‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 130 sur 151 · Migne, Patrologie, l. LUI, col · texte numérisé non relu

Migne, Patrologie, l. LUI, col

l’aSTRüLOGIE ClIKZ LES GALLO-ROMAINS

aurait eus avec son frère Veranius. Salonius et Veranius étaient fils de saint Euclierius, évêque de Lyon, et parvinrent l’un et l’autre à l’épiscopat*. Tout le symbolisme dont abusait le Formularurn spirUalis inlelligenliae liber unus d’Eucberius se retrouve dans les réponses étranges que Salonius fait aux questions naïves de Veranius. L’auteur des ExposUiones déclare que Jésus-Christ a détruit le culte rendu aux dieux fabriques par la main de l’homme et toutes les fausses croyances^ : parmi ces fausses croyances, il ne mentionne pas l astrologie. Il explique que l’homme ne doit pas élever ses regards vers les arcanes de la divinité et les secrets des mystères des cieux que, seuls, les cives superni peuvent pénétrer^; mais il ne dit pas que la science des astres soit parmi ces arcanes et ces secrets.

Sidoine Apollinaire vante les vers d un de ses amis, Domnulus5, avec lequel il avait pris part au tournoi poétique où les meilleurs lettrés du temps célébraient, en /jGo, les beautés d’un ouvrage du secrétaire d’état Petrus'-. D’après Teuffel, ce Domnulus serait Rusticius Domnulus Ilelpidius, auteur d’un poème de Ug hexamètres fort corrects, intitulé Carmen de ChrisliJesu BeneficiisF Cette identification n’est admise ni par Eberts, ni par W. Brandes, le dernier éditeur du poème-'. Quoi qu’il en soit de l’auteur du Carmen, son ouvrage est conforme à l’orthodoxie. Les astres, aussi bien que le soleil et la lune, obéissent dans leurs révolutions aux lois fixées par le Créateur 'O. La terre, la mer, le ciel avec ses astres sont soumis

Gcnnadii Calalogus Virorum illustrium, capul lxiv.

Voir, plus liant, p. 10C-107.

In Parnholas Salomonis {'Siiç'ne, Patrologie, t. LUI, col. (j8a).

In Parnbolas Saloinonis Patrologie, t. LUI, col. qSS).

Sidoine, Epist., IX, xv, i, v. 38.

Voir, plus haut, p. it>i et iü4.

Tcuffcl, Geschickle der Rom. Liler., S .'168, i-s.

8 Ebcrt, Histoire générale de la littérature du Moyen-Age en Occident, traduct.

franc., t. 1, p. 4ia, note 2.

9. Wilhelm Hrandes, Des Rusticius Ilelpidius Gedichl de Chnsti Jcsu Reneficus, Rraunschwcig', 1890, p. 9.

10. Carmen, v. 0: Conservant elementa vices, parentque receplo Sole dies lunamque adeo patiiintur in orlus Atqiie obitns remeare suos, nec cedere luci Astra ncgant, proprioque fcrunl ignescere cursu Et contenta cilae decrescere cornua lunae.

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au Fils comme au Père; les astres du ciel ont célébré la naissance du Fils'. L’allusion obligatoire à l’étoile des Mages est très discrète ; les Gbaldéens sont les premiers qui aient mérité de voir le Christ en son berceau, parce qu’ils se sont laissé guider par l’éclat d'une sainte lumière des deux qui leur montrait un Dieu au-dessus des astres Dans les hexamètres d’IIelpidius, bien supérieurs à ceux de Sidoine, on ne trouve aucune trace des préoccupations astrologiques qui se manifestent dans les œuvres de l’évcque de Clermont.

Auspicius, évêque de iToul, était l’ami de Sidoine, qui lui écrivait en termes aimables^, et qui le recommandait, comme très érudit, au comte et gouverneur de Trêves, Arbogaste^. Nous avons une lettre, en dimètres iambiques très incorrects, adressée par Auspicius à Arbogaste^. Le comte de Trêves était aussi modeste qu’éloquent; au milieu des barbares, il évitait le barbarisme et parlait le latin le plus pur, ce que Sidoine exprime avec une grossièreté qu’il croit spirituelle ; « Buveur de la Moselle, tu exhales en rotant l’odeur du Tibre » Mais cet homme si éloquent avait un goût très vif pour les richesses : il était avare; c’est pour l’engager à faire l’aumône que l’évêque de Toul lui envoie ses i64 mauvais petits vers. Arbogaste, qui est, d’ailleurs, abundans asibus, dccorus artibus (v. 47-48), n’a d’autre défaut que l’avarice; il faut qu’il s’en débarrasse : unum repelle viliam (v. 81). Auspicius ne lui

1. Carmen, v. 6i : El cai terra jacet, pelagus silet algue coruscis

Obsequiis servire minor vix sufjïcit aether.

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