Voir, plus haut, p
3. Sur lo culte rendu aux arbres par les chrétiens, voir A. de Gubcriiatis, La Mythologie des plantes, Paris, 1878, t. I, p. 274 et suiv.
I, 'astrologie chez les gallo-romains
abandonnée aux fils de Clovis par Vitigès, rois des Ostrogoths d’Italie. Arles appartenait à Clotaire, Marseille à Childebert, l’esprit gallo-romain se modifiait sous 1 influence de la domination franque.
Il ne semble pas utile de poursuivre, dans les œuvres des auteurs nés en Gaule qui ont écrit après Césaire, des recbercbes sur les superstitions astrologiques d une société dont la civilisation n’est plus gallo-romaine.
On a vu que l’astrologie, qui ne faisait pas partie des disciplines du druidisme, a eu dans les Gaules des origines grecques et latines. Au temps où la civilisation gallo-romaine brillait de tout son éclat, les œuvres d’Ausone, comme le Querolus, prouvent que la rnafhesis était en honneur dans les classes cultivées comme chez le peuple. Les lettrés s’occupaient avec intérêt de cette science qui, pratiquée par un charlatan, dupait un petit bourgeois de comédie, aussi borné que le Géronte de Molière.
Au V® siècle, les Gallo-Romains qui font profession de christianisme, sont encore tellement persuadés de l’autbenticitc des révélations fournies par une connaissance spéciale des astres que Prosper d’Aquitaine doit déclamer en vers éloquents contre l’erreur de ceux de ses contemporains qui se croient soumis aux influences sidérales, et que Victor de Marseille doit condamner l’astrologie, la plus funeste des sciences interdites que l’homme, entraîné par une vaine ambition de scruter les mystères de l’avenir, s'est efforcé de posséder.
Au milieu du v* siècle, un humaniste gallo-romain, qui ne doit pas être seulement chrétien de nom puisqu’il est évêque des Arvernes, Sidoine Apollinaire, fait preuve d’une indulgente curiosité pour l’astrologie; il s’en occupe avec zèle, et les hommes de la société aristocratique et lettrée, avec lesquels il est en relations d’amitié, sont des adeptes, parfois même des victimes, de la superstition condamnée par l’Église.
Au commencement du vi" siècle, on voit par le poème d’Avitus et par les sermons de Césaire que les lettrés, aussi bien que les gens du vulgaire, restent encore fidèles à cette
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science dont Tévéque d’Arles lui -même reconnaît que les prédictions révèlent souvent l’avenir avec exactitude.
Puisque la superstition astrologique est toujours demeurée enracinée dans 1 esprit gallo-romain, on peut se demander pourquoi des évêques, des auteurs chrétiens, aussi pieux que Prosper, que Victor, qu’vVvitus et que Gésaire, se sont abstenus de combattre la dangereuse croyance.
Ainsi, saint Martin de Tours est un pieux thaumaturge, comme saint Gésaire d’Arles; il lutte contre toutes les superstitions; il démolit les temples des dieux du paganisme; il abat les arbres sacrés dédiés au démon ; jamais, dans aucune des manifestations de son apostolat très actif, il ne s’occupe de combattre la croyance à l’astrologie.
Ainsi, le poète de V Ileptaleachos, Cyprianus, aussi orthodoxe que Prosper d’Aquitaine, que Victor de Marseille ou qu’Avitus de Vienne, évite avec une prudence timorée et maladroite les allusions à l’astrologie que le sujet de son poème devait lui imposer. Gbaque fois que le texte de la Genèse qu’il imite te force de mentionner les astres, il semble gêné; il a une évidente préoccupation de rappeler que Dieu commande au soleil, à la lune et aux étoiles.
La plupart des auteurs ecclésiastiques ont l’air de craindre de se hasarder sur un terrain brûlant où le feu se cache mal à l’abri d’une couche de cendres perfides. Gennade, qui parle des hérésies astrologiques en Bulgarie et à Rome, évite de faire allusion à celles qui se produisaient en pays galloromain. Tous ces écrivains espèrent, sans doute, en ne disant rien de la superstition chère à leurs compatriotes, arriver à en détourner l’attention. Peut-être, comme les fils pieux de Noé, Sem et Japhet, qui marchent en arrière, couvrant d'un manteau la nudité de leur père qu’ils évitent de voir, veulentils ne pas considérer la superstition qui désole l’église catholique des Gaules, et essayer de l’étouffer par une sorte de conspiration du silence.