‹ L'Astrologie chez les Gallo-RomainsChapitre 140 sur 151 · TeiifTel, Geschichle der Gotn. Liter., S /i · texte numérisé non relu

TeiifTel, Geschichle der Gotn. Liter., S /i

l’astrologie chez les gallo-romains

à son pauvre esprit*. Cependant, 1 ensemble du poème, où ne manquent pas les mouvements d’éloquence et les descriptions trop multipliées, mais souvent bien faites, est d’une tenue beaucoup plus littéraire que les poésies d’Ennodius. Avitus s’adressait aux délicats, et ce sont les délicats de son temps qu’il mettait en garde contre les superstitions astrologiques. C’est aux humbles et aux illettrés, aux prêtres et aux fidèles, que s’adresse de préférence Césaire, évêque d Ailes.

Caesarius était né en 4O9 ou en /170, sur le territoire de Cabillonum (Chàlons-sur-Marne). Au contraire de la plupart des évêques de son temps, il sortait d’une famille obscure. « Ses parents et ses aïeux — dit la biographie de 1 évêque d Ai les ^ — brillèrent au-dessus de tous leurs concitoyens par la loi et par les mœurs, ce qui est le grand, le principal modèle d’honneur et de noblesse, » Moine de Lérins, il s épuisa dans les austérités et l’abbé le fit partir pour Arles où le repos devait rétablir sa santé. Mais l’évêque d’Arles, Éonius, ne voulut pas se séparer du moine; il le fit diacre et prctic, le mit à la tête d’un monastère (/199) et le désigna pour son successeur. En 5o2, à la mort d Éonius, Cesaire fut, maigre lui, appelé au siège épiscopal d’Arles qu’il devait occuper pendant quarante ans.

Ces quarante années furent troublées par de nombreuses attaques, qui lui venaient des autorités politiques et religieuses, et remplies par une œuvre immense de réforme ecclésiastique.

En 5o5, accusé d’avoir voulu livrer Arles aux Burgondes, il était exilé par Alaric à Bordeaux. Quelques années plus tard, lors du siège d’Arles par les Francs et les Burgondes, suspect de trahison, il était emprisonné, puis conduit à Bavenne où le roi ïhéodoric lui rendait justice. De retour en Gaule, il avait avec l’évêque d’Aix, au sujet des droits de l’église d’Arles, un grave différend que le pape Symmaque apaisait au mois de juin 5i4. Accusé de partager l’hérésie des

I. De Origiuali Peccalo (Migiie, Patrologie, t. LIX, col. .^.^7), v. 3((7-3f)9.

3. Vila S. Caesnrü episcopi, I, t, 3 (Mignc, Patrologie, t. LXVIl. col. 1003.

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semi-pélagiens, il devait se faire défendre au concile de Valence, en 53o.

Dans son diocèse, il avait, dès 5o6, présidé le concile d’Arles et travaillé à rétablir la discipline parmi les membres de son clergé. Pour obtenir que tous les fidèles pussent prendre part à l’office divin, il leur permettait de chanter les hymnes et les cantiques soit en grec, soit en latin*. « Ce fait, souvent cité, montre — • dit Ampère^ — qu’au vi' siècle, une portion de la population d’Arles parlait grec, puisqu’en adressant cette prescription à la communauté des fidèles, l’intention de Gésaire était évidemment que chacun se servît de sa langue naturelle. » En boy, il fondait à Arles un couvent de femmes dont il rédigeait la règle et dont il confiait la direction à sa sœur. Il présidait les conciles d’Arles (ba/i), de Garpentras (Say), d’Orange et de Vaison (bag).

En même temps que l’influence hellénique, les religions de la Grèce et toutes les superstitions du paganisme s’étaient maintenues dans le diocèse d’Arles. La Vita S. Caesarii rapporte que dans ses sermons où, avec la plus grande simplicité, il instruisait d’une manière aussi compétente les savants que les simples d’esprit^, l’évêque d’Arles devait prêcher non seulement contre l’ivrognerie, la débauche, la discorde et la haine, la colère et l’orgueil, mais aussi contre les sacrilèges et les haruspices, contre les rites si païens des calendes, contre les augures et les adorateurs des hois et des sources^.

Nous avons de Gésaire vingt-quatre homélies^ et une soixantaine de sermons recueillis parmi ceux de saint Augustin qui

I. Vita S. Caesarii episcopi, I, ii, i5 (Migne, Patrologie, l. LXVII, col. 1008).

a. Ampère, ouvr. cité, t. JI, livre II, chapitre vu, p. aoo.

3. Vita S. Caesarii episcopi, II, 1, i (Migne, Patrologie, t. LXVII, col. loaS) : Quod vero simpliciter et doctos simal et simplices coinpelenter instrueret.

4. Vita S. Caesarii episcopi, I, v, 4a (Migne, Patrologie, t. LXVII, col. 10a i): Praedicationes... contra ebrielatis et libidinis malum, contraque discordiain et odium, contra iracundiam atque saperbiam, contra sacrilegos et haruspices, contra calendarum quoque paganissimos ritus, contraque augures, lignicolas, fonticolas... — Saint Hilaire .de Poitiers, au iv' siècle, attaquait aussi, entre autres superstitions, le culte rendu aux arbres et aux eaux. Voir, plus haut, p. 70.

5. S. Caesarii Homiliae (Migne, Patrologie, t. LXVII, col. 1041-1090).— Les Opuscula et Epistolae de Gésaire (col. 1090- ii5a) ne contiennent aucune allusion à l’astrologie.

ne sont pas authentiques*. Malgré leur caractère de simplicité, ces sermons ressemblent beaucoup à 1 élégant poème d’Avitus par l’abus de ce symbolisme qu’Ebert appelle «l’explication typologique de la Bible »2. Avitus exagère la méthode d’interprétation allégorbiue enseignée par Eucherius et pratiquée par Faustus^. Dans le De Spiritalis historiae gestis, Eve est le type de l’Église. Eve naît de la côte d’Adam dont le sommeil signifie la mort du Christ ; 1 Eglise naît de l eau et du sang qui jaillissent du coté du Christ percé par la lance du soldat: l’eau, symbole du baptême; le sang, symbole du martyre. La bénédiction donnée par Dieu au premier couple humain indique d’une manière figurée l’union de l’Église avec le Christ 'i. L’Église, victorieuse des tempêtes que l’hérésie

suscite, est aussi figurée par l’arche de Noé^; le corbeau, qui s’attarde à dévorer les cadavres des noyés et qui oublie de revenir, est le symbole des Juifs, qui, par leur amour de la chair, deviennent infidèles à leur Dieu<*. Le passage de la mer Bouge est un symbole du baptême'^.

Césaire compare, lui aussi, les flots de la mer Bouge à l'eau du baptême, cette eau vitale qui est rouge du sang du Christ®. Pour autoriser ses extraordinaires interprétations symboliques des termes de l’Ancien Testament, l’évêque d’Arles se fonde sur deux textes de saint Paul : « Toutes ces choses leur arrivaient pour servir de figures; et elles sont écrites pour nous instruire, nous qui sommes parvenus aux derniers teinps^... Toutes les choses qui ont été écrites autrefois, ont

I. s. Augustin! Appendix (Migne, Patrologie, l. XXXIX, col. i735-a354).

а. Ebert, ouur. cité, t. I, p. 4a5.

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