ABERRATIONS DE LA LUMIÈRE EN GÉNÉRAL
émanent d’un objet quelconque et frappent la cornée forment des cônes de lumière homocentrique. Seulement, lorsque, entrel’objet et l’œil, les rayons sont, par une cause quelconque, plus ou moins déviés de leur direction primitive, la lumière cesse d’être homocentrique.
En général, on peut dire que la lumière homocentrique, réfractée par une surface sphérique, reste homocentrique, c’est-à-dire que les rayons se réunissent de nouveau en un point en arrière de la surface réfringente, ou qu’ils continuent dans la direction qu’ils auraient s’ils provenaient directement d’un point situé en avant de cette surface.
Toutefois l’homocentricité n’est pas restée parfaite. Les rayons, en effet, ne sont plus dirigés exactement sur un point, mais seulement approximativement. Cette déviation de l’homocentricité a reçu le nom d’aberration , et l’on distingue ici deux aberrations d’origine différente, l’aberration chromatique et la sphérique. La première dépend de la nature de la lumière ; la seconde de la forme de la surface réfringente.
L’aberration chromatique tient à une différence dans la réfrangibilité des rayons lumineux. Les rayons qui, parallèles à l’axe de la surface réfringente, frappent celte surface sphérique à une même distance de son axe, ne subissent pas d’aberration par suite de la sphéricité et devraient donc se réunir parfaitement dans un seul point s’ils étaient tous de même nature. Par contre, les rayons de nature différente ont leur foyer sur l’axe, mais à diverses distances ; celui des rayons violets et bleus est plus rapproché , celui des rayons rouges se trouve à une distance plus éloignée. Le système dioptrique de l’œil présente aussi nécessairement cette aberration cbrornalique. Cependant, dans les
circonstances ordinaires , elle ne diminue pas sensiblement la netteté de la vision (1). Nous la laissons de côté, vu qu’elle n’est point intimement liée à notre sujet.
Les rayons dont les ondulations ont une même longueur, et qui par conséquent ont une égale réfrangibilité, forment une lumière homogène ; elle est aussi de même couleur , c’est pourquoi on l’a appelée monochromatique. Si des rayons pareils tombent parallèlement et en même temps à égale distance de l’axe d’une surface sphérique, ils sont réfractés également, et se rapprochent ou s’éloignent de l’axe tout en restant dirigés vers un seul point : l’homocentricité est parfaite. Mais si, bien que tout à fait parallèles, ils tombent sur la surface à diverses distances de son axe, ils cessent alors de se diriger exactement vers un point ; plus ils frapperont la surface loin de son axe, plus leur point d’intersection avec l’axe se rapprochera de la surface réfringente. C’est cette déviation que l’on a appelée aberration sphérique: d aberration monochromatique (c’est-à-dire aberration de rayons de même couleur) propre à la réfraction sur une surface sphérique.
Le système dioptrique de l’œil a également une aberration monochromatique. Elle est très considérable et excessivement compliquée. Pour notre but, nous devons distinguer :
a. Une aberration par rapport aux rayons réfractés dans un même méridien.
b. Une aberration tenant à des différences dans la distance focale des divers méridiens du système dioptrique.
Nous ne traiterons ici de la première que tout à fait en passant.
(1) IIelmiiolt/., Physiolog. Optik, dans Allgmcino Encycloptldte der l'hydk, publié par G. Kahsten. Leipzig, 1856, i livr., p. 137 et suiv.