‹ L'astigmatisme et les verres cylindriquesChapitre 10 sur 21 · ABEURATIONS DE LA LUMIÈRE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ABEURATIONS DE LA LUMIÈRE EN GÉNÉRAL

La dernière est le sujet dont nous aurons à nous occuper par la suite.

a. Premièrement les rayons qui, en avant de l’œil, sont situés dans le même plan que l’axe visuel, et sont par conséquent réfractés dans un méridien déterminé, ne se réunissent pas exactement en un même point. La cornée déjà cause une légère aberration, mais le cristallin l’augmente et la complique d’une manière tou te particulière. Quant à la cornée, toutes les sections de ses méridiens sont à peu près des ellipses (1) , et par conséquent l’aberration est très peu considérable ; cependant l’excentrieité des ellipses est trop faible pour corriger complètement l’aberration , même pour des rayons parallèles. La lumière, déjà quelque peu astigmatique, est ensuite réfractée par le cristallin. Ici la déviation est si compliquée et les différences individuelles si considérables, que nous ne saurions entrer dans les détails particuliers à chaque cas. Il suffira de faire observer que, d’abord, les surfaces réfringentes du cristallin ne sont point parfaitement centrées avec celle de la cornée, puis, quedans les divers seeteurs du cristallin, même pour ceux qui sont situés dans un même méridien, la réfraction n’est point complètement la même, de sorte que ehaque secteur forme une image qui ne correspond point exactement avec celle du secteur opposé; enfin, chaque image partielle de chaque secteur a déjà elle-même son aberration. On peut vérifier la vérité de tous ces faits en étudiant méthodiquement les images multiples de très petits objets pour lesquels on n’accommode point parfaitement (2).

(1) Knapp, Dio h'rümmung der Ilornhaut des menschlichen Auges^ Heidelberg, 1859, p. 29.

(2) Amelropie en hare gevolgen, p. 108 et suiv.

l’astigmatisme.

Tout -cela prouve que raberratioii est très compliquée, même dans un seul et même méridien. Malgré cela, elle est ordinairement excessivement faible. A la distance focale exacte, la lirmière monochromatique, homocentrique et réfractée dans le même méridien, forme une tache de dispersion si petite et si faible à sa périphérie, que, quoiqu’elle soit très visible, lorsqu’elle provient de l’irradiation d’un point lumineux, elle ne nuit en rien, dans les circonstances ordinaires, à la netteté de la vision. Nous pouvons donc considérer cette tache comme un point, et négliger dorénavant l’aberration des rayons dans un seul et même méridien, aberration qui du reste n’est pas susceptible de corrections {astiçimatisme irrégulier') , pour ne nous occuper que de :

b. L’aberration qui résulte de l’inégalité du système dioptrique dans ses dillérents méridiens, ou de \astigmatisme régulier.

Le révérend docteur Wheavell a, comme nous l’apprend Mackenzie (1), donné le nom à' astigmatisme à l’affection qu’AiRY avait décrite pour son œil gauche. Le mot est dérivé de a privatif, et de (7T(yf;ia, de pungo, et doit signifier que les rayons partis d’un point ne se réunissent plus en un seul point. Toute aberration monochromatique peut ainsi s’appeler astigmatisme, et c’est de celle manière que je l’ai désignée dans mon ouvrage sur l’amétropie. Pour autant que l’aberration lient à une dilïérencedans la courbure des divers méridiens, l’astigmatisme est régulier et susceptible de con eclion. Il est au contraire irrégulier.^ lorsqu’il s’agit des irrégularités appartenant à un seul et même méridien, lesquelles dépendent surtout du cristallin et donnent lieu à la polyople monoculaire, etc. — Dans la suite, le mot astigmatisme, employé sans autre distinction plus précise, signifiera toujours l’astigmatisme régulier.

(1) Mackenzie, A practical Trealise on tlie diseases of the eye. London, 1854, p. 927.

ASTIGMATISME RÉGULIER DANS l’oEIL NORMAL.

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