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H. DE LA VILLE DE MIRMOVT

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dans la religion romaine. Sans doute, le culte de ce dieu n’était pas tombé dans le mépris, puisque le vieux Plioebicius exerçait les fonctions à'aedilmis Dele/ii, c’est-à-dire de sacristain du temple de Belenus'.» Mais ces fonctions étaient peu productives, puisque, comme le remarque Corpet, qui réfute très finement rargumentation de Beugnot, «le vieux Plioebicius fut bien heureux de quitter son temple et son Armorique et de se faire professeur à Bordeaux, pour vivre 2.»

Mais tous les druides ne parvenaient pas à des cliaires de rhétorique ou de grammaire. Ceux qui ne pouvaient aspirer au professorat se voyaient réduits au rôle de sorciers; ils devenaient des ?nagi, ce qu’ils étaient déjà, d’après Pline, au moment où l’auteur de V Histoire Naturelle composait son livre, antérieurement à l’an 79.

Les derniers renseignements qui nous sont fournis sur les druides et les druidesses par les historiens jiostérieurs au premier siècle nous montrent les successeurs dégénérés de ces philosophes, de ces théologiens, si respectés, dont César, Timagène, Strabon et Diodore de Sicile constataient et louaient les hautes spéculations métaphysiques, faisant œuvre simplement de banale sorcellerie ou de divination vulgaire.

Lampride rapporte qu’une druidesse prédit, en 235, à l’empereur Alexandre Sévère sa mort prochaine^. D’après Vopiscus, Aurélien consulta les druidesses pour savoir si l’Empire passerait à ses descendants; elles lui répondirent qu’aucun nom ne devait être plus illustre que celui des descendants de Claude-'. C’est Dioclétien qui rapportait cette anecdote. Le même empereur racontait à Païeul de Vopiscus qu’une druidesse bien décime, puisqu’elle tenait auberge à Tongres, ville des Caules (dans le Limbourg, en Belgique), lui avait prédit

1. A. licuguol, Histoire de la destruction du paganisme en Occident, Paris, i835, t. II, p. i5o-i5a.

2. Gorpel, Œuvres complétés d’Ausone, Iriuluclioii nouvelle, Paris, Panckoucke, 18/12 ; t. I, I). 3i/|.

3. Lampride, Vie d’ Alexandre Sévère, i.x ; Mulier druias eunti exclaniavit Gallico serinone : « Vadas, nec victoriam speres, nec te niilili tiio credas. »

4. Vopiscus, Vie d’ Aurélien, xliv : Dicebat enim [Dioclelianus] quodam tempore Aurelianam Gallicanas consuluisse druidas, sciscitantem, ulram apud cjus posteras Imperium permaneret ? Tnm illas respondisse dixil : « IVullius clarius in re publica nomen quant Claudii poslerorum futurum. »

l’astrologie chez les GALLO-ROMAIAS

l’Krnpire au moment du règlement laborieux d’une note de cabaret'.

Les Bénédiclins citent ces trois prédictions druidiques et ils en tirent la conclusion que «les superstitions fondées sur l’astrologie ont presque toujours régné dans les Gaules et dans la France »

Mais rien ne prouve que les sorcières qualifiées de druidesses par Lampride et Vopiscus aient eu recours à la divination astrologique pour prophétiser l’avenir à Alexandre Sévère, à Aurélien et à Dioclétien.

Les auteurs de V Histoire Auguste donnent des détails abondants sur la faveur dont Jouissait l’astrologie auprès des empereurs de la décadence. Hadrien, qui régna de 1 17 à i38, se croyait si savant en astrologie que, dès le i" janvier, il consignait dans ses tablettes tout ce qui devait se produire au cours de l’année à peine commencée Marc-Aurèle, qui régna de 16 1 à 180, consultait les astrologues-'. Septime Sévère, qui régna de 198 à 21 1, était très habile en astrologie^.

Si les druidesses consultées par Alexandre Sévère, par Aurélien et par Dioclétien, avaient été des astrologues, les auteurs de V Histoire Auguste, qui parlent si volontiers d’astro- * logie, n’auraient pas négligé de le mentionner; et il .serait étonnant que l’historien de Dioclétien ait cité sans commentaire une prédiction astrologique se rapportant au futur empereur qui devait, en 296, faire publier un édit proscrivant absolument l’art mathématique jugé condamnable au premier chefc.

D’autre part, à une époque où l’astrologie envahissait toutes les croyances, il n’y a évidemment rien d’impossible à ce que

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