H. DE L.X VILLE DE MIRMOXT
hibliothî;que des umversités du midi
mais, pour être diaboliques, ces révélations n’en sont pas moins exactes. Césaire le confesse : Auguria ipsa et caragi vel divini freguenter nobis vera a/inuntiant. L’évêque d’Arles est un thaumaturge comme saint Martin de Tours. Sa vie abonde en miracles f ses biographes racontent comment il éteignait les incendies, comment il obtenait la pluie, comment il guérissait les malades*. Mais il n’a pu guérir ses contemporains de leur croyance au pouvoir de la magie et de l’astrologie, croyance qu’il partageait lui-même en une certaine mesure, puisqu’il reconnaissait que le diable avait le pouvoir de révéler l’avenir par des moyens surnaturels pour mettre le chrétien à l’épreuve.
La lutte engagée contre la magie et l’astrologie par Césaire eut peu de succès.
A la fin du iv" siècle, l’évcque de Tours, saint Martin, faisait abattre les arbres sacrés dédiés au démon^. Une trentaine d’années après la mort de Césaire, qui avait combattu le culte rendu aux sources et aux arbres sacrés, le canon in du concile d’Auxerre devait encore proscrire ces pratiques païennes : « Non licet ad arbores sacrivos vel ad fontes vota exsolvere^. »
Dans ses sermons, Césaire ne se lassait pas d’exhorter les fidèles de son diocèse à s’abstenir d’avoir recours aux divinations des astrologues, des sorciers et des caragii. On lit dans le canon iv du même concile d’Auxerre : «Non licet ad sortilèges vel ad auguria respicere, non ad caragios nec ad sortes adspicere. »
Conclusions.
Au moment de la mort de l’évêque Césaire, les royaumes des Francs s’étendaient sur la plus grande partie de la Gaule. L’ancienne provincia Rornana avait été, elle- même, en 687,
1. Vila S. Caesarii episcopi (Migne, Patrologie. t. LXVII, coll. 1001-1042), I, n, 17 ; III, 28, 2(j ; IV, 3i, 35, 37, 3g ; II, 1 ; 11 ; iii ; iv.