigée par un verre cylindrique, et il constata en effet que les troubles visuels étaient corrigés par un tel verre. La forme de son astigmatisme était l’astigmatisme myopique composé. Airy
(1) Si l’on regarde de côté un point lumineux en dessus ou en dessous du plan mené par les deux lignes visuelles , en fermant un œil et armant l’autre d’un verre cylindrique, on remarquera que la direction dans laquelle la ligne est allongée est quelque peu modifiée. Cela tient à une rotation de l’œil autour de l’axe visuel. Peut-être pourrait-on en déduire une méthode pour déterminer la quantité de cette rotation dans les divers mouvements de l’œil (voyez la note de la page 35).
l’astigmatisme.
comprit que, s’il faisait tailler les deux surfaces concaves cylindriques à axes croisés, à angle droit, il atteindrait son but, si chacune des courbures correspondait au degré de la myopie qui existait dans chaque méridien principal. Mais il préféra avec raison un verre négatif sphéro-cylindrique dont la surface concave sphérique corrigeait la myopie commune aux deux méridiens principaux, et la surface concave cylindrique l’astigmatisme simple qui restait encore. Et en effet, on n’a jamais besoin de verres bicylindriques (à axes croisés) dont les faces soient toutes deux ou convexes ou concaves; on peut toujours les remplacer avec avantage par des verres sphérocylindriques. Les loupes d’horlogers, très répandues en Suisse, sont des verres bicylindriques à axes croisés et dont les deux sur-
faces convexes ont une égale courbure. Leur action est presque la même que celle d’un verre sphérique biconvexe. Les horlogers prétendent que le champ est plus étendu : la vérité est qu’il est plus grand dans la direction de l’axe de la surface tournée du côté de l’œil, mais plus petit dans la direction opposée, de telle sorte que la forme du champ de la vision distincte représente un ovale qui suit les mouvements de rotation que l’on imprime à la loupe. Ces loupes peuvent d’autant moins rivaliser avec des verres sphériques périscopiques, que la forme des objets vus de côté subit une déformation particulière.
Young (1) et AiRY ont déjà vu que l’on peut jusqu’à un certain point corriger l’astigmatisme par des verres convexes ou concaves, lorsqu’on les place en avant de l’œil, de telle manière que leur axe fasse avec la ligne visuelle un angle déterminé. Il paraît que d’autres en ont aussi fait usage, surtout dans des cas de forte myopie. Nous lisons, par exemple, dans ^VHITE Cooper (2), que l’on rencontre des cas dans lesquels, par suite d’une particularité de la forme des milieux réfringents ou de la sensibilité
(1) Voyez la citation de la page 19.
(2) On near sight, etc. London, 1853, p. 199.
LENTILLES CYLINDIUQUES ET LEUR APPLICATION. 93 de la rétine (?), la correction apportée par des verres augmente notablement o bij sloping them or holding them obliquely « (en les taillant ou les tenant obliquement), et qu’il en a observé un exemple frappant chez un myope. Il ajoute que, pour donner au verre la position convenable, Carpenteu et Westley l’avaient fait monter dans un second anneau que l’on pouvait faire tourner dans l’anneau de la monture des lunettes. Ce moyen de correction de l’astigmatisme n’est toutefois applicable que lorsqu’il faut, pour neutraliser l’amétropie, des verres sphériques très forts, cl môme dans ce cas on obtiendrait une correction plus parfaite en donnant à l’une des surfaces une courbure cylindrique. Ce n’est que dans les cas d’aphakie qu’on peut, pour corriger un certain degré d’astigmatisme, avoir recours avec avantage à une position oblique des verres. Presque toujours l’acuité de la vision semble augmenter lorsqu’on donne au verre convexe une certaine position déterminée, et c’est un fait reconnu que, dans tous les cas d’aphakie, il faut rechercher exactement cette position.
Enfin, nous ferons remarquer que l’astigmatisme pourrait être aussi corrigé par une opération. La double iridésis, telle qu’elle a été pratiquée par BowMAN dans les cas de keratoconus, peut servir à atteindre le but proposé (1). En effet, on transforme par ce moyen la pupille en une fente étroite, et si la direction de celte fente correspond à l’un des méridiens principaux, il est évident que l’on exclut suffisamment l’aberration dépendant de l’asymétrie. Mais je ne comprends pas aussi bien l’application de celle double iridésis au keratoconus. Elle ne pourrait être utile dans ce cas qu’à cause du rétrécissement de la surface de la pupille , car la diminution de la netteté de la vision ne tient point ici à une différence de courbure dans les divers méridiens, mais bien à la conicité de chaque méridien. Par contre, pour une différence de courbure dans les divers méridiens, c’est-à-dire pour l’astigmatisme régulier, il
(I) Voyez CniTCHETTCt BowMAN,dans les /leports of the London ophthalmic Ilospilal, 1859 cl 1860.
OA l’astigmatisme.
est évident qu’elle augmenterait l’acuité de la vision. Cependant, comme nous pouvons obtenir cette correction par des verres cylindriques, je suis loin de recommander cette opération, tant à cause du danger plus ou moins grand que peut présenter son exécution, que pour la difformité qui en résulte.