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mULlüTUÈQüE DES UPIIVERSITÉS DU MIDI
Absence d’allusions à l’astrologie dans les œuvres d’Ennodius. —
Attaques contre l’astrologie dans le poème d’Avitns et dans les
sermons de Césaire.
Magniis Félix Ennodius personnifie au commencement du VI® siècle la littérature gallo-romaine, comme Ausone la personnifiait pendant la seconde partie du iv®, et Sidoine Apollinaire pendant la seconde partie du v®. Mais la décadence est aussi marquée de Sidoine à Ennodius qu’elle l’était déjà d’Ausone à Sidoine.
C’est surtout par une autobiographie en prose intitulée Eucharisliqae comme le poème où Paulin de Pella rendait grâces à Dieu de sa conversion, qu’Ennodius nous fait connaître sa vie. Né vers d’une famille noble, mais sans fortune, dans une ville du midi de la Gaule, Arles probablement, muni d’une forte éducation païenne comme Sidoine, recueilli dans l’opulente maison d’une jeune fille de Pavie, qui était sa fiancée et qui semble ne pas être devenue sa femme, enveloppé dans la ruine subite de ses parents d’adoption, Ennodius devint membre de l’église, vers 4o4, sans avoir’ la moindre vocation ecclésiastique. Il fut ordonné diacre à Milan entre 4q9 et 5o2, consacré évêque de Pavie vers 5i5 et mourut en 521.
Originaire d’Arles, mais venu très jeune en Ligurie, diacre de Milan et évêque de Pavie, Ennodius n’est pas, à proprement parler, un vrai Gallo-Romain. Cependant, comme Ampère le dit avec raison, « il nous appartient à double titre: d’abord, il est Gaulois de naissance; en outre, la destinée qui l’a fait vivre sous l’empire des Goths d’Italie ne l’a pas séparé complètement de ses frères qui vivaient sous les Goths, maîtres de la Gaule méridionale. L’empire des Visigoths et celui des Ostro-
I. Magni Felicis Ennodii Opéra omnia (Palrologie de Vienne), ex recensione Guilelmi Ilartelii, Vindobonae, 1882, vol. VI. Opusculum v, Eucharisticum de vita sua, pi>. 3()3-4oi.
l’astrologie chez les gallo-romains
goths étaient alors dans un contact perpétuel ; Théodonc fut même souverain d’Arles au nom de son petit-fils*. » D ailleurs, Ennodius fait de fréquents voyages en Gaule, où il a de nombreux amis, entre autres l’Arverne Alcimus Ecdicius Avitus, évêque de Vienne^, et l’évêque d’Arles, Césaire^. Gallo- Komain de cœur, il accable d une violente epigramme un Vénitien coupable d’avoir voulu tourner les Gaulois en ridicule : or, dit-il, la vertu des fils du Rhône a 1 éclatante pureté (le la neige^.
Comme Ausone et comme Sidoine, Ennodius donne des renseignements abondants sur la société de son temps. On 1 a noté avec exactitude : ce qu’il y a de précieux dans ses œuvres, c’est qu’elles permettent de reconstituer la physionomie de son époque et d’ajouter aux faits fournis par d’autres documents quelque chose d’infiniment rare, la vie^. Mais ce qui paraît extraordinaire, c’est que, dans ses œuvres en prose et en vers, qui font vivre les habitants de la Gaule méridionale et de l’Italie, soumis les uns et les autres au gouvernement des Gotbs, on ne trouve aucun de ces renseignements si fréquents chez Ausone .et chez Sidoine sur les préoccupations astrologiques des Gallo-Romains du v'^ et du vi'’ siècle.
Ennodius compose un épithalame en l’honneur de Maximus, noble de Milan, qui devait parvenir au consulat, l’an 523. Quand il célébrait les noces de Polémius, Sidoine Apollinaire revendiquait le droit de faire entrer les termes d’astrologie dans son épithalame. Les médiocres vers de l’évêque de Pavie** abusent de la mythologie plus que ne l’ont jamais fait les |)oèmes d’ Ausone et de Sidoine. 11 est parlé de Nérée (v. i3), des Muses (v. i8, 26), de Phébus (v. 26), de Vénus, déesse de
1. Ampère, Histoire littéraire de la France avant Charlemagne, Paris, 1870, tome II, livre II, chapitre vu, p. 194.
2. Eiinodii Opéra (p. 37G, Ilartel), Opusculum ni, Vila bealissiini viri Epiphani : Praestantissimus inter Gallos Avitus Viennensis episcopus.