Epist., V, H
a. Epist., IV, XI .
l’astrologie chez les gallo rom uns Allobroges, Mamertiis, célèbre pour avoir institué, en 46g, la
fête des Rogations*. ^
Nous connaissons l’iivinne de Glaudianus, tellement adniiree par Sidoine. Dans sa notice sur « Glaudianus, \ icnnensis ecclesiae presbyter», Gennade^ dit quelle est cette b) mue. c’est celle sur la Passion du Seigneur, qui commence par le vers Pange, lingaa, gloriosi praeliiim certaminis, et qui se cbante encore dans l’église catholique le Vendredi saint, pendant l’adoration de la croix.
Nous connaissons également le grand ouvrage en prose de Glaudianus dont Gennade, beaucoup plus sobre d’elogcs que Sidoine, loue cependant le mérite oratoire et la subtilité de discussion. Le rédacteur du Calalogus virorum illuslrium ne fait aucune allusion à l’habileté de Glaudianus dans le maniement du cadran astrologique qui sert à tirer les horoscopes; il ne parle pas davantage de sa science dans 1 astrologie qui piéAoit
l’avenir.
L’étude des Libri 1res de Slala anirnae^ prouve que le prêtre de l’église de Adenne ne méritait pas les éloges compromettants dont Sidoine Apollinaire se plaisait à l accabler.
Le livre de Glaudianus a pour objet de réfuter les théories contenues dans un écrit de l’évêque de la civilas Reiensiuni (Riez, Rasses-Alpes), Faustus, chef des semi-pélagiens, qui considérait l’âme comme une substance étendue et corporelle. Platonicien, imbu des principes de l’école d’Alexandrie, disciple de saint Augustin, réunissant, sinon, comme le dit Sidoine Apollinaire, la triple science d’Athènes, de Rome et du christianisme, tout au moins les doctrines de l’Athènes de Platon, de l’Alexandrie de Plotin et de l’orthodoxie de saint .Augustin, le contradicteur de l’évêque de Riez soutient que l’âme, réelle et incorporelle, est bien soumise aux catégories de la qualité et de la substance, mais quelle échappe à celle de
i. Sidoine, Epist.,\, xiv, a ; VlII, i. — Dans cette dernière lettre, adressée à révèque Mamertus, Sidoine rappelle en quelles circonstances les Rogations furent instituées à Vienne et annonce tpi’il vient de les instituer lui-même chez les .\rvernes.
a. Gennadii Catalogus virorum illastrium (k la suite du llieronymi De viris illus- Iribas liber), p. io5, édit. G. Herding, Leipzig, Teubner, 1879.
3. Claudiani Mamerti De Stalu Animae libri 1res (Patrologie de Vienne) ex reccnsione .Augusti Engelbrecht, Vindobonae, i885, vol. \I.
l5o BIBLIOTHÈQUE DES UNIVERSITES DU MIDI
la quantité. Le corps est divisible, Lame est simple. Dieu, dit Faustus, a mis dans la constitution de toutes ses créations le poids, la mesure et le nombre : Claudianus accorde que Famé possède poids, mesure et nombre; mais elle est ta mesure qui mesure elle-même, le poids qui pèse lui-même, le nombre qui compte lui-même. La mesure, le poids et le nombre de l’âme sont ses trois puissances : sa mesure c’est la sagesse; son nombre, c’est la proportion des vertus; son poids, c’est la volonté ou l’amour. Et la raison est la substance commune et unique de ces trois puissances de
a me.
On ne voit guère quelle place des développements de théories astrologiques pourraient trouver dans celte argumentation d’une métaphysique d’école dont la vanité allecte la rigueur des formules géométriques.
A la vérité, on peut retenir une déclaration de Claudianus : il dit incidemment qu’il discute parfois sur l’astrologie. C’est à propos de ce qu’il appelle les abîmes invisibles et les antres impénétrables de la mémoire ^ qu’il nous donne à entendre que l’astrologie lui est aussi familière que la grammaire, la dialectique, la musique et l’arithmétique. La mémoire, dit-il, est une sorte de magasin où s’entassent les souvenirs de tout genre, pour être évoqués par la pensée en temps et lieu. Ainsi ont leur place dans ma mémoire les questions de grammaire, quand je discute sur la dialectique; les questions de rhétorique, quand je discute sur la géométrie; les questions d’astrologie, quand je discute sur la musique ; et toutes ces sciences à la fois, quand je discute sur des questions d’arithmétique
Mais, s’il discute à l’occasion sur l’astrologie, comme sur la dialectique, la rhétorique, la musique, la géométrie et l’arithmétique, il n’emprunte pas, pour instruire son lecteur, des exemples à l’astrologie, comme il en emprunte à la géométrie,
1. De Statu Animae, I, xxn (p. 8o, Engelbrecht) : Quis potest memoriae solius abyssos intueri et entra penetrare ?
2. De Statu Animae, l, xxii (p. 8i, Engelbrecht) ; In hac inihi reposita quodam modo sunt et grammalica, cum de dialecticis dissero, et rhelorica, cum de geometricis, et astrologica, cum de rnusicis, et liae siiniil omnes, cum de arithmeticis.
l’asïkologie chez les gallo-romains
à l’arithmétique et à la dialectique*. La conclusion assez inattendue de ce long développement, où les termes géométriques sont abondamment mis à contribution, semble etre qu’il faut proscrire l’étude des astres quand on s’occupe de métaphysique. « La figure de ce monde passe, » a dit saint Pauh, qui dit encore : « Que vous preniez racine dans l’amour; qu’en lui vous ayez votre fondement; que vous arriviez à comprendre avec tous les fidèles quelle en est la largeur, la longueur, la profondeur, la hauteurs. » Claudianus estime que, par ces paroles, l’apôtre interdit comme inutile, et même comme dangereuse, l’étude de dimensions autres que celles de l’amour de Dieu : à quoi bon chercher quelle est la hauteur du ciel matériel, quels sont les diaslhnes des astres errants, leurs routes circulaires, les intervalles qui les séparent? Toutes ces recherches sont d’un travail inutile et même funeste, si, au lieu de n’en faire qu’un moyen pour arriver à l’étude des choses éternelles, nous y attachons
perpétuellement notre attention^.
L’auteur du De Statu Animne vante bien la lumière éclatante du soleil qui l’emporte sur celle des autres astres^; il la compare à celle de l’arne : la lumière du soleil éclaire le monde matériel; la lumière de l’âme éclaire le monde spirituel^. Mais il n’y a aucun rapport entre la nature du soleil, de la lune et des autres astres et la nature de l’âme. On a prétendu que les globes des astres sont des esprits revêtus d’une forme matérielle. Saint Jérôme a mentionné cette théorie L Claudianus l’entend répéter dans les discussions de certains philo-
1. De Statu Animae, I, xxv. « Exemplum de geomctrica, arillimetica, atque dialeclica ad crudiendum lectorem in ea quac obscura sunt, quid videat anima per se, quid per cor[>ns. »